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Robotique

Au Davos Tech Summit, repenser la forme des robots

Derrière l'engouement pour les robots humanoïdes, plusieurs experts appellent à dépasser l'imitation du corps humain. Au Davos Tech Summit, ils défendent une robotique plus créative, plus performante et mieux adaptée aux usages de demain.

William Türler

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Moya, une humanoïde conçue pour rapprocher les robots des interactions humaines. DR

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Les robots humanoïdes sont fascinants. Mais pourquoi devraient-ils forcément reproduire notre corps? C'est l'une des questions qui a traversé les premières conférences du Davos Tech Summit, dont la première édition se tient actuellement dans la station grisonne. L'événement réunit des spécialistes internationaux de la robotique et de l'intelligence artificielle, entre conférences et démonstrations technologiques, avec un constat partagé: la prochaine révolution ne passera pas uniquement par des machines qui nous ressemblent.

Penser les robots au-delà du corps humain

Pour Aude Billard, directrice du Centre de robotique de l'EPFL, la fascination actuelle pour les robots humanoïdes risque même de freiner l'innovation. «Les robots humanoïdes partagent nos limites», a-t-elle résumé.
Aujourd'hui, les ingénieurs reproduisent souvent l'anatomie humaine: des caméras placées comme des yeux, des microphones au niveau des oreilles, deux bras et deux mains. Pourtant, rien n'oblige un robot à respecter cette architecture.
La chercheuse imagine au contraire des machines capables de voir à 360 degrés, de détecter des éléments invisibles à l'œil humain, de voler ou de ramper selon les besoins. Elle évoque également des mains capables de se détacher de leurs bras pour accomplir des tâches de manière autonome, à l'image d'un projet développé à l'EPFL. L'objectif n'est plus d'imiter la dextérité humaine, mais de la dépasser grâce à une conception modulaire.

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Une intelligence physique qui gagne du terrain

Cette évolution est renforcée par les progrès de l'intelligence artificielle appliquée au monde physique. Marco Pavone, senior director of AI Research chez Nvidia et professeur à Stanford, a présenté Alpamayo, une intelligence artificielle de conduite autonome capable de raisonner «à voix haute» et d'expliquer en temps réel ses décisions à ses passagers.
Le système se distingue par un raisonnement étape par étape, un dialogue naturel avec les occupants du véhicule et une approche open source destinée à accélérer la recherche. Selon lui, cette nouvelle génération d'IA ouvre la voie à une véritable «physical AI», où les systèmes intelligents interagissent directement avec le monde réel.
Les véhicules autonomes illustrent déjà cette évolution. Les robotaxis de Waymo se généralisent progressivement dans des villes comme San Francisco, même si leur déploiement reste plus lent en Europe.
Pour Jan Liphardt, professeur à Stanford et fondateur d’OpenMind, ces technologies peuvent même surpasser les capacités humaines dans certaines situations critiques. Le chercheur a raconté que sa Tesla lui avait «sauvé la vie» en réagissant plus rapidement qu'il ne l'aurait fait face à un danger sur la route. Il estime également que les véhicules de Waymo sont aujourd'hui plus sûrs qu'un taxi conduit par un humain.

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Reste toutefois un défi majeur: intégrer ces innovations dans le monde industriel. Comme l'a rappelé Ryan Gariepy, vice-président de la robotique chez Rockwell Automation, les usines sont le fruit de décennies, voire de siècles, d'optimisation de processus très spécifiques. «Il ne faut pas sous-estimer la difficulté d'intégrer des robots dans ces environnements», a-t-il souligné.
Malgré ces obstacles, les investissements s'accélèrent. David Randle, en charge de la stratégie mondiale de commercialisation de la Physical AI chez Amazon Web Services, a indiqué que la modernisation des usines et des entrepôts constitue l'une des grandes tendances actuelles. Selon lui, Amazon exploite déjà plus d'un million de robots reposant sur des technologies de «physical AI», illustrant le passage progressif de ces innovations des laboratoires vers des applications à grande échelle.
A propos des auteurs
William Türler
William Türler
William Türler s’intéresse à tout ce qui façonne le monde des affaires. Après avoir collaboré avec plusieurs médias romands, il écrit aujourd’hui pour PME, où il couvre la tech, l’innovation et les grandes tendances économiques. Il aime raconter les histoires derrière les projets et les idées.

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