Abo
Sur le vif

«Si je n’étais pas vigneronne, je serais dans l’humanitaire»

Coraline de Wurstemberger est propriétaire des Dames de Hautecour, domaine de Mont-sur-Rolle dirigé par des vigneronnes depuis onze générations. Elle organise aussi le salon DiVINes! dont la 5e édition a attiré un millier de visiteurs au château de Rolle, en novembre.

Coraline de Wurstemberger

Coraline de Wurstemberger, propriétaire des Dames de Hautecour.

Marco Lopez

Publicité

Si vous ne faisiez pas ce métier aujourd’hui, que seriez-vous?

Je travaillerais dans l’humanitaire. Cela fait trente ans que je suis dans le vin mais, dans une autre vie, j’ai été déléguée du CICR en Afrique. J’ai beaucoup apprécié mes cinq années là-bas: les missions, les collègues, les différents pays et l’apprentissage de leur culture. J’aimerais partir sur le bateau de SOS Méditerranée pendant plusieurs mois.

Le premier argent que vous avez gagné?

J’ai très régulièrement été baby-sitter, dès l’âge de 16 ans, mais mon premier salaire vient d’un job de caissière dans un grand magasin.

Les valeurs qui vous sont essentielles?

L’empathie: penser aux autres, se mettre à leur place, essayer de les soulager de leurs peines et de leur détresse. La créativité: un monde sans art serait fade. Avoir des idées, c’est moteur de vie! Et la sérénité qui nous permet de vivre en harmonie.

Votre plus grand regret?

J’aurais aimé avoir plusieurs enfants afin que ma fille ne soit pas seule. Et ne pas pouvoir remonter le temps et revivre certaines années de ma vie de jeune adulte.

Quelle personne ou quel objet voudriez-vous voir sur nos nouveaux billets de banque?

Un bateau à vapeur Belle Epoque de la CGN. Je les vois parfois passer depuis Mont-sur-Rolle, ils invitent à la contemplation. Ou bien Marie-Thérèse Chappaz, la plus grande de tous les vignerons et vigneronnes de Suisse.

Contenu Sponsorisé

La qualité que vous admirez chez un dirigeant?

L’optimisme, indispensable pour gérer une équipe, qu’il faut réussir à conserver, même dans les coups durs.

L’artiste dont vous aimeriez acheter une œuvre si vous en aviez les moyens?

Un bronze de Martine Baud. 

Le dernier restaurant qui vous a impressionnée?

Un menu végétarien à La Fleur de Sel, à Cossonay. Délicieux et surprenant.

Qu’est-ce qui vous fait peur dans le monde actuel?

La violence.

Votre vin de prédilection?

Le chasselas, bien sûr. Je suis comme les Italiens: lorsqu’ils rentrent de vacances, ils boivent un café de chez eux. Moi, je bois un verre de chasselas. C’est tellement bon, et unique!

Si vous deviez quitter la Suisse, où vous installeriez-vous?

En Italie, évidemment.

Qu’est-ce qui peut vous faire sortir de vos gonds?

Une personne qui fait la tête pendant longtemps, voire des jours.

L’entrepreneur que vous admirez?

Mon ancien œnologue, Claude Jaccard, qui a construit seul son entreprise, Œnologie à façon, en reprenant l’ancienne Société vinicole de Perroy. Il a depuis remis l’activité à son équipe, mais l’entreprise est aujourd’hui incontournable dans le monde du vin.

Le meilleur livre que vous avez lu ces derniers temps?

Les renaissances d’Agnès Martin-Lugand. Mais j’ai également été très émue par Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa.

Publicité

Le film qui vous a marquée?

Pane e tulipani, de Silvio Soldini, un joli poème qui se passe à Venise.

Un seul objet sur une île déserte, lequel?

Un livre et un cahier pour écrire mes pensées.

Trois invités, réels ou fictifs, pour un dîner idéal?

Les personnalités célèbres, très peu pour moi, je préfère les moments conviviaux. Je dirais l’homme que j’aime et deux autres bons amis.

Votre dernière fête trop arrosée?

Il y en a beaucoup...

Si Dieu existe, après votre mort, qu’aimeriez-vous l’entendre vous dire?

Merci pour ce que tu as fait de ta vie, sois la bienvenue.

Publicité