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Le petit cartel serait-il devenu un mal nécessaire?

La Commission de la concurrence (Comco) a annoncé en début d’année avoir ouvert une enquête contre plusieurs entreprises générales d’électricité de la région genevoise. Des perquisitions ont eu lieu «dans plusieurs entreprises», précise-t-elle même fièrement. La Comco indique aussi qu’il existe des indices que les entreprises concernées «ont passé des accords sur les prix, coordonnant leurs soumissions lors d’appels d’offres publics et privés». Et de citer les noms des entreprises visées avant même une analyse des documents perquisitionnés.

Edouard Bolleter, journaliste PME Magazine

On a envie de dire: «On se détend la Comco!» Nous l’avons bien compris, tout le monde doit justifier son existence dans le monde économique, en particulier les instances de contrôle. La Comco a ainsi livré en pâture des PME sérieuses, familiales et créatrices de centaines d’emplois depuis des décennies. Des patrons et leurs collaborateurs ont vu la police fouiller leurs locaux et mettre des scellés partout, comme dans un univers mafieux. On se détend, la Comco! Combien de familles d’électriciens craignent désormais pour leur avenir? Et quand bien même ces sociétés pratiqueraient des tarifs similaires, tous les professionnels des métiers du bâtiment le savent: il faut se défendre entre indigènes pour garder son marché local.

Combien de sociétés italiennes, françaises, portugaises ou des pays de l’Est n’ont-elles pas chipé de contrats aux PME cantonales, n’ayant pas le poids des charges suisses sur leurs épaules? Combien d’entre elles ont été dénoncées pour dumping ou concurrence déloyale? Alors face à ces injustices bien européennes, un petit accord «cantonal» autour de l’apéro sonne comme une garantie pour garder tradition et métiers sur son sol. Santé aux petits cartels. Santé aux courageux entrepreneurs romands