La cyberfraude, en nette hausse, s'étend géographiquement
Fausses plateformes d'investissement, hameçonnage par SMS, arnaque aux sentiments. Les escroqueries en ligne se multiplient, selon Interpol qui recense dans un rapport publié lundi une hausse de plus de 50% sur un an des alertes échangées à ce sujet entre ses membres.
ats
Interpol avertit: la cyberfraude s'étend géographiquement (Photo d'illustration). Keystone/AP
Depuis 2024, Interpol a soutenu ses membres «dans plus de 1500 affaires de fraude financière pour un montant total de 1,1 milliard de dollars d'actifs déclarés perdus», relève l'organisation internationale de coopération policière, dont le siège est à Lyon en France.
Sur la même période, les «notices» et «diffusions» - des documents transmis par Interpol ou ses membres pour avertir des services de police et de justice d'autres pays de menaces potentielles - ont augmenté de 54%, ajoute-t-elle dans ce rapport.
Interpol estime que la fraude financière en ligne fait désormais partie des cinq menaces criminelles mondiales les plus importantes, avec le trafic de drogues et le blanchiment d'argent.
Le rapport détaille neuf types de cyberfraudes dopés par le développement de l'intelligence artificielle (IA) et les piratages massifs de données personnelles en ligne.
«La prolifération des outils basés sur l'IA (...) a abaissé les barrières à l'entrée, permettant un accès généralisé à des capacités de fraudes sophistiquées» et favorisé la construction «de scénarios de fraude extrêmement convaincants» grâce à la création de «deepfakes» par exemple.
En conséquence, Interpol note une «expansion géographique» des centres d'arnaques.
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Si ces centres, qui emploient de gré ou de force des petites mains pour orchestrer des escroqueries, se concentraient initialement en Asie du Sud-Est, de nouvelles structures essaiment au Moyen-Orient, en Amérique centrale et en Afrique de l'Ouest.
Entre le 8 décembre et le 30 janvier, les polices de 16 pays d'Afrique ont arrêté 651 cybercriminels soupçonnés d'appartenir à des réseaux ayant extorqué près de 38 millions d'euros à des centaines de victimes, avait annoncé Interpol en février.