Start-up

Plus d'un millier d’entrepreneurs romands interpellent Berne au sujet de l’innovation

La CVCI et les signataires d'une lettre ouverte exigent une véritable stratégie industrielle. L'enjeu: éviter que l'innovation, la création de valeur et les emplois ne fuient le territoire national.

Sophie Marenne

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«La Suisse est un pays d’innovation, personne n’en doute. Mais cette innovation doit se traduire en emplois», souligne Philippe Miauton de la CVCI. Keystone

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Ils sont plus d’un millier d’entrepreneurs à faire part de leur inquiétude aux Chambres fédérales. Dans une lettre ouverte publiée mardi, l'écosystème économique romand plaide pour de meilleures conditions-cadres en faveur des start-up. «La Suisse est un pays d’innovation, personne n'en doute. Mais cette innovation doit se traduire en emplois», souligne Philippe Miauton, directeur de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie (CVCI), à l’initiative de cet appel aux parlementaires fédéraux.
L’objectif: éviter d’autres rachats ou délocalisations à l’étranger, faute de financement. A l’image du fabricant de pompes à insuline AMF Medical dont la production a été rapatriée sur sol américain après son rachat en 2023. Pour les signataires, d’autres sociétés sont exposées à ce scénario, par exemple le concepteur d’instruments de diagnostic Lunaphore ou le spécialiste de l’autonomisation des robots Bluebotics, qui maintiennent pour l'heure des emplois sur sol helvétique.
Sur les 1000 signatures récoltées par la CVCI, environ 850 émanent directement d’entrepreneurs. La grande majorité d'entre eux sont romands et à la tête de PME.
«Il faut éviter que la Suisse devienne une sorte de bibliothèque à innovations dans laquelle se servent des géants internationaux», avertit Antoine Lorotte, fondateur du cabinet d’ingénierie FiveCo. Pour cet entrepreneur, qui a participé à la rédaction de la lettre ouverte, cette prise de parole politique est une première, motivée par la nécessité d'ouvrir le dialogue avec les parlementaires.

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Financer la croissance des start-up

Nicolas Durand, fondateur de la société de technologie de dépistage Abionic, ajoute qu'au-delà des emplois, c'est le «retour sur investissement de l’excellence académique» du pays qui est sacrifié jusqu’ici. Celui qui est aussi président de la Commission Innovation de la CVCI et CEO de la fondation Campus Biotech dénonce une Confédération qui n'investit «pas un seul centime» dans les phases de croissance des entreprises, compromettant ainsi «l’émergence des Logitech, Nestlé ou Novartis de demain.»
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Les signataires s'inquiètent de voir des pépites comme Bluebotics, qui conçoit des systèmes de navigation autonome pour robots, menacées par d'éventuelles délocalisations d'emplois suite à leur rachat. DR
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Les signataires s'inquiètent de voir des pépites comme Bluebotics, qui conçoit des systèmes de navigation autonome pour robots, menacées par d'éventuelles délocalisations d'emplois suite à leur rachat. DR
S’appuyant sur une pétition lancée à l'automne, le document de dix pages est soutenu par les acteurs de la medtech, de la biotech, des services et de l'industrie des machines. La lettre ouverte propose des pistes de mesures pour une véritable stratégie industrielle. Parmi elles: accorder la primauté aux innovations suisses dans les marchés publics, moderniser les règles fiscales auxquelles les chefs d’entreprise sont soumis et renforcer les mécanismes de financement liés à l'industrialisation. Prochaine étape pour les représentants de l'économie vaudoise: une montée à Berne pour porter ce message de vive voix.

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A propos des auteurs
Sophie Marenne
Sophie Marenne
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.

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