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Le Japon alloue des subventions d'urgence sur le carburant

Le gouvernement japonais a lancé jeudi un programme d'urgence visant à faire baisser les prix de l'essence, pour endiguer la flambée des cours du carburant provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

ats

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Tokyo a commencé à verser des subventions afin de ramener le prix de l'essence aux alentours de 170 yens par litre. (archive) KEYSTONE/EPA/FRANCK ROBICHON

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Tokyo a commencé à verser des subventions afin de ramener le prix de l'essence aux alentours de 170 yens par litre, a déclaré Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement.
Cela marquerait une baisse significative par rapport au sommet historique de 190,8 yens (0,94 franc) par litre atteint lundi, à l'unisson d'une flambée des cours du pétrole brut sur le marché mondial.
Selon le Centre d'information sur le pétrole - un organisme de recherche de l'industrie japonaise -, le prix moyen de l'essence au Japon se maintenait juste en dessous de 160 yens par litre début mars, avant le déclenchement du conflit.
Les autorités nippones estiment cependant qu'il faudra probablement jusqu'à deux semaines pour que les prix du carburant redescendent au niveau visé.
«Nous lançons aujourd'hui des mesures d'urgence visant à atténuer les chocs soudains sur les prix afin de protéger le niveau de vie de la population et l'activité économique», a déclaré M. Kihara lors d'une conférence de presse.
«Nous mettrons en oeuvre des mesures similaires pour le diesel, le fioul lourd, le kérosène et d'autres produits», a-t-il ajouté.
L'horizon reste incertain: les prix du pétrole brut continuaient de bondir jeudi, le Brent s'étant brièvement envolé de 5% à quelque 112,70 dollars, poussés par l'annonce de frappes contre des infrastructures énergétiques en Iran et au Qatar.

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«Le rythme de progression (de l'inflation) devrait être tiré à la hausse, subissant l'impact de la récente augmentation des cours du pétrole brut», a d'ailleurs prévenu jeudi la Banque du Japon.

Rencontre avec Trump

La mise en place de ces subventions intervient à la veille d'une rencontre prévue à Washington entre la Première ministre Sanae Takaichi et le président américain Donald Trump.
Ce dernier a appelé le Japon, ainsi que d'autres pays alliés, à aider les États-Unis à rouvrir le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par où transite d'ordinaire un cinquième du pétrole mondial et où la circulation est quasi-paralysée.
Le Japon, quatrième économie mondiale, dépend du Moyen-Orient pour 95% de ses importations de pétrole.
Le pays a confirmé lundi qu'il débloquait à partir de ce jour ses stocks stratégiques de pétrole, début d'une opération mondiale coordonnée par l'Agence internationale de l'Energie (AIE).
M. Kihara a souligné jeudi que Tokyo se coordonnait avec les nations du G7 et l'AIE «pour garantir qu'aucune perturbation ne vienne affecter l'approvisionnement en produits pétroliers, tels que l'essence, quelles que soient les circonstances».

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