Les défis d’une installation en Thaïlande
L’entreprise fribourgeoise Polytype, spécialisée dans les machines d’impression, emploie 800 personnes dans sa succursale thaïlandaise. «Nous sommes très contents de la conclusion de l’accord de libre-échange. Cela permettra d’économiser de l’argent, mais aussi de la paperasse administrative pour tout notre matériel circulant entre la Thaïlande et la Suisse.» Julien Bianchi, est le directeur de l’entreprise fribourgeoise Polytype, qui produit dans son usine thaïlandaise ouverte il y a quinze ans une partie de ses machines d’impression et de décoration pour emballages en plastique (tubes de dentifrice, yogourts, gobelets, etc.). Polytype emploie environ 200 personnes sur son site de Fribourg et 800 dans cette succursale située à 60 km de Bangkok. «Nous y fabriquons certaines machines en entier, à destination principalement du marché asiatique, ainsi que des périphériques simples pour celles produites à Fribourg, qui ont une plus grande valeur ajoutée.»
Il y a quinze ans, les sociétés suisses faisaient plutôt le choix de l’Europe de l’Est ou de la Chine que de la Thaïlande. «Des connexions historiques nous ont poussés à nous intéresser à ce pays et nous en tirons désormais un très bon bilan. Les ouvriers comme les techniciens thaïlandais sont bien formés. Ils sont motivés à voyager dans les pays de la région comme l’Inde ou l’Indonésie pour intervenir chez nos clients. Le coût de la main-d’œuvre est moindre que dans certaines régions chinoises, même si l’on propose de bons salaires selon les standards thaïlandais. Il est relativement aisé de convaincre des collaborateurs européens de s’y expatrier quelques années. En quinze ans, le réseau local de fournisseurs s’est par ailleurs bien développé. Surtout, le pays jouit d’une position géographique centrale, de vols directs internationaux et d’une bonne stabilité politique.» Le CEO note aussi que le royaume profite de mesures de libre-échange avec plusieurs pays d’Asie comme l’Inde. «Cette antenne pourrait également se révéler utile ces prochains mois si l’Europe et la Suisse se voyaient appliquer de fortes taxes douanières de la part des Etats-Unis et pas la Thaïlande. Les USA représentent la moitié de notre chiffre d’affaires.»
Faire des affaires en Thaïlande n’est pas pour autant dénué de défis. Il est important d’établir des relations personnelles et de se rendre sur place. Julien Bianchi note aussi que la maîtrise de l’anglais est limitée dans l’industrie. «Il est utile d’avoir des collaborateurs européens sur place qui parlent un peu la langue et connaissent la culture pour être sûr de bien se faire comprendre. De plus, nous pensions il y a quinze ans réaliser la conception de nos machines destinées au marché asiatique sur place, mais nous nous sommes vite rendu compte que c’était trop complexe et que nous préférions garder en Suisse l’ingénierie. C’était plus facile ainsi d’assurer une qualité suisse à nos produits.»