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Différents facteurs influencent les prix de l'essence en Suisse

La guerre en Iran a fait grimper les prix de l'essence en Suisse, même si notre pays ne dépend pas directement du Moyen-Orient pour son approvisionnement. Les prix à la pompe sont influencés par plusieurs facteurs, dont les cours mondiaux et les coûts de raffinage.

ats

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"Le ravitaillement de la Suisse en produits pétroliers est actuellement assuré", a confirmé à l'agence AWP un porte-parole de l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE). KEYSTONE/Martial Trezzini

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La fermeture presque totale du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique, en raison de la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran, a gravement perturbé le commerce du pétrole et du gaz en provenance des pays du Golfe, entraînant la perte de millions de barils d'approvisionnement au quotidien et faisant s'envoler les cours de l'or noir. Depuis le début du conflit, le 28 février, le prix du Brent a bondi de 44,0%, celui du WTI de 38,6%, selon la plateforme Trading Economics.
Les alliés des États-Unis dans le Pacifique, dont la Corée du Sud, l'Australie et les Philippines, sont actuellement confrontés à une pénurie de carburant qui s'aggrave. En Suisse, la guerre au Moyen-Orient n'a aucune incidence directe sur l'approvisionnement énergétique. «Le ravitaillement de la Suisse en produits pétroliers est actuellement assuré», a confirmé à l'agence AWP un porte-parole de l'Office fédéral pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE).
Et si pénurie il devait y avoir, les produits pétroliers stockés dans les réserves obligatoires détenues par les entreprises couvriraient les besoins nationaux pendant quatre mois et demi, et ceux de l'aviation pendant trois mois, selon l'OFAE.
Il faut savoir que la Suisse n'est pas tributaire de l'or noir transitant par le détroit d'Ormuz. En effet, 70% des produits pétroliers vendus en Suisse sont importés, sous forme de produits raffinés, principalement depuis l'Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique et l'Italie, selon les informations d'Avenergy Suisse, l'organisation faîtière des acteurs du marché du pétrole en Suisse. «Une grande partie de ces produits raffinés sont acheminés par le Rhin, une voie fluviale importante pour l'approvisionnement en carburant du pays», précise un porte-parole du Touring Club Suisse (TCS).

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Les 30% restants arrivent par oléoduc à la raffinerie de Cressier, dans le canton de Neuchâtel, sous forme de pétrole brut, où il est transformé en diesel, essence ou mazout. Ce pétrole brut provient principalement des Etats-Unis, du Nigéria et d'Afrique du Nord.

La marge de manoeuvre des gérants de stations-services

Néanmoins, des répercussions indirectes via les marchés mondiaux se font toutefois sentir sur certains produits en Suisse. C'est le cas de l'essence. Selon le radar du TCS, les prix ont augmenté en moyenne ces dernières semaines de 20 centimes pour l'essence sans plomb 95 et de 40 centimes pour le diesel.
«La hausse des prix de l'essence et du diesel est due à l'augmentation des cours mondiaux du pétrole brut. Pour rester rentables, les acteurs du marché doivent répercuter ces coûts sur les consommateurs», indique un porte-parole d'Avenergy Suisse.
Selon le TCS, les prix sont aussi déterminés par les taxes qui représentent environ 50% du coût final, les variations du taux de change entre le franc et le dollar, monnaie utilisée pour les hydrocarbures. S'y ajoutent les coûts de raffinage et de transport, en particulier via le Rhin: lorsque le niveau de l'eau est élevé, les bateaux peuvent transporter davantage de marchandises, ce qui réduit les coûts de transport.

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Les prix à la pompe peuvent cependant varier fortement selon les stations-services. Les gérants sont libres de fixer leurs prix mais disposent d'une marge de manoeuvre partielle. «Leur influence s'exerce surtout sur les coûts de distribution et la fixation de leur marge. Les prix varient en fonction du type de station, par exemple sur autoroute où les coûts d'exploitation sont élevés et le trafic captif, en périphérie où ils sont souvent plus bas, ou dans les stations discount, et dépendent également du niveau de concurrence locale, qui influence l'ajustement des tarifs», détaille le porte-parole du TCS.

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