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Hublot, maîtresse de l’art de la fusion

La marque horlogère revient en force avec la Big Bang. Des cadrans aux bracelets, tout a été repensé pour allier élégance et modernité. Les mouvements maison traduisent une véritable maturité technique. Et, fidèle à son ADN, le sport continue d’inspirer ses nouvelles créations.

William Türler

Après une première collaboration en 2024, Hublot lance de nouveaux modèles pour célébrer la carrière de Novak Djokovic.
Après une première collaboration en 2024, Hublot lance une nouvelle série pour célébrer la carrière de Novak Djokovic. DR

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À la LVMH Watch Week 2026, organisée en janvier à Milan, Hublot est venue rappeler pourquoi la maison établie à Nyon (VD) occupe une place à part dans le paysage horloger. Disruptrice depuis ses débuts, lorsqu’elle ose, en 1980, marier l’or et le caoutchouc dans un même garde-temps, la marque n’a cessé depuis de cultiver cet «Art de la fusion» devenu sa signature. Avec la Big Bang lancée en 2005, récompensée dès sa naissance au Grand Prix d’Horlogerie de Genève, Hublot a imposé une esthétique et une attitude: riche en contrastes, audacieuse, résolument contemporaine.
Aujourd’hui, cet esprit avant-gardiste s’exprime autant dans ses mouvements de manufacture - Unico, Meca-10, tourbillon - que dans une vision du luxe qui déborde largement du cadran, entre partenariats sportifs, univers culturels et communauté de passionnés. Une légitimité désormais bien ancrée, construite à force de bousculer les codes. «Nous n’avons pas grand chose à envier à beaucoup d’autres maisons qui ont parfois des centaines d’années d’histoire», souligne le CEO Julien Tornare, qui rappelle qu’au début des années 2000, peu de marques développaient réellement leurs mouvements en interne.

Rattrapage horloger

En seulement quelques années, Hublot a ainsi opéré un rattrapage horloger impressionnant. La famille Big Bang, qui a célébré ses vingt ans l’an dernier, entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. L’idée, cette année, est de proposer des pièces de gamme, en faisant converger le design imaginé par Jean-Claude Biver en 2005 avec les technologies développées depuis en interne, notamment autour du mouvement maison Unico. Les proportions ont également été retravaillées, pour offrir une silhouette plus élégante et plus facile à porter.

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Le cadran, notamment, a été revisité. À l’époque, il puisait dans l’univers du sport, avec un effet carbone évoquant les damiers que l’on retrouve dans les courses automobiles. Il a aujourd’hui été retravaillé pour gagner en volume, avec un rendu plus contemporain et satiné. Les index en Super-LumiNova ont également été traités, renforçant encore l’identité sportive de la pièce.
Les compteurs du chronographe comme la petite seconde ont été cerclés, afin de renforcer leur lisibilité. La lunette cannelée, signature du modèle, a été conservée, tout comme le bracelet en caoutchouc, retravaillé pour accompagner cette évolution. Le bouton poussoir rectangulaire demeure, avec ses inserts en caoutchouc, fidèle à l’ADN de la Big Bang. Au dos, la masse oscillante a été ajourée pour mettre en valeur le mouvement Unico et son chronographe flyback intégré. «Le but est de rajeunir un éternel contemporain, qui est la première montre iconique d’Hublot du XXIe siècle», souligne Charlotte Migeon, responsable du marketing produit.
Plusieurs versions sont proposées: titane, titane-céramique, all black, ainsi qu’une King Gold, avec des prix allant d’environ 17 000 à 33 000 francs, soit dans la fourchette habituelle de la famille Big Bang. «Ce qui est intéressant avec le noir, c’est qu’en fonction du niveau de finition, on peut jouer sur certains détails: satin vertical, angles polis pour faire jaillir la lumière et mettre en valeur un élément de la boîte», explique Charlotte Migeon. Le microbillage, lui, apporte un rendu mat, légèrement plus urbain.

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En résumé, une multitude de petits détails confèrent plus de caractère à la montre, tout en la rendant facile à porter - l’essence même d’une marque comme Hublot, dont les pièces ne sont pas faites pour dormir dans un coffre. L’or a été retravaillé pour offrir une teinte plus chaleureuse et résister à la corrosion: il ne se patinera pas avec le temps, mais restera stable et éclatant.

Approche plus minimaliste

Hublot est connue pour ses couleurs vives - jaune, rouge, vert. Mais ces dernières années, la tendance est au «low luxury», avec des montres élégantes et faciles à porter. C’est dans cet esprit que la marque a introduit, parmi ses nouveaux modèles, un bleu proche du denim, parfait pour un style plus casual. Elle innove également avec un vert inédit. «Le vert est aujourd’hui omniprésent en horlogerie, explique Charlotte Migeon. Nous voulions proposer un vert un peu bétonné, saturé et gris.»
Aux côtés de la famille Big Bang, Hublot compte deux autres grandes collections. La Classic Fusion adopte une approche plus minimaliste et contemporaine, avec des courbes plus galbées et un style chic à l’italienne. En termes de volumes, c’est la collection la plus importante de la marque. À noter que les nouveautés (en général) représentent environ 30% des ventes, et que les équipes peuvent lancer un nouveau produit en moins de quatre mois.

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De leur côté, les Exceptional Timepieces incarnent la mécanique horlogère dans sa plus pure expression. Le design et les matériaux y sont poussés encore plus loin. Les modèles féminins, souvent sertis de diamants, mettent en valeur les volumes et se déclinent en boîtiers ronds ou tonneau. Il convient de souligner que tous les modèles automatiques chez Hublot sont équipés d’un fond saphir, permettant d’admirer le mouvement.

Une montre à 56 grammes

Après une première édition en 2024 avec un mouvement Unico, créée en partenariat avec Novak Djokovic, ambassadeur de la marque depuis plusieurs années, Hublot lance de nouveaux modèles pour célébrer la carrière du joueur serbe. L’idée? Une montre pour chacune de ses 101 victoires sur le circuit ATP, déclinée en trois couleurs: orange pour les victoires sur terre battue (21), vert pour le gazon (8) et bleu pour les surfaces dures (72). Toutes les pièces sont proposées au même prix, 100 000 francs. «Nous voulions célébrer toutes ses victoires, et pas uniquement celles en Grand Chelem», souligne Julien Tornare. Sur ce terrain, Djokovic reste incontestablement en tête avec 24 titres majeurs.
La boîte en composite aluminium est extrêmement légère, tout comme le mouvement tourbillon automatique, entièrement squeletté pour réduire le poids. Développé en interne, le micro-rotor est visible à 12 heures. « Au final, la montre pèse à peine 56 grammes, soit moins qu’une balle de tennis », souligne Charlotte Migeon. Dans le même esprit, de nombreux éléments ont été réalisés en saphir, du cadran au tourbillon, afin de maintenir cette impression de légèreté.

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Le joueur, qui a de la famille à Genève, passe de temps en temps saluer la manufacture de Nyon, où les 500 employés s’apprêtent à déménager dans un bâtiment flambant neuf, plus spacieux, construit juste à côté. Il a également participé activement au design de ces nouvelles montres, à l’instar des autres ambassadeurs sportifs d’Hublot.
En somme, une belle mécanique horlogère, pensée dans un esprit résolument contemporain. Fait amusant: les célèbres vis en «H», traditionnellement non alignées, ont été remplacées par de petites balles de tennis, que l’on retrouve sur toutes les vis fonctionnelles. Au fur et à mesure que le barillet se décharge, une balle de tennis apparaît également. Les couleurs se révèlent particulièrement sur le boîtier de 44 mm, réalisé dans un composite inédit, développé par Hublot à partir de raquettes Head et de polos Lacoste. Autre clin d’œil: les bracelets blancs en cuir, assez épais, s’inspirent des grips traditionnels des raquettes de tennis.
« Novak nous a indiqué qu’il souhaitait continuer à jouer au moins jusqu’aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, poursuit Charlotte Migeon. Nous avons donc décidé de reproduire des montres en fonction de ses potentielles nouvelles victoires, créant ainsi un petit jeu ludique avec les clients inscrits sur liste d’attente. »

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Les solutions pour alléger la montre ont été poussées à l’extrême. La plaque inférieure du mouvement a été entièrement squelettée, avec un travail de visualisation 3D créant un effet de cordage que l’on peut observer à la loupe. Les cordes ne sont volontairement pas alignées, pour rester au plus proche d’une véritable raquette de tennis. Et, bien sûr, le logo du joueur, DJ, est également visible au dos, intégré dans le cordage.

2000 G au point de frappe

Verra-t-on le joueur, qui a déjà acquis plusieurs modèles pour les membres de sa garde rapprochée, porter l’une de ses montres lors d’un match? C’est peu probable. «Pas parce que nos montres ne le permettraient pas, mais pour des raisons de confort de jeu», précise Charlotte Migeon. On raconte d’ailleurs que certains joueurs ont déjà porté de faux modèles pendant les matchs, pour les remplacer par les vrais lors des cérémonies de remise des coupes.
Il va de soi qu’il n’est pas recommandé de jouer avec un tourbillon au poignet, surtout à l’intensité du circuit professionnel. Cela n’a pas empêché les équipes d’Hublot de réaliser les tests nécessaires. Il en ressort qu’un service à 210 km/h génère environ 2000 G au point de frappe, mais que, grâce à l’amortissement du bras et de la raquette, l’accélération ressentie au poignet du joueur descend à environ 20 G. Ces modèles sont testés jusqu’à 550 G, laissant ainsi une marge confortable pour les prochaines générations de joueurs qui parviendraient à augmenter, encore, l’intensité du jeu.

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Samuel Ross revisite la Big Bang de Hublot

Parmi les nouveautés figure une montre réalisée avec le designer britannique Samuel Ross. Limitée à 200 exemplaires, elle présente un habillage monochrome en céramique et un bracelet en caoutchouc avec un motif en nid d’abeille nouvellement développé. Elle propose un boîtier de 42 mm en céramique noire polie et satinée qui reflète la géométrie et la construction modulaire de la ligne Big Bang.
Ce modèle est imité à 200 exemplaires.
Ce modèle est imité à 200 exemplaires.DR
Ce modèle est imité à 200 exemplaires.
Ce modèle est imité à 200 exemplaires.DR

L’Art de la fusion

Depuis 1980, Hublot ose combiner or et caoutchouc, donnant naissance à son célèbre «Art de la Fusion». Avec le lancement de la Big Bang en 2005, la maison impose une esthétique audacieuse, riche en contrastes et en volumes. Aujourd’hui, cet esprit se retrouve dans ses mouvements Unico, Meca-10 ou tourbillon, ainsi que dans ses collaborations sportives et culturelles, démontrant que la légitimité horlogère s’acquiert en bousculant les codes.

Djokovic et ses 101 victoires

Hublot célèbre chaque victoire de Novak Djokovic avec une montre exclusive: orange pour la terre battue, vert pour le gazon, bleu pour les surfaces dures. Boîte légère en composite aluminium, tourbillon squeletté, micro-rotor visible et bracelets inspirés des grips de raquette. Au final, chaque pièce ne pèse que 56 g, plus légère qu’une balle de tennis, tout en rendant hommage à la carrière du champion serbe.

Du design au poignet

Les nouveaux modèles Big Bang combinent élégance et modernité: cadrans satinés, index SuperLuminova, compteurs cerclés, lunette cannelée et bracelet retravaillé. Les matériaux et finitions - titane, céramique, or - apportent légèreté et confort. La mécanique résiste à 550 G, alors qu’un service à 210 km/h génère 2000 G à la frappe mais seulement 20 G au poignet, assurant robustesse et portabilité.
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