Comme pour beaucoup, la pandémie de covid aura été une période charnière pour Sacha et Benoît Thorey. Ce dernier, un chef doté d’une expérience de vingt ans dans l’événementiel haut de gamme – il a travaillé pour Potel & Chabot, à Paris, qui assure notamment le catering du tournoi Roland-Garros, Novae Restauration et Michel Reybier Hospitality –, se retrouve soudainement à l’arrêt. De son côté, son épouse, chevronnée en marketing alimentaire après avoir passé plusieurs années au sein de Nestlé, nourrit depuis longtemps l’envie de se lancer en tant qu’entrepreneuse.

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En 2021, le couple se jette à l’eau et fonde Allcook Kitchen, un service traiteur livrant à domicile qui se différencie par la livraison de repas conditionnés sous vide. «D’emblée, nous avons décidé de prendre un virage moderne en ciblant les consommateurs à la fois soucieux de leur santé et de la durabilité, qui n’ont pas toujours le temps de cuisiner, explique Benoît Thorey. Pour ce faire, nous avons choisi la technique de l’emballage sous vide, qui permet de conserver toutes les saveurs et les vitamines. Je crois que nous sommes les seuls en Suisse à le faire dans notre domaine d’activité. Quant aux plats, nous élaborons chaque semaine de nouvelles recettes, et nous travaillons en collaboration avec une nutritionniste, Aurelia Corbaz.»

«Nous avons décidé de cibler les consommateurs soucieux à la fois de leur santé et de la durabilité»

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Alexandre Reis De Matos a quitté les bancs de l’EPFL pour fonder sa start-up Unki. Le Genevois se heurte aujourd’hui aux défis de l'entrepreneuriat.

Business model rentable

Côté durabilité, les fondateurs de la société, qui disposent d’une cuisine professionnelle à Lausanne, ont pensé aux moindres détails. Les plats ne sont préparés qu’une fois commandés, évitant ainsi le gaspillage alimentaire tout en rendant le business model d’Allcook rentable. Ils sont livrés, par La Poste, le jour même de la préparation, et se conservent plusieurs jours (cinq jours pour les poissons, sept pour les autres). Les emballages sont en plastique compostable et en carton réutilisable – jusqu’aux sachets réfrigérants pour les glaçons.

Chaque semaine, une quinzaine de recettes sont proposées, avec de la viande et du poisson, mais aussi des plats végétariens, véganes, «keto» (pauvre en glucides) ainsi que de la cuisine du monde; Allcook s’étant associé à d’autres chefs afin de varier les goûts (les restaurants libanais Taolé et vietnamien Wawa’s, le traiteur toscan Si Mangia, le chef indien Edwin Dhanapal, entre autres). Chaque plat est muni d’un code QR, qui fournit des informations sur le temps de cuisson (bain-marie ou au micro-ondes) et les valeurs nutritionnelles.

«Les deux premières années ont été très difficiles, confie Sacha Thorey, notamment pour nous faire connaître, car on démarrait de zéro. Il faut gagner la confiance des gens, qui n’ont pas l’habitude de commander des repas par abonnement. Je précise que les clients peuvent tout à fait faire une seule commande, mais en s’abonnant, les tarifs deviennent plus avantageux: 16.40 francs le plat, au lieu de 18.90 à 21.80 francs. Il n’y a aucune obligation de commander chaque semaine, la formule est très souple.»

Le traiteur, qui vient d’engager un chef de partie, livre aujourd’hui 1500 plats par semaine, dans toute la Suisse, mais principalement dans les cantons romands, auprès d’une clientèle avant tout familiale. Allcook, qui prévoit de doubler son chiffre d’affaires cette année avec plus de 1 million de francs, compte atteindre 2500 plats livrés par semaine en 2025. Une croissance que la société estime pouvoir atteindre avec une nouvelle offre aux entreprises, lancée en juin. «Chaque employé peut faire son choix de repas et payer individuellement tout en bénéficiant du prix de groupe. Quant à la direction, elle peut décider de subventionner tout ou partie du prix du repas», précise Sacha Thorey.

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Elisabeth Kim