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La Tour RTS à Genève. Elle domine mais pour combien de temps? © Laurent BLEUZE

La RTS fait vivre des centaines de PME. Voici les chiffres

Le directeur de la RTS, Pascal Crittin, nous a détaillé l’apport de son institution pour l’économie romande. Vers un renforcement de l’externalisation des services?

Epée de Damoclès ou guillotine, on appellera l’initiative No Billag comme on veut, elle reste pour la RTS un cauchemar potentiel agendé au 4 mars prochain. PME Magazine a questionné le directeur de la RTS, Pascal Crittin, à ce sujet. «Nous faisons travailler 2800 fournisseurs en Suisse romande dans tous les secteurs d’activité, que ce soit notamment le bâtiment, la restauration ou la logistique. Nous travaillons aussi beaucoup avec le marché audiovisuel indépendant (maisons de production, producteurs et prestataires) dans le domaine de la fiction, du documentaire et de la production audiovisuelle. Le volume d’affaires que nous lui confions dépasse les 30 millions par année, ce qui représente un gros volume d’activité. Dans le domaine des prestations techniques TV, par exemple, un jour de travail sur quatre est fourni par le marché extérieur.»

La RTS pourvoit dans l’Arc lémanique à l’équivalent de 1500 emplois à plein temps (dont 590 sont imposés dans le canton de Vaud). En outre, les calculs modélisés aboutissent au constat que pour chaque franc de valeur ajoutée qui est généré directement par l’activité de production des médias de service public, ce sont 90 centimes supplémentaires de valeur ajoutée qui sont dégagés dans d’autres entreprises.

Dans une étude publiée par le cabinet Edgar Brandt, on constate que la RTS disposait en 2012 d’un budget d’exploitation de 395 millions de francs (380 millions en 2017, suite aux économies liées à la suppression de la TVA sur la redevance). En excluant de ce montant les dépenses qui ne sont pas liées à l’achat de biens ou de services, on identifie la somme de 181,8 millions dépensés par la RTS auprès de ces fournisseurs, dont 118 millions en Suisse, au titre de l’achat de bien ou de services.

En outre, les recettes fiscales de la RTS se sont montées à 23,4 millions. Face aux critiques sur les dépenses internes de son institution, Pascal Crittin reste serein et nous explique qu’il compte faire appel toujours davantage aux PME: «A moyen terme, nous étudions une politique d’externalisation approfondie.» Reste qu’un vote positif signifierait le «grounding» de la RTS et de centaines de PME. (EB)


En chiffres

1500 Le nombre d'emplois romands

118 millions par an pour les fournisseurs