Revolut devant Wise, Yapeal et Neon. Tel est le résultat clair du test de taux de change des cartes bancaires réalisé par la Handelszeitung. Ces néobanques actives en Suisse présentent les meilleurs taux de change pour des achats dans les autres pays européens. Par rapport au cours moyen neutre des devises, elles demandent une majoration pouvant aller jusqu'à 0,5%. 

La comparaison avec les banques les plus chères montre à quel point c'est peu. La même transaction - un achat en ligne d'une valeur de 10 euros - a été facturée par Swisscard (Cashback, Poinz), Cornèrcard et Viseca (carte de crédit Manor) avec une majoration d'un peu plus de 4%. Celui qui dépense 1000 francs avec ces cartes pendant ses vacances paie ainsi 35 à 40 francs de plus qu'avec les néobanques.

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Dans de nombreuses banques, peu de choses changent dans la structure tarifaire. Swisscard, filiale du Credit Suisse, et Cembra (avec Certo à 3,9% lors du test) font régulièrement partie des banques les plus chères lorsqu'il s'agit des taux de change. Comme par le passé, de nombreux clients ne semblent pas se rendre compte à quel point les achats à l'étranger peuvent être chers. Ou alors, ils disposent d’une deuxième carte spécifique. 

Pour les banques, les achats à l'étranger sont une bonne affaire. En 2020, sur les 500 millions de francs de chiffre d'affaires annuel de la société de cartes Viseca, environ 40 millions provenaient des commissions sur les devises étrangères (depuis, l'entreprise ne publie plus de rapport de gestion).

Frais affichés: seulement la moitié de la vérité

Autre enseignement du test: les frais réels n'ont généralement pas grand-chose à voir avec les commissions sur les monnaies étrangères affichées par les banques. Selon le décompte de la banque, Cashback de Swisscard facture un supplément de 2,5%, alors que la carte de Cornèrcard ne facture que 1,2%. Au final, les deux se retrouvent avec 4% de frais effectifs: Cornèrcard se base tout simplement sur un taux de change moins bon pour établir son décompte.

Attention également aux conclusions hâtives. Certaines banques affichent d'abord un taux de change ou un montant en francs provisoire dans leurs apps. Celui-ci peut encore changer au moment du décompte définitif, un ou deux jours plus tard. Et la plupart du temps, cela devient alors un peu plus cher. Autre détail désagréable: chez Zak de Cler, l'application Viseca One affiche un taux de change différent de celui du relevé de compte.

Les choses semblent cependant lentement évoluer. Ainsi, les taux de change de la carte de crédit Cumulus de Migros se sont améliorés depuis que la carte est émise par la Banque Migros et non plus par Cembra. Avec des frais effectifs de 2,5%, la carte se situe désormais dans la moyenne. Avec 2,5%, la carte de débit de CSX fait également partie des offres les plus avantageuses dans le cercle des banques traditionnelles. Le compte numérique Zak de la banque Cler se situe même légèrement en dessous. La nouvelle banque numérique Radicant facture 1,8%.

Le test montre en outre clairement que la même banque facture souvent des frais différents selon le type de carte (crédit ou débit). Ainsi, un achat chez Postfinance coûtait 3,4% avec la carte de crédit, mais seulement 2,2% avec la carte de débit. Comme la Postfinance Card porte désormais aussi le label de Mastercard, elle a pu être prise en compte pour la première fois dans le test.

Cartes de débit avec frais fixes

Les cartes de débit de la Banque Migros (17,1% de majoration) et de Raiffeisen (17,9%) ont coûté très cher lors du test. Cela n'est toutefois pas dû aux taux de change, mais à la mauvaise habitude - également pratiquée par d'autres banques - d'une commission par transaction à l'étranger. Les deux banques facturent en effet 1,50 franc par achat, indépendamment du volume. Ces cartes ne sont donc pas adaptées au paiement de petits montants à l'étranger. Les exemples du Credit Suisse, de Postfinance et de presque toutes les néobanques montrent qu'il est possible de faire autrement: leurs cartes fonctionnent également comme des cartes de débit. Mais sans ces frais.

Cet article est une adaptation d'une publication parue dans Handelszeitung.

Conseils et astuces pour les vacances

Quelle carte pour les retraits d'argent?

Les cartes de débit sont généralement plus adaptées aux retraits d'espèces aux distributeurs automatiques de billets, car de nombreuses cartes de crédit ont des frais de base plus élevés. Pour les petits montants, cela représente une somme importante. Avec les néobanques comme Revolut, c'est souvent différent: elles ne facturent que des frais en pourcentage.

Dois-je payer en francs à l'étranger?

Payez en monnaie locale. Surtout si votre banque a des taux de change équitables. Certaines banques facturent un supplément pour l'étranger pour les montants en francs, et vous payez alors deux fois.

Tous les distributeurs automatiques de billets sont-ils identiques?

Non, pas du tout. A l'étranger, les exploitants de distributeurs facturent souvent des frais supplémentaires. Il vaut donc la peine de garder un œil dessus.

Et la prime de transaction de ma banque habituelle?

Les primes sont souvent de l'ordre de 1%. Cela ne justifie pas des taux de change onéreux. En revanche, elles peuvent être un argument pour les paiements nationaux.

Et quel est le meilleur conseil?

Procurez-vous en plus une carte d'une néobanque. Cela ne coûte rien, mais permet d'économiser beaucoup d'argent.

Michael Heim Handelszeitung
Michael Heim