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«L’ingrédient de ma réussite? Ma communauté»

Ancienne cuisinière propulsée entrepreneure pendant le Covid, Billie Joy Beytrison a lancé BJ Positive Wear à l’instinct. À 28 ans, elle frôle le million de chiffre d’affaires en misant sur un ingrédient clé: une communauté engagée et fidèle.

Sophie Marenne

Billie Joy Beytrison

Billie Joy Beytrison, fondatrice de BJ Positive Wear.

Sabine Papilloud pour Le Nouvelliste

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«Ma marque de vêtements de sport est un «bébé covid». J’étais cuisinière et donc au chômage technique durant le confinement. L’idée a mûri pendant deux semaines, puis je me suis lancée. Je fonctionne comme ça, à l’instinct. Ma patronne m’avait dit: «Tu reviendras...» En janvier, BJ Positive Wear fêtera ses 5 ans! Et, cette année, nous allons frôler le million de chiffre d’affaires.

Au tout début, mes modèles étaient de simples designs conçus par une manufacture, sur lesquels je posais mon logo. Ça a été un succès immédiat. J’assurais les livraisons en voiture. J’ai tourné comme ça quelque temps: j’ouvrais des précommandes, je recevais la marchandise, je livrais... Un espace de stockage a vite été nécessaire. J’ai installé mes réserves au sous-sol chez ma sœur, qui m’épaulait pour la comptabilité.

BJ Positive Wear est aussi née en réaction à une vague de harcèlement en ligne dont j’ai été victime. Pendant des semaines, je me réveillais avec une boule au ventre, anxieuse de consulter mon téléphone. Pour y répondre, je me suis tournée vers le sport – le fitness, source de confiance en moi – et la sororité, une valeur pilier de ma marque.

Mon expérience en Asie a été déterminante. Je rentrais d’un tour du monde de deux ans et demi et j’avais tissé des contacts à Singapour, qui m’ont ouvert les portes de l’univers textile. Là, je rentre d’ailleurs d’un voyage en Chine, auprès de nos trois manufactures partenaires.

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Faire confectionner nos produits en Asie – nos propres créations mais aussi des collections éphémères de modèles d’usine – est une des clés de notre succès. Beaucoup de marques de sportswear lancées durant la pandémie n’ont pas survécu, car leurs fondateurs voulaient tout faire en Europe. C’est louable, mais vraiment difficile si on veut proposer plus qu’un ou deux modèles, sans sacrifier le confort ou l’esthétique.

L’autre ingrédient de la réussite de BJ Positive Wear, c’est sa communauté. En rentrant de voyage, j’avais peut-être 6000 abonnés sur Instagram. Rien d’exceptionnel, mais c’est grâce à eux que j’ai réalisé mes premières ventes. Mes clientes m’ont donné l’élan pour la suite (elle forme un cœur avec ses doigts), elles ont pris part à mes shootings photos ouverts à toutes... Aujourd’hui, nous avons près de 16 000 followers, une communauté qui se reconnaît dans nos vêtements et nos messages d’authenticité et d’acceptation de soi.

Finalement, avec cette marque, je ne m’attendais à rien. A la base, je voulais m’acheter un van et repartir en voyage (rires). Je crois que cette absence de pression m’a souri. Ce serait mon conseil: se lancer, sans prise de tête et sans se comparer aux autres, sinon vous risquez de vous sentir dépassé ou inférieur. Regardez où je suis arrivée, alors que j’avais zéro connaissance en entrepreneuriat! J’ai 28 ans et j’ai tout appris sur YouTube.

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Aujourd’hui, cette entreprise, c’est ma sœur, mon fiancé et moi: une affaire de famille. Nous faisons construire un local commercial, à proximité de Sion. Le but est d’y mettre le siège de BJ Positive, mais aussi celui d’une deuxième société, EcomStore. Nous la créons pour offrir des services de logistique et de marketing aux e-commerçants du pays.»

Bio express

1997
Naissance à Sion.

2012
Premier emploi à 15 ans, après un apprentissage en cuisine.

2018
Début d’un grand voyage autour du monde.

2021
Commande de ses premiers prototypes de vêtements.

2025
Ouverture d’une boutique de 90 m2 au cœur de Sion.

A propos des auteurs
Sophie Marenne
Sophie Marenne
Sophie Marenne

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