Les batteries au lithium représentent un risque croissant dans les centres de tri et les décharges. Plusieurs incendies se sont déclarés en Suisse ces dernières années, avec ces batteries parmi les causes identifiées. Fin août, le sinistre qui a touché le site de l’entreprise de recyclage Thévenaz-Leduc à Ecublens (VD) a même contraint les organisateurs du triathlon de Lausanne à annuler les courses du samedi en raison de la mauvaise qualité de l’air.
Une nouvelle génération d’électrolytes
Le problème ne tient toutefois pas uniquement à leur collecte: leur composition même pourrait être améliorée. Le Battery Innovation Hub du CSEM travaille ainsi sur une nouvelle génération d’électrolytes, ces composants qui permettent aux ions de circuler entre les électrodes. Ceux utilisés dans les batteries actuelles sont inflammables. Les chercheurs du centre de recherche ont identifié des alternatives semi-solides à base de polymères, moins inflammables.
«Elles sont actuellement en phase de test afin de mesurer précisément leur comportement et le niveau de sécurité qu’elles permettent d’atteindre», souligne le responsable des partenariats, Gaurav Assat. Pour les batteries destinées au grand public, une première commercialisation pourrait intervenir dans environ trois ans, selon l’avancement des développements et des tests.
Des batteries plus intelligentes
Le hub explore parallèlement une autre piste: rendre les batteries plus intelligentes pour prévenir les départs de feu pendant leur utilisation. Des systèmes électroniques pourraient notamment détecter certains signaux physico-chimiques annonciateurs d’un problème et intervenir avant qu’une situation dangereuse ne se développe.
L’objectif est donc d’agir à deux niveaux: réduire l’inflammabilité des batteries elles-mêmes et mieux détecter les situations susceptibles de provoquer un incendie.