La FIFA a le don d’énerver les fans de football. Avec les «Hydration Breaks» lors de la Coupe du monde de cette année, elle y est encore parvenue. Les deux pauses de trois minutes, au milieu de chaque mi-temps, ont désormais lieu indépendamment de la température. Les supporters critiquent le fait qu’elles modifient le rythme du match. Selon eux, la FIFA ne se soucie pas de la santé des joueurs, mais de ses finances – car ces pauses permettent de diffuser plus de publicité. Selon des estimations prudentes, le groupe médiatique américain Fox engrange ainsi 250 millions de dollars grâce à ces interruptions.
Et en Suisse? Ni la SSR ni l’entreprise Admeira, qui commercialise la publicité télévisée pour elle, ne communiquent de chiffres d’affaires. Admeira appartient, tout comme Handelszeitung, à Ringier. Les tarifs des spots sont publics. Ainsi, trente secondes de publicité pendant une pause hydratation sur la SRF lors du match Suisse-Argentine dimanche dernier coûtaient 176 250 francs en première mi-temps, 193 250 en seconde. Les spots diffusés lors des matchs sans la Suisse, qui ont lieu au milieu de la nuit, sont toutefois bien moins chers: trente secondes pendant le huitième de finale USA-Belgique à deux heures du matin étaient disponibles pour 700 francs.
Toutes les pauses hydratation sur les chaînes SRF, RTS et RSI totalisent ainsi un peu plus de 9 millions de francs. Ce montant correspond-il donc au revenu supplémentaire de la SSR grâce à la nouvelle règle? Peu probable, car la publicité est généralement vendue bien en dessous du tarif officiel: ainsi, le volume brut de la publicité télévisée suisse en 2025 (tous tarifs cumulés) s’élevait à 1,391 milliard de francs; les recettes nettes réelles ne représentaient toutefois que 580 millions, soit moins de la moitié. En supposant que des remises similaires s’appliquent aussi aux spots diffusés pendant les pauses hydratation, les recettes publicitaires supplémentaires estimées pour les chaînes de la SSR s’élèvent à environ 3,8 millions de francs. Cela correspond tout de même à près de 3% des recettes publicitaires réalisées par la SSR l’an dernier.
Cet article est une adaptation d'une publication parue dans Handelszeitung.