Bonjour,
Alexandre Tzonis lance Lift, un outil numérique qui centralise toutes les démarches liées à l’emploi. Il vise à rendre le parcours professionnel plus clair et à faciliter la vie des employeurs et des salariés.
De gauche à droite: Jimmy Djabali, Alexandre Tzonis, Amélie Vanessche, Alexander Craker, Julien Bachmann, Aghiles Bettouche, David Saradini, Sidar Sahin, Mahine Misselbrook.
LiftPublicité
Simplifier et rééquilibrer le marché du travail en Suisse: c’est l’ambition du serial entrepreneur lausannois Alexandre Tzonis, qui lance sa nouvelle plateforme numérique, Lift. Fruit de plusieurs années de consultations auprès de syndicats, d’associations patronales, d’employeurs et d’employés, l’application centralise toutes les obligations légales, contractuelles et administratives liées à l’emploi, tout en offrant une vision claire et personnalisée du parcours professionnel.
«La plupart des gens se sentent perdus face aux assurances sociales, souligne Alexandre Tzonis. Le monde du travail a profondément changé: les entreprises sont plus flexibles et les parcours professionnels plus mouvants.» Lift se veut un outil facilitateur, simplifiant les interactions et les transactions entre toutes les parties prenantes.
Pour les employeurs, la plateforme permet de générer, de vérifier et de valider des contrats conformes et d’automatiser la gestion du payroll. Pour les salariés, Lift aide à comprendre leurs droits et obligations, à gérer contrats, paie, congés, assurances sociales, impôts à la source (si nécessaire) et certificats de travail, tout en offrant un suivi complet de leur carrière. Déjà adoptée par plusieurs entreprises et organisations telles que le Centre Patronal, Groupe Mutuel, QoQa, SushiZen ou la Suva, la société a levé 2,5 millions de francs et emploie sept collaborateurs, dont trois ingénieurs, un designer, une spécialiste RH et un growth manager.
Lift se distingue des plateformes de gestion de salaires classiques par sa capacité à suivre le salarié dans ses revenus, un enjeu majeur à l’heure où les situations professionnelles sont de plus en plus diversifiées. La Suisse compte 5,3 millions de travailleurs, dont 1,3 million en emploi variable, selon le Seco. Ces travailleurs flexibles (travail à la demande, emplois multiples, intérim, CDD, temps partiel) constituent le cœur de cible initial de la start-up.
«Grâce à notre outil, il suffit de trois minutes pour engager une personne», assure Alexandre Tzonis. Employeur et salarié s’inscrivent sur la plateforme, qui prend ensuite en charge l’ensemble du parcours, depuis la signature du contrat jusqu’au paiement des salaires, en intégrant tous les aspects légaux.
Dans ces domaines sensibles que sont la paie et la protection sociale, la confiance est essentielle, tout comme la capacité à se démarquer sur un marché saturé d’offres technologiques. «Nos processus, optimisés notamment grâce à l’IA, visent à réduire les coûts tout en améliorant la protection des parties prenantes», précise l’entrepreneur. En ce qui concerne les tarifs, ils sont compris entre 9 et 19 francs par fiche de paie mensuelle, facturés à l’employeur.
Publicité
A noter que Lift ne remplace pas une fiduciaire classique: «Nous ne faisons pas de déclarations fiscales. Notre approche part de l’employé et éclaire uniquement son écosystème salarial», explique Alexandre Tzonis. Externaliser cette gestion permet aux employés de concentrer leurs revenus sur une seule fiche de salaire, de cotiser là où ils ne pouvaient pas avant et d’obtenir de meilleures conditions d’assurance ou de prévoyance. «Un demi-point sur 44 ans pour la prévoyance, c’est énorme. Pourquoi les petits employés et les petites structures n’y auraient-ils pas droit?» ajoute l’entrepreneur, qui a notamment cofondé, à la fin des années 1990, Lysis Limited, une plateforme de distribution de contenus numériques, vendue à Kudelski et ayant réuni plus de 250 employés, ainsi que des filiales au Royaume-Uni, en Asie et aux Etats-Unis.
Alors que les nouvelles générations accordent une importance croissante à l’équilibre entre travail et vie privée, la flexibilité continuera de se développer dans les années à venir. Et la start-up lausannoise entend veiller à ce que celle-ci rime avec sécurité et équité, et non précarité.
Publicité