Les milliers d'agriculteurs et agricultrices en Suisse ne sont pas à envier, ils ont un travail difficile. Ils sont debout du matin au soir, par tous les temps. Avec près de 50 heures par semaine, ils travaillent plus longtemps que toutes les autres catégories professionnelles. Ils sont exposés aux caprices de la nature et ne peuvent donc planifier leurs revenus que dans une mesure limitée. De plus, ils dépendent du prix qu'ils obtiennent pour leurs produits. En matière de dépenses, ils sont soumis aux mécanismes du marché, tels que l'inflation.
L'agriculteur moderne doit presque être un économiste, il doit savoir se servir d'une calculatrice aussi bien que d'une fourche ou d'un tracteur. Mais que reste-t-il dans son portefeuille à la fin de la journée? Voici ce que les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique révèlent.
1. Voici ce que gagne une exploitation agricole
En 2024, le revenu agricole s'élève en moyenne à 81 700 francs par exploitation, soit 2000 francs de plus que l'année précédente. Ce montant comprend les activités agricoles, y compris les recettes des magasins à la ferme. S'y ajoutent également les activités liées à l'agriculture, telles que l'agrotourisme ou la production de biogaz. Les agriculteurs ont gagné plus d'argent grâce à des rendements plus élevés dans la production porcine, avicole et fruitière, comme l'a annoncé l'institut de recherche Agroscope. En revanche, les mauvaises conditions météorologiques ont entraîné des pertes de rendement dans les champs, les potagers et les vignobles.
2. Combien gagne un travailleur familial?
Dans la plupart des exploitations agricoles suisses, plus d'une personne travaille. Souvent, toute la famille aide à la ferme. En 2024, une exploitation employait en moyenne 1,32 travailleur familial. Cela comprend notamment le chef d'exploitation et les éventuels parents travaillant dans l'exploitation, tels que le conjoint, les parents ou les enfants en âge de travailler. Les revenus par travailleur familial variaient considérablement d'une région à l'autre. Dans les exploitations situées dans la vallée, il s'élevait en moyenne à 75 300 francs, soit 5% de plus que l'année précédente. Dans la région vallonnée, un travailleur familial gagnait encore 52 900 francs (plus 9%). Dans les régions de montagne, le revenu n'était plus que de 44 100 francs (plus 12,9%).
3. De grandes différences selon le type d'exploitation
Tous les agriculteurs ne se valent pas. Les revenus varient considérablement selon le type d'exploitation. Les producteurs laitiers ont connu une année 2024 difficile. Ils ont obtenu moins pour leur lait. Les agriculteurs spécialisés dans la culture végétale ont également connu une année mitigée en raison des conditions météorologiques. Le printemps pluvieux et peu ensoleillé a entraîné la plus faible récolte de blé panifiable depuis 25 ans. D'autres cultures arables telles que le colza et la betterave sucrière ainsi que la culture maraîchère ont également subi des pertes de rendement dues aux conditions météorologiques, comme l'indique Agroscope. Les viticulteurs suisses ont connu une année vraiment mauvaise. Avec la deuxième récolte la plus faible des 50 dernières années, la viticulture a souffert de manière excessive du temps humide. De plus, la consommation de vin, déjà en baisse, a particulièrement chuté en 2024, ce qui a entraîné une baisse des revenus. Seules les productions de pommes et de poires ont enregistré des récoltes nettement meilleures qu'en 2023.
La situation est plus réjouissante pour les agriculteurs qui élèvent des animaux. Ils ont mieux gagné leur vie, notamment parce qu'ils ont obtenu un meilleur prix pour leurs porcs. La production de viande de volaille et d'œufs, en hausse en raison de la demande, a également contribué à cette évolution positive.
4. Les revenus accessoires prennent de plus en plus d'importance
Depuis longtemps déjà, de nombreux agriculteurs ne travaillent plus uniquement à la ferme. Ils ont également un emploi externe afin de pouvoir boucler leur budget à la fin du mois. Cet effort a porté ses fruits en 2024. Le revenu moyen des ménages provenant d'activités agricoles et non agricoles a augmenté de 3,1% pour atteindre 115 700 francs. Le travail en dehors de la ferme a porté ses fruits : les revenus dits non agricoles ont augmenté de 1,6%. Cet article a été publié pour la première fois dans Blick, puis dans Cash.