«Un clic, une cellule.» La start-up SEED Biosciences, spin-off de l’EPFL spécialisé dans les biotechnologies, a développé un robot de pipetage ultra-précis baptisé Dispencell. Pour leur dernière levée de fonds fin 2020, les fondateurs David Bonzon et Georges Muller ont obtenu 1 million de francs d’investissements privés qui seront destinés à accroître leur force de vente.

«Traditionnellement, une pipette est utilisée pour prélever des cellules qui se trouvent dans un liquide, explique Georges Muller. Le problème est qu’on ne sait jamais si la goutte prélevée contiendra une, aucune ou plusieurs cellules. Grâce à notre capteur, on peut garantir qu’il y en aura bien une seule dans chaque échantillon, ce qui offre un gain de temps précieux pour l’industrie pharmaceutique.»

Doté d’une technologie unique, l’engin permet de prélever des cellules humaines et de les isoler dans des unités de cultures distinctes, et ce en appuyant simplement sur un bouton: la méthode se veut ainsi fiable et facile d’utilisation, mais aussi révolutionnaire pour la médecine personnalisée. Plusieurs systèmes sont apparus ces dernières années, mais c’est le premier à remplir tous les critères: sans impact pour les fonctions de la cellule, pouvant être stérilisé et facilitant la traçabilité.

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L’idée du projet remonte à 2013. A l’époque, Georges Muller, doctorant en bio-ingénierie, travaille à l’EPFL dans le laboratoire du professeur Yann Barrandon, expert dans les cellules souches. «Un jour, il m’a confié: «Je sais ce que tu dois développer: le principe de la boîte à bonbons, un clic, une cellule.» Conquis, l’ingénieur contacte son ancien camarade de l’EPFL David Bonzon, spécialisé en microtechnique.

«Grâce à notre capteur, on peut garantir qu’il y aura bien une seule cellule dans chaque échantillon.»

Georges Muller, cofondateur et CEO de SEED Biosciences

«La conceptualisation, l’optimisation du capteur et le dépôt des brevets ont pris énormément de temps, raconte ce dernier. Dans cette industrie, le client attend énormément de fiabilité et de répétabilité.» La réalisation du robot elle-même, en revanche, a pris moins d’une année. Fin 2018, SEED Biosciences voit officiellement le jour, soutenue par 1 million de francs de fonds publics. Depuis sa création, la jeune pousse basée au StartLab du Biopôle à Epalinges (VD) a déjà vendu six robots et compte aujourd’hui six employés.

La clientèle de la start-up est composée de groupes académiques, d’instituts de recherche mais aussi de groupes pharmaceutiques. Les deux associés ont par exemple vendu l’année dernière leur robot à une firme américaine spécialisée dans le développement de nouvelles immunothérapies pour le cancer, par transplantation de cellules souches. Pour les deux ingénieurs de 35 ans, le robot n’a pas pour ambition de devenir un outil de diagnostic médical. Il se veut avant tout un outil de recherche destiné à ouvrir la voie à de nouvelles thérapies.

SEED Biosciences vise la rentabilité d’ici à 2022. Comment? En pénétrant sur le marché américain, leader dans le secteur des biotechnologies. «Nous recherchons une société qui cible les mêmes clients que nous et qui possède une force de vente déjà bien établie dans le pays, explique David Bonzon. L’idée serait aussi de combiner nos produits aux leurs pour permettre une certaine complémentarité.» L’entreprise a également pour stratégie de commercialiser son capteur séparément du robot. Ainsi, la technologie pourrait être valorisée à travers d’autres instruments et auprès d’autres marques.

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