Abo

Pétrole et gaz restent sous pression avec la guerre au Moyen-Orient

Les cours de l'or noir et du gaz naturel se reprenaient quelque peu mardi matin après leur envolée de la veille, au 4e jour de l'attaque israélo-américaine contre l'Iran et alors que Téhéran a répliqué. La hausse du prix ravive les craintes de retour de l'inflation.

ats

20260303090902523
Mardi matin, le prix du baril de Brent du mer du Nord accélérait de 3,4% à 80,35 dollars. Côté gaz naturel, le prix du TTF européen bondissait de 19,78% à 51,79 euros, au plus haut depuis février 2025 (archives). KEYSTONE/Alessandro Della Bella

Publicité

Vers 08h40, le prix du baril de Brent du mer du Nord accélérait de 3,4% à 80,35 dollars, alors que le WTI américain accélérait de 3,02% à 73,36 dollars.
Côté gaz naturel, le prix du TTF européen bondissait de 19,78% à 51,79 euros, au plus haut depuis février 2025.
«Le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, redevient le point de fixation des opérateurs, d'autant que plusieurs compagnies maritimes ont commencé à détourner leurs navires par précaution», a souligné Johm Plassard.
Selon le responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, «les frappes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes, suivies de représailles de Téhéran, ont ravivé la crainte d'un choc d'offre brutal, même si, à ce stade, il s'agit davantage d'anticipation que de rupture massive des flux».
Pour l'expert de la banque genevoise, le gaz naturel liquide (LNG) a le plus vivement réagi. «Des attaques ciblant des installations stratégiques ont réduit l'offre disponible, notamment en provenance du Qatar, acteur central du marché mondial du LNG, ce qui a immédiatement tendu l'équilibre entre l'Europe et l'Asie. Or, l'Europe n'a plus le luxe d'un coussin russe structurel, et ses stocks, déjà inférieurs à la moyenne saisonnière, ont amplifié le mouvement.»

Contenu Sponsorisé

«Si les perturbations se prolongent, la pression sur les banques centrales européennes pourrait se raviver au moment même où le cycle de détente monétaire était attendu. Le gaz devient un baromètre plus sensible que le pétrole pour l'économie européenne, car il touche directement la compétitivité industrielle», a averti M. Plassard.
Dans ce contexte, un prix du baril dépassant la barre des 100 dollars n'est pas à exclure, a estimé l'analyste de CMC Markets, Andreas Lipkow. «L'Europe, en particulier, s'est mise elle-même dans une impasse avec la politique énergétique menée ces dernières années. La forte dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz provenant des Etats-Unis et des pays du Moyen-Orient devient un problème majeur», a-t-il souligné.
Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote, a pour sa part prévenu qu'«une hausse durable des prix de l'énergie risque de peser sur les marges des entreprises et la demande des consommateurs, notamment aux Etats-Unis».
Les risques géopolitiques s'accroissent, tout comme la volatilité sur les marché et les incertitudes commerciales. Cette situation pourrait faire repartir l'inflation et «resserrer les conditions financières au niveau mondial».

Publicité