A la tête de la Fondation de la haute horlogerie, Fabienne Lupo a organisé durant plusieurs années le SIHH. Elle réapparaît aujourd'hui en tant qu'organisatrice de RE-Luxury, un événement de luxe dans l'air du temps, dont la première édition se tiendra du 4 au 7 novembre au President Wilson à Genève.

Fabienne Lupo, pendant des années, vous avez organisé les shows les plus prestigieux pour l'industrie horlogère. Aujourd'hui, vous misez sur le luxe d'occasion. Comment cela se fait-il?

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L'idée que nous ne pouvons pas continuer éternellement à consommer comme nous en avons pris l'habitude m'accompagne depuis longtemps. Il faut une plus grande prise de conscience, un plus grand sens des responsabilités en ce qui concerne nos styles de vie. Et s'il y a une industrie qui peut prendre les devants, c'est bien celle des produits de luxe. Elle fabrique des articles de haute qualité à partir de matériaux précieux, qui durent éternellement, que l'on peut réparer, que l'on peut transmettre.  

Est-ce là votre mission?

Donner une deuxième, une troisième, une énième vie à ce qui existe est bien plus durable que de produire du neuf de la manière la plus durable possible.

RE-Luxury est donc un événement de seconde main.

Oui, également. Nos exposants proviennent de tous les secteurs de l'industrie du luxe. C'était très important pour moi, car au final, tout le monde a les mêmes clients et le même état d'esprit. Nous comptons aussi quelques-uns des meilleurs artisans d'art, spécialisés dans la restauration et la réparation, ainsi que notre laboratoire avec des start-up qui travaillent sur des solutions dans le domaine de l'économie circulaire ou du re-commerce.

Pour l’horlogerie, le Certified Pre-Owned, CPO, sera une thématique d’avenir.

Oui, il se vend déjà aujourd'hui plus de montres d'occasion que de montres neuves. Et les choses bougent désormais aussi du côté des fabricants. Richard Mille, qui sera également présent, a été le premier à reprendre ses montres et pratique lui-même le CPO depuis le début. Dans le secteur automobile, c'est une pratique courante depuis longtemps. Tous les fabricants réfléchissent à la manière dont ils veulent agir à l'avenir: par eux-mêmes, via des partenaires ou continuer à laisser faire les plateformes? Ce sont là quelques-uns des thèmes de notre manifestation.

Le reste de l'industrie du luxe va-t-il bientôt connaître le même sort, à savoir compter davantage de produits de seconde main que de produits neufs?

Nous constatons que les collections ne sont plus aussi bien accueillies que par le passé. Les gens n'ont tout simplement pas envie de posséder le même sac que cent autres personnes pour quelques milliers de francs. Avec le luxe, on veut être exclusif, pas comme tout le monde. Cela joue naturellement en notre faveur.

Quelles sont vos attentes pour cette première édition?

Elles sont difficiles à formuler. J'ai en tête l'objectif de 1000 visiteurs par jour. Ce serait déjà fantastique.

Iris Kuhn Spogat
Iris Kuhn-Spogat, «Bilanz»