«C’est à la fois une chute de la monnaie européenne due au fort renchérissement dans la zone euro et la guerre en Ukraine, mais aussi une appréciation du dollar suite aux augmentations du taux d’intérêt directeur aux Etats-Unis», explique Sergio Rossi, professeur de macroéconomie et d’économie monétaire à l’Université de Fribourg.

En priorité les PME exportatrices

Selon lui, les conséquences de la chute de l’euro en Suisse vont surtout concerner les entreprises exportatrices, mais la crise économique, induite par les tensions géopolitiques actuelles, entraîne une baisse de la consommation générale. «Le renchérissement des prix à la consommation combiné à l’appréciation du franc provoque un cercle vicieux en Suisse: diminution des bénéfices pour les entreprises exportatrices, baisse des volumes de leurs ventes à l’étranger et donc pressions à la baisse des salaires, qui engendrent une diminution de la consommation et donc aussi des commandes.»

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Quelles solutions alors pour la monnaie européenne? «Les pays de la zone euro mènent des politiques budgétaires cacophoniques. Les gouvernements nationaux agissent seuls, comme le montrent les récentes élections italiennes ou les manœuvres énergétiques individuelles de l’Allemagne. La zone euro avait déjà des problèmes structurels auparavant, mais l’enchaînement des crises récentes les a exacerbés. Pour une meilleure cohérence, les gouvernements devraient travailler de concert avec la BCE, ce qui n’est absolument pas le cas aujourd’hui.»