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«Mieux vaut une réforme imparfaite que pas de réforme du tout»
Le «Focus Day» organisé par la Handelszeitung et le Groupe Mutuel était consacré aux défis et aux possibilités de réforme du deuxième pilier. Les échanges ont porté sur la pérennité du système de prévoyance suisse.
Sur invitation de la Handelszeitung, des expertes et des experts du secteur suisse de l’assurance se sont réunis à l’occasion de la première édition du «Focus Day». Thomas Boyer, CEO de Groupe Mutuel, a présenté dans son allocution de bienvenue les défis que rencontre l’actuel système de prévoyance: compte tenu de l’évolution démographique et des nouvelles formes de travail. Selon lui, les choses ne peuvent continuer de cette manière: «La réforme de la prévoyance professionnelle est plus nécessaire que jamais», a estimé Thomas Boyer.
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La longévité des enseignantes
La professeure Kerstin Windhövel, responsable du Kompetenzzentrum Vorsorge (Centre de compétences Prévoyance), a présenté les conclusions relatives à l’espérance de vie de la population suisse. Les personnes vivant en Suisse sont de plus en plus âgées et feront donc appel de plus en plus longtemps aux caisses de prévoyance. Actuellement, l’espérance de vie moyenne est de 81,1 ans pour les hommes suisses, et même de 85,9 ans pour les femmes selon les statistiques. Kerstin Windhövel a recensé les facteurs qui expliquent le vieillissement de la population: les progrès de la médecine, la génétique et le sport auraient une influence positive sur l’espérance de vie, tout comme un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée, un sommeil suffisant, le yoga et la méditation, une alimentation saine et le travail. «L’intelligence et le niveau de vie font augmenter l’espérance de vie, de même que le fait de vivre dans un quartier privilégié. Le travail physique intense, la pollution atmosphérique, l’alcool, les stupéfiants et le tabac réduiraient en revanche l’espérance de vie», a rappelé la spécialiste. Il est également intéressant de noter que la durée de vie totale attendue peut varier en fonction de la catégorie professionnelle: un maçon a une espérance de vie statistique de 81 ans, contre 85,1 ans pour un médecin. L’espérance de vie des enseignantes de primaire est particulièrement élevée: pas moins de 87,7 ans. De telles différences pourraient avoir une influence considérable sur la performance des caisses de pension, celles du corps enseignant, par exemple, fournissant des prestations à leurs membres pendant une période sensiblement plus longue que d’autres caisses. Il convient donc de se demander si une caisse comptant de nombreux enseignants ou de cotisants à hauts revenus ne devrait pas pratiquer des taux de conversion plus bas et si, à l’inverse, les caisses comptant beaucoup d’assurés d’une catégorie à durée de vie plus réduite ne devraient pas proposer des taux de conversion plus importants.Un autre intervenant, Serge Gaillard, ancien directeur de l’Administration fédérale des finances, s’est montré optimiste quant à l’avenir du financement des retraites en Suisse et des réformes possibles. «En Suisse, la prévoyance vieillesse a fait ses preuves avec différentes conditions-cadres», estime-t-il. Deux conditions doivent être remplies pour que le système puisse continuer à être financé: «Nous avons besoin d’un taux d’emploi élevé dans le cadre d’un développement économique stable afin que le plus grand nombre possible de personnes en âge de travailler aient un emploi et cotisent pour la prévoyance. Deuxièmement, il est important que nous soyons prêts à adapter les taux de cotisation ou l’âge de la retraite si nécessaire.» Serge Gaillard rejette toutefois les modifications automatiques de l’âge de la retraite ou des cotisations et explique qu’il fait confiance au processus politique. La table ronde finale animée par Markus Diem Meier, rédacteur en chef de la Handelszeitung, a réuni, outre Kerstin Windhövel et Serge Gaillard, Barbara Zimmermann, responsable du secteur Politique et assurances sociales à l’Union patronale suisse et Patricio Scotoni, responsable prévoyance professionnelle Suisse au Groupe Mutuel.
En suisse, les hommes atteignent statistiquement l'âge de 81,1 ans et les femmes de 85,9 ans.