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«Mieux vaut une réforme imparfaite que pas de réforme du tout»

Le «Focus Day» organisé par la Handelszeitung et le Groupe Mutuel était consacré aux défis et aux possibilités de réforme du deuxième pilier. Les échanges ont porté sur la pérennité du système de prévoyance suisse.

Focus Day
Table ronde (de g. à d.): Patricio Scotoni, Groupe Mutuel, Kerstin Windhövel, Centre de compétences Prévoyance, Markus Diem Meier, Handelszeitung, Barbara Zimmermann, Union patronale suisse, Serge Gaillard, ancien directeur de l’Administration fédérale des finances. Stefan Bohrer / Blick
Sur invitation de la Handelszeitung, des expertes et des experts du secteur suisse de l’assurance se sont réunis à l’occasion de la première édition du «Focus Day». Thomas Boyer, CEO de Groupe Mutuel, a présenté dans son allocution de bienvenue les défis que rencontre l’actuel système de prévoyance: compte tenu de l’évolution démographique et des nouvelles formes de travail. Selon lui, les choses ne peuvent continuer de cette manière: «La réforme de la prévoyance professionnelle est plus nécessaire que jamais», a estimé Thomas Boyer.
Thomas Boyer, CEO du Groupe Mutuel
Barbara Zimmermann, responsable du secteur Politique et assurances sociales à l’Union patronale suisse
La professeure Kerstin Windhövel, responsable du Kompetenzzentrum Vorsorge (Centre de compétences Prévoyance)
Uwe Biefer, Concordia Zürich, Marcel Etter, Vicenda Group.
Corin Ballhaus, Ballhaus Profiling, Christiane Kirchner, Centre pour l'énergie vitale,Kerstin Windhövel, Centre de compétence pour la prévoyance.
Ralf Ries, Neosana, Gordon Diehr, Liechtenstein Life.
Herta Baumann, Voxia Communication, Ruth Leutwyler,
Stefano Minuscoli, Pensexpert, Markus Kumschick, Bank Vontobel.
Peter Lang, Marlène Rast, Florian Theytaz, tous du Groupe Mutuel
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Thomas Boyer, CEO du Groupe Mutuel Stefan Bohrer / Blick

La longévité des enseignantes

La professeure Kerstin Windhövel, responsable du Kompetenzzentrum Vorsorge (Centre de compétences Prévoyance), a présenté les conclusions relatives à l’espérance de vie de la population suisse. Les personnes vivant en Suisse sont de plus en plus âgées et feront donc appel de plus en plus longtemps aux caisses de prévoyance. Actuellement, l’espérance de vie moyenne est de 81,1 ans pour les hommes suisses, et même de 85,9 ans pour les femmes selon les statistiques. Kerstin Windhövel a recensé les facteurs qui expliquent le vieillissement de la population: les progrès de la médecine, la génétique et le sport auraient une influence positive sur l’espérance de vie, tout comme un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un sommeil suffisant, le yoga et la méditation, une alimentation saine et le travail. «L’intelligence et le niveau de vie font augmenter l’espérance de vie, de même que le fait de vivre dans un quartier privilégié. Le travail physique intense, la pollution atmosphérique, l’alcool, les stupéfiants et le tabac réduiraient en revanche l’espérance de vie», a rappelé la spécialiste. Il est également intéressant de noter que la durée de vie totale attendue peut varier en fonction de la catégorie professionnelle: un maçon a une espérance de vie statistique de 81 ans, contre 85,1 ans pour un médecin. L’espérance de vie des enseignantes de primaire est particulièrement élevée: pas moins de 87,7  ans. De telles différences pourraient avoir une influence considérable sur la performance des caisses de pension, celles du corps enseignant, par exemple, fournissant des prestations à leurs membres pendant une période sensiblement plus longue que d’autres caisses. Il convient donc de se demander si une caisse comptant de nombreux enseignants ou de cotisants à hauts revenus ne devrait pas pratiquer des taux de conversion plus bas et si, à l’inverse, les caisses comptant beaucoup d’assurés d’une catégorie à durée de vie plus réduite ne devraient pas proposer des taux de conversion plus importants.
Un autre intervenant, Serge Gaillard, ancien directeur de l’Administration fédérale des finances, s’est montré optimiste quant à l’avenir du financement des retraites en Suisse et des réformes possibles. «En Suisse, la prévoyance vieillesse a fait ses preuves avec différentes conditions-cadres», estime-t-il. Deux conditions doivent être remplies pour que le système puisse continuer à être financé: «Nous avons besoin d’un taux d’emploi élevé dans le cadre d’un développement économique stable afin que le plus grand nombre possible de personnes en âge de travailler aient un emploi et cotisent pour la prévoyance. Deuxièmement, il est important que nous soyons prêts à adapter les taux de cotisation ou l’âge de la retraite si nécessaire.» Serge Gaillard rejette toutefois les modifications automatiques de l’âge de la retraite ou des cotisations et explique qu’il fait confiance au processus politique. La table ronde finale animée par Markus Diem Meier, rédacteur en chef de la Handelszeitung, a réuni, outre Kerstin Windhövel et Serge Gaillard, Barbara Zimmermann, responsable du secteur Politique et assurances sociales à l’Union patronale suisse et Patricio Scotoni, responsable prévoyance professionnelle Suisse au Groupe Mutuel.
En suisse, les hommes atteignent statistiquement l'âge de 81,1 ans et les femmes de 85,9 ans.

Pour les travailleurs à temps partiel et les femmes

Barbara Zimmermann a souligné qu’il était grand temps de réformer le deuxième pilier. Elle considère que le projet de vote que son association a contribué à élaborer est équilibré et supportable. Cette réforme est importante pour les travailleurs à temps partiel et pour les personnes à faibles revenus. Patricio Scotoni a abondé dans son sens, rappelant lui aussi que le monde a changé. Il estime que le système de prévoyance devrait notamment tenir compte du souhait de nombreuses personnes vivant en Suisse de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée en travaillant moins. Kerstin Windhövel se demande si l’on pourra convaincre suffisamment de personnes d’approuver la réforme, à laquelle elle est favorable. Pour elle, la question est de savoir comment rallier à cette cause les personnes qui seront moins bien loties suite au vote. Serge Gaillard salue également le fait que les femmes ainsi que les travailleurs à temps partiel percevant de bas salaires seront en moyenne mieux assurés grâce à la réforme. Certes, il y aura toujours des points à critiquer dans la réforme, mais ce qui compte, ce sont ses grandes lignes, et celles-ci sont bonnes. Markus Diem Meier a demandé aux expertes et aux experts si les dépenses administratives des nombreuses caisses de pension n’étaient pas beaucoup trop élevés. Kerstin Windhövel a déclaré qu’il y avait matière à amélioration. Il faut toutefois reconnaître que les coûts ont en moyenne baissé massivement ces dernières années. La numérisation croissante y a fortement contribué. Serge Gaillard se montre serein quant à l’éventualité d’un échec de la réforme lors de la votation de l’année prochaine: «Si c’est le cas, il ne se passera pas grand-chose. Un échec aura toutefois des conséquences sur la prochaine réforme de l’AVS Il faudra alors envisager un âge de départ à la retraite plus tardif, des retraites plus élevées pour les plus faibles revenus et des cotisations plus élevées.» Barbara Zimmermann, ne peut envisager une défaite lors du vote: «La réforme de la LPP est nécessaire, elle stabilise, elle pense à la génération de transition et tient compte des formes modernes de travail.»

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