L’omniprésente calandre verticale de ce nouveau coupé BMW, commercialisé en Suisse depuis le 24 octobre dernier, n’en finit pas de faire couler de l’encre virtuelle, déclenchant un débat sans fin sur les réseaux sociaux. Rien de plus normal, somme toute, puisque les fidèles de la marque au double haricot s’étaient habitués à une certaine continuité d’un modèle et d’un millésime à l’autre.

L’homme à qui l’on doit cette petite révolution de palais s’appelle Adrian Van Hooydonk. Le chef designer néerlandais avait pourtant bien préparé le terrain en présentant dès 2019, au Salon automobile de Francfort, un prototype (Concept 4) préfigurant la future Série 4. Le style disruptif, inconvenant diraient certains, du modèle de série ne devrait finalement pas effrayer outre mesure les vrais «béhémistes».

Il fut un temps en effet où les automobiles affichaient clairement leur identité dès le premier regard. On en veut pour preuve les faces avant spectaculaires des Alfa Romeo, Delahaye, Delage et autres Bugatti d’avant-guerre. Ces années trente qui ont vu la naissance d’une BMW qui continue de marquer les esprits aujourd’hui. Née en 1936, la 328 Roadster arborait une imposante calandre qui s’étirait jusqu’au bas de caisse. En version fermée (328 Kamm Coupé), cette voiture de course incroyable a enlevé les Mille Miglia, en 1940.

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Marcello Gandini, 50 ans avant

Reste que les vrais amoureux de la marque bavaroise verront dans la forme de la calandre de la Série 4 deuxième génération (la première a été lancée en 2013) un hommage à Marcello Gandini, sans doute le plus grand designer de tous les temps. Le père des Lamborghini Miura et Countach ainsi que de la Lancia Stratos avait présenté au Salon automobile de Genève, en 1970, un concept car BMW baptisé 2002ti Garmisch arborant des naseaux habilement stylisés.

La nouvelle Série 4 reprend les codes de ce modèle cinquantenaire (finalement jamais produit), mais en les réinterprétant. La forme de la calandre verticale, contrastant avec la finesse des phares, se marie avec bonheur avec les lignes acérées du millésime 2020. Les passages de roues proéminents et les vitres latérales arrière tendues vers la poupe participent également au bon équilibre de l’ensemble. Au final, cette voiture résolument contemporaine (le compteur analogique est évidemment remplacé par un écran digital) a tout d’une automobile classique dont on devrait encore parler dans un demi-siècle. De quoi rassurer les puristes, non?