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Gestion des crises énergétiques: se préparer à l’imprévisible

Inondations, vents, éboulements, tremblements de terre, mais aussi cyberattaques, autant de menaces qui pourraient bouleverser notre approvisionnement énergétique. Fin 2024, le Château de Morges leur a dédié une exposition intitulée «Y a le feu au lac!», rappelant qu’il est impossible de tout éviter, mais que l’on peut réduire les risques grâce à deux principes fondamentaux: gouvernance et anticipation.

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Questions d'énergie | Romande Energie

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qdwqdwqefw iStock

L'essentiel en 3 points:

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Julie Masson
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Julie Masson

Monsieur Froidevaux, comment le Canton se prépare-t-il à des risques imprévisibles, notamment en matière énergétique?

Quand on parle de gestion des risques, il faut distinguer trois axes principaux. D’abord, celui qui vise à limiter la survenance du risque via des mesures de prévention techniques, physiques ou organisationnelles, ensuite la réduction de l’impact des risques sur la société, les infrastructures ou le patrimoine et enfin la préparation des mesures qui permettront de gérer les crises lorsqu’elles surviennent, afin de revenir à la normale le plus rapidement possible. Dans le cas d’une pénurie énergétique, le Canton a peu de pouvoir pour diminuer la probabilité d’occurrence, car cela dépend de contextes externes. Nous nous concentrons donc sur la limitation des impacts et sur la capacité de réponse en cas de crise. Pour d’autres types de risques, comme les dangers naturels, nous avons davantage de leviers. Par exemple, nous investissons dans des ouvrages de protection – murs anti-éboulements, systèmes de rétention d’eau, etc.

Que peut faire la population pour se préparer à une pénurie énergétique?

La responsabilité première de l’approvisionnement énergétique incombe surtout aux autorités, pas à la population. Mais chaque citoyen peut jouer un rôle, d’abord en réduisant sa consommation personnelle, domestique, mais aussi en se dotant de moyens pour limiter l’impact d’une crise, autrement formulé : en augmentant sa propre résilience. Cela peut paraître anachronique, mais disposer d’une radio à piles, constituer des réserves d’aliments et de boissons, ou prévoir des médicaments de réserve en cas de traitement régulier sont des gestes simples et essentiels. Nous vivons dans une société où, heureusement, nous avons été relativement épargnés par les grandes crises. Mais cela signifie aussi que nous sommes peu sensibilisés à la fragilité de notre système. Être prêt à gérer quelques jours sans aide extérieure est une manière de renforcer sa propre résilience.

Qu’avez-vous appris de la crise énergétique de l’année passée, liée au conflit ukrainien?

La situation de l’année dernière nous a conduit à mettre en œuvre le plan de continuité de l’État (PCA), et donc à identifier les prestations critiques à maintenir à tout prix : par exemple, les ambulances, l’approvisionnement en carburant des véhicules de secours, ou encore l’approvisionnement en énergie des systèmes informatiques essentiels. Cela nous a permis de mettre en place des solutions de secours et d’améliorer la résilience de l’État face à un risque de pénurie. Mais il faut aussi accepter une réalité : le risque fait partie de la vie. On ne peut pas tout prévoir.

Quels risques sont prioritaires pour le Canton aujourd’hui?

L’approvisionnement énergétique reste une grande préoccupation (inclus en gaz), notamment en hiver. Nous dépendons fortement du parc nucléaire français pour ce qui est de notre approvisionnement électrique, lequel rencontre des difficultés dans la maintenance de ses infrastructures. C’est un rappel que l’énergie ne fait pas partie des domaines où la Suisse est souveraine, ce qui est une réelle question. Nous surveillons également de près le risque de cyberattaques, qui prend de l’ampleur. Une attaque contre un fournisseur d’énergie pourrait avoir des effets en cascade, privant la population d’électricité. Les dangers naturels restent également une priorité. Nous constatons une intensité croissante des phénomènes climatiques. Par exemple, la crue centennale de la Morges était calculée à 36 m³/seconde ; or, l’été passé, elle a atteint 47 m³/seconde, provoquant des débordements inattendus. Personne n’avait prévu cela, car l’amplitude des phénomènes climatiques ne fait pas – encore – partie des scénarios de référence. Nous devons repenser nos modèles pour intégrer cette nouvelle réalité. Enfin, une autre catégorie qui nous a profondément marquée est liée aux risques pandémiques.
En même temps il faut être prudent, car trop de planification tue la planification. Vouloir tout prévoir peut étouffer l’initiative et la créativité des équipes au moment de gérer une crise, qui n’est jamais 100% conforme aux prévisions. Il faut garder une certaine créativité, une souplesse et une fraîcheur intellectuelle pour s’adapter à l’inattendu. C’est là que le génie humain des responsables en charge de la gestion de crise doit se manifester.

Disclaimer

Energéticien de référence et premier fournisseur d'électricité en Suisse romande, Romande Energie propose de nombreuses solutions durables dans des domaines aussi variés que la distribution d’électricité, la production d’énergies renouvelables, les services énergétiques, l’efficience énergétique, ainsi que la mobilité électrique.

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