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Mercedes-Benz Actros: ce poids lourd entièrement électrique subit des essais in situ. © Daimler

E-volution dans les poids lourds

Après le scepticisme initial, la motorisation électrique s’impose de plus en plus parmi les véhicules utilitaires lourds.

Le «e» qui précède la description d’un modèle de poids lourd est de plus en plus répandu parmi les constructeurs. Et ils sont rares aujourd’hui ceux qui font encore l’impasse sur une motorisation électrique. Lors de l’IAA de septembre, la foire spécialisée des utilitaires à Hanovre, les fourgons de livraison et poids lourds à propulsion électrique ont focalisé l’attention des visiteurs. Car si, au début, on a surtout vu des véhicules de livraison légers à motorisation électrique, cette possibilité s’est récemment étendue aux véhicules plus lourds.

Mobilisables jour et nuit

A noter que ce sont surtout les restrictions à venir dans les villes qui placent le débat sur la propulsion électrique au centre de l’attention. Ainsi, dans certaines villes d’Europe, à Londres par exemple, les poids lourds ne peuvent plus circuler que sur certaines artères; à Paris, on réfléchit à une interdiction générale au centre-ville; des communes allemandes débattent d’un macaron bleu réservé aux véhicules propres.

Les atouts des véhicules de livraison et des poids lourds 100% électriques sont évidents: des secteurs urbains de plus en plus peuplés, avec un trafic et des bouchons toujours plus fréquents, des réglementations restrictives sur les normes de pollution et une prise conscience croissante de la population en faveur de l’environnement exigent de nouvelles solutions de transport de marchandises et de logistique. La problématique concerne avant tout les courtes distances, dans le trafic de distribution urbain, où les véhicules utilitaires électrifiés peuvent constituer une solution pour réduire au maximum les émissions de CO2 et d’oxydes d’azote, voire les éviter complètement. De plus, les e-trucks sont très silencieux, donc également utilisables de nuit ou aux heures matinales. Par ailleurs, ils ne sont évidemment pas concernés par les interdictions en discussion des véhicules diesel dans les centres-villes.

En dépit d’un prix plus élevé, l’acquisition d’un poids lourd électrique n’est pas une dépense pour les exploitants mais bien un investissement. C’est pourquoi il importe de calculer individuellement les coûts réduits de maintenance et de la durée du refinancement pour chaque entreprise et chaque employé, en prenant en compte les avantages et les inconvénients de la propulsion électrique.

Il faut toutefois veiller à quelques détails déterminants. Un facteur essentiel, actuellement, est le rayon d’action des camions électriques. Il est très influencé par le style de conduite individuel, par des facteurs externes tels que la topographie et le chargement. L’utilisation d’e-camions a le plus de sens dans les agglomérations et sur des trajets empruntés quotidiennement. Avec de telles tournées, les autonomies actuelles de 200 à 400 kilomètres peuvent être pleinement exploitées – en cas de transport sur de longues distances, le diesel demeure le carburant adéquat pour les véhicules lourds. Le chargement des batteries doit idéalement pouvoir se faire de nuit ou lors des pauses sur l’aire de travail de l’exploitant.

L’hybride en guise d’alternative

L’inconvénient, pour les utilitaires électriques, est un poids à vide accru du fait des batteries, qui réduit bien sûr la charge utile. Sur ce point, les constructeurs s’efforcent de compenser ce désavantage par des matériaux plus légers dans la structure du châssis.

Une autre possibilité de circuler avec des émissions polluantes réduites réside dans les poids lourds à motorisation hybride, combinant propulsion électrique et moteur à combustion. Les transporteurs qui travaillent en ville peuvent ainsi utiliser le moteur à combustion entre leur centre logistique et les limites de la ville, puis passer à l’électrique dans les centres urbains. Mais la vitesse à laquelle les utilitaires électriques s’imposeront sur le marché dépend en particulier de l’attitude des clients. Pour l’heure, les e-camions restent notablement plus coûteux que les véhicules diesel mais, s’ils se répandaient, leur prix devrait baisser.


Tests dans diverses branches

DAF Trucks propose deux modèles électriques et un hybride. © DR

En septembre de cette année, des véhicules de série Mercedes-Benz et MAN Truck & Bus ont entamé de premiers tests pratiques avec des 18 et 35 tonnes. Le but est de réaliser des courses silencieuses et dénuées d’émissions polluantes avec des véhicules de série lourds. La série de tests s’articule en deux phases avec, à chaque fois, dix clients. Elle dure deux ans au total.

Le logisticien Hermes essaie un 25 tonnes sur un trajet de 50 kilomètres. Pendant le test, Mercedes-Benz Trucks reste à disposition des clients 24 heures sur 24. En outre, au début, le constructeur familiarise pendant plusieurs jours les chauffeurs et mécaniciens des clients avec les propriétés spécifiques des électro-camions.

En Autriche, Österreich MAN Truck & Bus met à disposition des détaillants Hofer, Metro, Rewe et Spar, ainsi que des logisticiens Gebrüder Weiss, Quehenberger, Schachinger Logistik et Magna Steyr des véhicules de 26 tonnes (eTGM) pour des essais in situ comportant de multiples exigences. Le but de MAN est d’acquérir du savoir et de recevoir des impulsions pour continuer le développement des véhicules et les optimiser sur la base de la pratique de clients.


«Electro-trucks»: une offre polyvalente

Les constructeurs d’utilitaires suivants ont présenté des véhicules lourds à propulsion électrique à l’IAA de Hanovre.

  • Mercedes-Benz L’eVito est livrable depuis septembre. L’eSprinter suivra en 2019. L’eActros subit actuellement des tests in situ. Dans le segment des bus, les premiers Mercedes-Benz eCitaro seront livrés à partir de la fin de l’année.
  • MAN Truck & Bus Le 26 tonnes MAN TGM et le 15 tonnes entièrement électrique CitE ainsi que le transporteur eTGE.
  • Volvo Trucks Le Volvo FL Electric et le FE Electric pour les courses de livraison en ville.
  • Renault Trucks La gamme Z.E. développée avec des véhicules de 3,5 à 26 tonnes de poids total.
  • Scania Le poids lourd plug-in hybride (PHEV) et le bus électrique Scania Citywide à batteries électriques.
  • DAF Trucks Le LF Electric et le CF Electric pour la distribution mi-lourde et lourde dans les centres urbains et le CF Hybrid pour les livraisons à moyenne distance.

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