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Projet Bioloop - Des bâtiments gardiens du CO2
Les matériaux biosourcés pourraient transformer le secteur de la construction en allié dans la transition énergétique. C’est ce que démontre le projet Bioloop de l’Institut Energy du Smart Living Lab de Fribourg, mené en collaboration avec l’Institut inPACT de l’HEPIA Genève, dont l’objectif est de quantifier et d’évaluer l’utilisation de ces matériaux pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
L'essentiel en 3 points :
- Les matériaux biosourcés comme levier pour atteindre le net zéro: Le projet Bioloop montre que l’utilisation des matériaux biosourcés, comme le bois, le chanvre, l’herbe et la paille, pourrait aider la Suisse à atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050 en stockant le carbone.
- Une réduction des émissions grises: l’utilisation de biomatériaux permet de réduire jusqu’à 40% les émissions grises pour les constructions neuves et de 20% pour les rénovations, en stockant jusqu’à 480kgCO2eq/m2 pour le neuf et 180 kgCO2eq/m2 pour la rénovation.
- Transformer les bâtiments en puits de carbone: En imitant le processus de stockage du carbone observé dans la nature, ces matériaux pourraient faire de nos bâtiments des puits de carbone à grande échelle, contribuant ainsi à stabiliser les niveaux de CO2 dans l’atmosphère et à protéger les écosystèmes.


Quel est le contexte actuel autour des émissions dans le secteur du bâtiment, et quelles sont les réticences que vous percevez à l’adoption des biomatériaux?
Le contexte bouge rapidement en Suisse et l’accent est mis de manière croissante sur la réduction des émissions. Des objectifs et limites de carbone seront par exemple bientôt intégrés dans les normes (MOPEC, SIA, CECB). Les acteurs du secteur s’engagent de plus en plus à limiter les émissions carbone des bâtiments.Quant au stockage de carbone biogénique, le sujet reste débattu, car lors d’une analyse du cycle de vie, les normes nous contraignent à comptabiliser tout ce qui est stocké, mais aussi déstocké en fin de vie du bâtiment, et on suppose alors très souvent que les biomatériaux seront tous brûlés, qu’ils libèreront le carbone stocké et que donc, le résultat est nul.
Alors on ne fait que repousser le problème?
Oui et non. On vise 2050 avec l’objectif net zéro, et il est contradictoire de supposer que tous les bâtiments seront brûlés en même temps dans 60 ans, et que tout le carbone stocké va être relâché d’un seul coup. S’il faut trouver une solution pour la fin de vie des matériaux, pourquoi ne pas envisager sérieusement le réemploi ou la réutilisation ? Certes, ça repousse un peu le problème, mais scientifiquement, le stockage permet de décaler le pic des émissions, laissant le temps aux réductions d’émissions de stabiliser les températures.Nous sommes en pleine transition vers un objectif « net zéro » à atteindre dans 25 ans environ. Pour cela, la Stratégie énergétique 2050 mise, entre autres, sur des technologies de captation du CO2, dont l’efficacité reste à prouver. En revanche, l’utilisation des matériaux biosourcés dans la construction offre une solution concrète et efficace.
Est-ce que certaines choses vous ont surprise durant ce travail de recherche Bioloop?
Ce qui m’a surprise, c’est que certains matériaux biosourcés peuvent déjà être intégrés dans des projets de construction, bien que leur normalisation soit encore incomplète, entraînant des contraintes administratives et techniques. Leur inflammabilité et faible masse volumique posent également des défis en sécurité incendie, isolation acoustique et thermique. Des combinaisons avec des matériaux géosourcés, comme la terre, permettent toutefois de surmonter certaines de ces limites. En Suisse, certains acteurs ont développé le savoir-faire nécessaire et ont réalisé des exemples concrets, mais on est loin d’une pratique à grande échelle.Nous avons aussi découvert qu'en matière de stockage de carbone biogénique, il n’est pas nécessaire de maximiser la quantité de bois dans chaque bâtiment.
Par exemple, une ossature bois au lieu de bois massif réduit la quantité de bois utilisée par bâtiment, mais permet de répartir la ressource sur plusieurs constructions. Cette approche optimise l'utilisation du bois à l'échelle du parc immobilier tout en offrant le même bénéfice global de stockage. La clé est donc de penser en termes de parc bâti global, plutôt que de se concentrer sur des structures individuelles. En parallèle, il est essentiel d'augmenter le taux de rénovation d'ici 2050 pour réduire les émissions d’exploitation, tout en prêtant attention aux matériaux mis en œuvre, afin de garantir un impact environnemental cohérent.
Le projet Bioloop se terminera fin décembre 2024. Qu’allez-vous faire ensuite, à titre individuel?
J’ai entamé un travail de thèse qui explorent les solutions pour des bâtiments net zéro. Bien que l’utilisation des matériaux biosourcés soit un élément clé, il n’est pas la seule stratégie. Nous devons également réfléchir à la réutilisation des ressources et à la conception globale, avec notamment la réduction des surfaces construites par personne ou encore l’optimisation de l'efficacité énergétique des bâtiments. Bioloop s’est concentré sur les matériaux biosourcés, mais atteindre le net zéro dans la construction demande des solutions bien plus vastes.Disclaimer
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Rédigé par Joëlle Loretan
Rédactrice indépendanteEnergéticien de référence et premier fournisseur d'électricité en Suisse romande, Romande Energie propose de nombreuses solutions durables dans des domaines aussi variés que la distribution d’électricité, la production d’énergies renouvelables, les services énergétiques, l’efficience énergétique, ainsi que la mobilité électrique.