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Start-up

Autonomyo veut démocratiser la rééducation de la marche grâce à un système plus accessible

La start-up vaudoise simplifie le réapprentissage de la marche pour les patients neurologiques. Son Skywalk offre une alternative abordable aux équipements coûteux.

William Türler

Le Skywalk, testé par Amalric Ortlieb, permet au patient de marcher en étant partiellement déchargé de son poids.
Le Skywalk, testé par Amalric Ortlieb, permet au patient de marcher en étant partiellement déchargé de son poids. Yvain Genevay pour 24 Heures

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Réapprendre à marcher après un accident vasculaire cérébral ou une maladie neurologique est souvent un parcours long et exigeant. Pourtant, les outils de rééducation restent aujourd’hui concentrés dans quelques centres spécialisés, en raison de leur coût et de leur complexité. C’est ce constat qui a conduit la start-up vaudoise Autonomyo, fondée en 2021, à développer une solution plus accessible.
L’entreprise s’attaque à un vaste champ thérapeutique. Chaque année, dans le monde, près de 15 millions de personnes sont victimes d’un AVC et environ 70% des survivants doivent réapprendre à marcher. A l’origine du projet se trouve Amalric Ortlieb, docteur en ingénierie mécanique de l’EPFL et spécialiste de la conception d’exosquelettes. Durant son doctorat, consacré à la robotique appliquée à la marche, il collabore avec des associations de patients atteints de maladies musculaires rares, comme les myopathies. «L’objectif initial était de développer un exosquelette de ré­éducation pour aider les personnes à retrouver une certaine mobilité», explique-t-il.
Mais l’équipe prend rapidement une autre direction. Plutôt qu’un exosquelette motorisé, la start-up se concentre sur un dispositif baptisé Skywalk. Celui-ci fonctionne comme un système de soutien du poids corporel: suspendu à un harnais, le patient peut marcher en étant partiellement déchargé de son poids. L’innovation tient surtout à la simplicité du mécanisme. «Nous avons remplacé les moteurs par des élastiques», résume Amalric Ortlieb. Cette approche low-tech permet d’accompagner le mouvement tout en conservant une dynamique naturelle, comparable à la physiothérapie en piscine.

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Rééducation à domicile

Cette simplification a un autre avantage majeur: le coût. Les systèmes motorisés existants peuvent atteindre entre 200 000 et 400 000 francs, ce qui limite leur utilisation aux grands centres de rééducation. Le Skywalk vise au contraire les cabinets de physiothérapie locaux, avec un prix de vente inférieur à 20 000 dollars. L’ambition, à terme, est même de permettre aux patients de poursuivre leur rééducation à domicile.
Pour les thérapeutes, la facilité d’utilisation est également un facteur clé. «La complexité décourage souvent l’usage régulier des équipements», souligne Amalric Ortlieb. Grâce à son système d’élastiques, le dispositif permet notamment au patient de fléchir les genoux ou de se redresser, là où certains systèmes motorisés agissent surtout comme de simples élévateurs.
Autonomyo se prépare désormais à franchir une étape décisive: la commercialisation. Avant de viser la Suisse et l’Europe à l’automne, l’entreprise prévoit un lancement aux Etats-Unis dès le printemps. «Le processus d’autorisation des dispositifs médicaux y est plus rapide qu’en Europe», explique le cofondateur Fabian Bischof, qui possède douze ans d’expérience dans le secteur de la santé. Le marché américain constitue une priorité stratégique, notamment grâce à l’expérience de René Trost, arrivé l’an dernier et familier du lancement de technologies de réadaptation aux Etats-Unis. Pour 2026, la jeune pousse vise la vente de plus de 100 unités.

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1,5 million

Jusqu’à présent, Autonomyo a levé environ 1,5 million de francs. Une nouvelle levée de 500 000 francs est en cours afin de financer l’accélération commerciale et la production. L’entreprise, qui compte quatre employés, ambitionne à terme de dépasser la trentaine de collaborateurs.
A propos des auteurs
William Türler
William Türler
William Türler s’intéresse à tout ce qui façonne le monde des affaires. Après avoir collaboré avec plusieurs médias romands, il écrit aujourd’hui pour PME, où il couvre la tech, l’innovation et les grandes tendances économiques. Il aime raconter les histoires derrière les projets et les idées.

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