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Technologie

DePoly passe à l'échelle industrielle avec son usine pilote de recyclage du PET

La start-up valaisanne DePoly a inauguré à Monthey sa première usine de démonstration, une étape clé avant la commercialisation de sa technologie de recyclage chimique du PET. L'entreprise veut transformer des déchets plastiques et textiles en matières premières de qualité vierge, sans perte de performance.

William Türler

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La start-up valaisanne DePoly franchit une nouvelle étape avec l'inauguration, à Monthey, de sa première usine de démonstration. Christophe Voisin

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La start-up valaisanne DePoly franchit une nouvelle étape dans son développement avec l'inauguration, à Monthey, de son Showcase Plant, sa première usine de démonstration. Fondé en 2020 à Sion, le spin-off de l'EPFL y validera sa technologie de recyclage chimique du PET à l'échelle industrielle.
Contrairement au recyclage mécanique, qui dégrade progressivement les propriétés du plastique, le procédé développé par DePoly décompose le PET en ses composants moléculaires d'origine. Ces derniers peuvent ensuite être réutilisés pour fabriquer un nouveau plastique de qualité équivalente à une matière vierge. La technologie permet également de traiter des déchets jusqu'ici difficiles à recycler, comme certains emballages alimentaires, textiles en polyester ou plastiques colorés et contaminés.

500 tonnes de déchets par an avant le passage à grande échelle

Implantée sur le site industriel de CIMO à Monthey, cette installation représente un investissement important et a permis la création de douze emplois directs. Sa capacité atteint environ 500 tonnes de déchets par an. Au-delà de la production, elle servira à optimiser le procédé, qualifier les matériaux auprès des clients industriels et préparer la première usine commerciale de l'entreprise, dont la capacité visée est de 50 000 tonnes par an.

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Pour DePoly, l'enjeu dépasse le seul recyclage. En réinjectant des déchets plastiques dans les chaînes de production sous forme de matières premières de haute qualité, l'entreprise entend réduire la dépendance aux ressources fossiles et renforcer la sécurité d'approvisionnement de secteurs tels que l'emballage, le textile, l'automobile ou l'électronique.
La jeune pousse affirme déjà disposer de 50 millions de francs de volumes clients contractualisés. Elle prévoit d'annoncer début 2027 le lieu d'implantation de sa première usine commerciale, avant un déploiement à l'international.

Le défi n'est plus de démontrer que la technologie fonctionne

Pour Samantha Anderson, CEO et cofondatrice de DePoly, l'ouverture de cette usine marque un changement de dimension pour l'entreprise. «Le principal défi n'est plus de démontrer que la technologie fonctionne, explique-t-elle. Avec notre Showcase Plant, nous franchissons une étape décisive: nous validons notre technologie dans un environnement industriel.»
Cette nouvelle installation doit également permettre de préparer la suite du développement. «La prochaine étape consiste à répliquer ce modèle à l'échelle commerciale. Cela implique l'ingénierie et la construction d'une première usine de grande capacité, mais le véritable enjeu est plus large: sécuriser les flux de déchets, accompagner les clients dans leur transition vers des matières premières circulaires et construire les partenariats industriels qui permettront de déployer cette technologie à l'international», poursuit-elle.

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Le passage de 500 à 50 000 tonnes annuelles ne relève donc pas uniquement d'un enjeu technique. «C'est autant un défi d'exécution industrielle et de collaboration qu'un défi technologique. C'est précisément le rôle du Showcase Plant: réduire les risques avant le passage à l'échelle commerciale.»

Une technologie qui vise les déchets PET difficiles à recycler

Le recyclage chimique fait toutefois face à un chantier de taille: démontrer sa pertinence économique et environnementale face aux filières existantes. Samantha Anderson estime que l'approche de DePoly se distingue notamment par ses conditions opératoires. «Contrairement à de nombreuses technologies de recyclage chimique, nous travaillons dans des conditions beaucoup plus douces, avec des températures plus basses et sans recourir à des procédés particulièrement énergivores», souligne-t-elle.
Autre avantage mis en avant par l'entreprise: la qualité des matières récupérées. «Nous revenons aux molécules d'origine du plastique, le PTA et le MEG, qui peuvent ensuite être réutilisées pour fabriquer de nouveaux matériaux aux performances équivalentes à celles de matières premières vierges», explique-t-elle.
La technologie permet aussi de s'attaquer à des déchets aujourd'hui peu valorisés. «Notre procédé permet de recycler des flux complexes, colorés ou difficiles à traiter par le recyclage mécanique. C'est ce qui permet d'élargir considérablement le gisement de matières circulaires disponibles», ajoute Samantha Anderson.

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Selon l'entreprise, l'analyse de cycle de vie réalisée sur les produits issus du Showcase Plant montre une réduction pouvant atteindre 75% des émissions de CO₂ par rapport à la production de PTA vierge. «Nos clients ne recherchent pas uniquement une solution de recyclage. Ils recherchent une matière première circulaire, de qualité vierge, capable de s'intégrer dans leurs procédés existants», conclut la CEO.
A propos des auteurs
William Türler
William Türler
William Türler s’intéresse à tout ce qui façonne le monde des affaires. Après avoir collaboré avec plusieurs médias romands, il écrit aujourd’hui pour PME, où il couvre la tech, l’innovation et les grandes tendances économiques. Il aime raconter les histoires derrière les projets et les idées.

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