En juin, le Conseil fédéral avait annoncé que l'achat des 36 jets de combat coûterait 5,068 milliards. Ce montant ne prenait pas en compte l'inflation.

Le Département fédéral de la défense (DDPS) a adapté le prix en calculant l'inflation aux Etats-Unis. Cela est possible parce que la Suisse connait les sommes qu'elle devra verser et les échéances, a indiqué aux médias le secrétaire général suppléant du DDPS, Marc Siegenthaler.

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En comparaison avec les autres offres reçues par le DDPS, l'avion de Lockheed-Martin reste de loin le candidat le moins cher du point de vue coûts-utilité. "Il coûte 2,3 milliards de moins que le deuxième candidat le moins cher", a souligné M. Siegenthaler.

Armasuisse a également ajusté les contrats pour l'achat du système de défense sol-air. Les cinq unités du système Patriot coûteront 1,987 milliard.

Prix contraignant

Les prix sont valables jusqu'à la livraison. L'offre est contraignante pour les dix prochaines années. Il n'y aura pas de coûts supplémentaires, a assuré Darko Savic, chef de projet Nouvel avion de combat.

Si les coûts d'entretien devaient s'avérer plus élevés que prévu jusqu'en 2031, les Etats-Unis devront prendre en charge les frais dépassant l'offre. Au-delà de cette date, le DDPS paiera la différence. Mais le département a calculé les coûts de manière très conservatrice. Par ailleurs, les frais de fonctionnement ont tendance à diminuer, a rappelé M. Savic.

Pour le moment, les contrats n'ont été signés que par les Etats-Unis. Ils entreront en vigueur dès que la Suisse les aura signés à son tour, soit après une éventuelle votation. Les crédits d'engagement, calculés avec un taux de change de 0,95 franc pour un dollar, seront soumis au Parlement avec le message sur l'armée 2022.

Inflation actualisée

Le 27 septembre 2020, le peuple a accepté l'achat de nouveaux jets pour 6 milliards de francs. Ce montant se basait sur l’indice suisse des prix à la consommation de janvier 2018. Entretemps, les pronostics d’inflation ont été actualisés. Selon les prévisions actuelles d’inflation jusqu’en 2031, le volume financier maximal s’élève à 6,3 milliards de francs.

Le crédit d'engagement de 6,035 milliards est donc inférieur à cette limite, a rappelé armasuisse. Cette enveloppe se répartit pour les deux plus gros postes à hauteur de 3,828 milliards de francs pour les avions et 1,927 milliard pour le paquet logistique (matériel au sol, matériel de remplacement, documentation, formations et support technique).

Une somme de 107 millions est prévue pour les munitions et 86 millions sont destinés à la formation et à la planification ainsi qu'à l'évaluation des missions. Une enveloppe de 82 millions est prévue pour d'éventuels risques. Par ailleurs, le DDPS a calculé un renchérissement de 5 millions de francs. Ce chiffre ne concerne que les affaires compensatoires directes réalisées en Suisse

Affaires compensatoires

Les deux acquisitions génèrent des affaires compensatoires à hauteur de 4,2 milliards de francs. Le constructeur des avions compensera 2,9 milliards de francs, dont près d’un milliard en affaires compensatoires directes, c’est-à-dire en lien direct avec l’avion, entre constructeurs ou fabricants étrangers et entreprises suisses.

Le fabricant du système de défense sol-air compensera, lui, 1,3 milliard de francs, dont 260 millions en affaires compensatoires directes. Les affaires compensatoires doivent être réalisées au plus tard quatre ans après livraison.

Pas de plan B

Les nouveaux avions de combat remplaceront les 26 F-5 Tiger et les 30 F/A-18 de l'armée. Leur acquisition a été acceptée de justesse le 27 septembre 2020, avec 50,1% de oui.

Une alliance de gauche a annoncé le lancement d'une initiative "Stop F-35". Elle estime l'avion "furtif" trop cher, déficient sur le plan technique, et inadapté aux besoins de la Suisse. "Nous n'avons pas de plan B si l'initiative devait être acceptée", a concédé M. Siegenthaler.