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« L’enjeu climatique est essentiel en termes économiques »
Les placements durables (ESG) jouent un rôle croissant et gagnent en importance, comme l’a relevé le mois dernier sur ce même blog Gérald Mayoraz, qui conduit le département de gestion des capitaux du Groupe Mutuel. Episode 2 cette semaine, toujours avec Gérald Mayoraz, qui souligne l’importance de l’enjeu climatique en termes économiques et la situation paradoxale d’un monde où l’économie va plutôt bien mais où les incertitudes géopolitiques sont légion.
Groupe Mutuel : L’enjeu climatique constitue désormais un élément essentiel de la réussite économique ?
Gérald Mayoraz : Incontestablement. L’approche d’entreprises émettrices de CO2 a été prise en compte dans la qualité de la note ESG des portefeuilles. C’est ainsi que l’on distingue les entreprises à fortes émissions de CO2 qui ont une intention claire de transition par rapport à celles qui n’en ont pas. Plutôt que de simplement vendre une entreprise émettrice de CO2, nous allons analyser ses intentions et voir si l’entreprise possède un plan de désinvestissement des énergies fossiles ou d’amélioration de son business modèle en termes d’émissions. Ce suivi s’effectue sur le moyen terme et en cas d’évolution en divergence avec les intentions annoncées, l’entreprise est alors vendue.Cette manière de procéder est donc à la fois globale et très détaillée ?
Oui. Notre charte chapeaute les critères définis par le conseil de fondation, mais nous donnons ensuite au gestionnaire de fortune les moyens d’implémenter cette charte de manière intelligente et qui lui permette de suivre au plus près le portefeuille dont il a la responsabilité.

Nous avons évoqué ici les composantes environnementales et liées à la transition énergétique. Mais qu’en est-il du tableau d’ensemble lui-même, du point de vue économique ou macro-économique?
La situation est plutôt bonne, même si elle est aussi paradoxale. Les taux de chômage sont relativement bas, la consommation est plutôt soutenue, les taux d’intérêt ont stoppé leur progression, certaines banques centrales ayant d’ailleurs déjà entamé des baisses, y compris en Suisse en mars et en juin. Même si ce n’est pas encore le cas aux Etats-Unis où l’économie se comporte mieux qu’attendu, la banque fédérale américaine devrait suivre cet été. Les rendements obligataires sont corrects, de même que les progressions bénéficiaires des entreprises.L’année 2022 a été très difficile et là nous sommes vraiment en train d’en sortir ?
L’année 2023 a été bonne avec une performance de 5%, qui nous positionne bien par rapport au reste du marché. 2024, du moins pour l’instant, continue sur la lancée. Je disais que ce constat est assez paradoxal puisque, en même temps, le niveau d’incertitude géopolitique a rarement été aussi élevé. « Acheter au son du canon, vendre au son du violon », dit-on. Notre stratégie de placements est solide, diversifiée, ce qui nous permet d’investir à la fois dans des actifs comme l’infrastructure, les placements à impact comme la micro-finance, ainsi qu’en private equity afin de trouver des entreprises qui sont impactantes au niveau de la transition énergétique. Dans le même temps, nous réussissons à obtenir un rendement de qualité sur les actifs plus traditionnels.Comment expliquer cet écart entre d’un côté la géopolitique et les incertitudes liées à l’Ukraine et au Moyen-Orient notamment, et de l’autre une situation économique mondiale plutôt bonne ? Notamment par rapport à l'armement?
Ces 25 dernières années, les demandes d’investissement en matière d’armement ont été très faibles en Europe. Aujourd’hui, l’industrie d’armement européenne, en reconstruction, n’est pas significative en termes d’emploi et de bénéfice global. L’innovation, la résilience et l’agilité des entreprises, la modification du cadre de travail ainsi que l’utilisation des nouvelles technologies sont beaucoup plus impactantes sur l’économie qu’une course aux armements.
