La marque de sous-vêtements pour hommes TBô est devenue en septembre dernier la première marque détenue par sa communauté. Née en 2018 de l’imagination du Fribourgeois Allan Perrottet et du Zurichois Roy Bernheim, la jeune pousse zurichoise de 15 collaborateurs propose un modèle d’affaires culotté.

Premièrement, la communauté décide et valide des modèles de slips, boxers, «chill shorts» ou t-shirts confort. Chaque lancement de produit – deux projets par mois en général – est le résultat d’une cocréation entre les membres de la tribu TBô. Ils sont 400 000 dans le monde, avec une forte présence aux Etats-Unis. En général, une centaine de précommandes permettent de valider un nouveau design.

également interessant

Une mode efficiente

«L’idée était de proposer une mode efficiente, explique Allan Perrottet. Lorsqu’on sait qu’aux Etats-Unis 60% des habits passent du magasin à la poubelle, nous voulions créer une chaîne de valeur où on ne produit que ce qui est porté. Ainsi, chaque modèle que nous vendons trouve un acheteur. Nous n’avons pas de stock, sauf pour les produits de base.» Seule obligation: les sous-vêtements doivent être fabriqués en bambou écologique, beaucoup moins gourmand en eau que le coton.

Des propositions innovantes ont ainsi vu le jour. La fibre de certains sous-vêtements est enduite de chitosane, une molécule issue de la carapace de crustacés et agissant comme absorbeur d’odeurs. «L’implication de certains membres est telle que nous prévoyons pour 2022 un programme de récompenses pour nos contributeurs», glisse le Fribourgeois de 30 ans.

Il y a un deuxièmement, cela depuis le 27 août. La tribu TBô peut devenir actionnaire de la marque en achetant directement sur le site internet des jetons de sécurité (token security), une transaction traitée via la blockchain. A noter que depuis le 1er février 2021, il existe en Suisse une base légale solide pour la tokenisation des actions de sociétés.

Réseautage festif

Quels avantages? L’actionnaire a désormais un pouvoir décisionnel identique aux fondateurs eux-mêmes. Il peut aussi revendre ses tokens, l’action étant passée de 104 à 120 en quelques jours. Par ailleurs, il aura accès à des ventes exclusives et à l’assemblée générale à Zurich imaginée dans une optique de réseautage festif.

Un demi-million de francs ont été récoltés en un week-end grâce à cette opération promue uniquement en Suisse. TBô travaille à une deuxième tokenisation, aux Etats-Unis cette fois. «L’objectif était d’atteindre les 500 000 francs, mais pas si rapidement, reconnaît le cofondateur. En un mois, nous avons désormais dépassé les 750 000 francs, cela avec une cinquantaine d’actionnaires de tout profil. Les gens aiment notre concept, qui fonctionne comme une sorte de démocratie.»