"Le monde économique et financier suisse peut se targuer d'une année fructueuse en matière d'IPO", explique Tobias Meyer d'EY Suisse, cité dans le dernier baromètre IPO du cabinet de conseil publié mardi.

Le volume d'émission généré par les treize entrées en Bourse d'entreprises suisses en 2021 équivaut à 3,7 milliards de francs, dix fois plus que l'année précédente. Sur les huit IPO réalisées à l'étranger, cinq l'ont été sur la plateforme technologique américaine Nasdaq.

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Les cinq sociétés ayant opté pour une IPO en Suisse sont PolyPeptide (848 millions de francs), Montana Aerospace (506 millions), Medmix (ex-division de Sulzer, 315 millions), Skan Group (anciennement BV-Holding, 270 millions) et Kursaal Berne (15 millions). S'y ajoute VT5, la première société d'acquisition à vocation spécifique (Spac) qui vient d'annoncer avoir levé 198 millions de francs sur SIX.

Le fabricant de chaussures On en tête

"Il est certainement frappant de constater que certaines entreprises suisses du secteur des sciences de la vie se sont fait coter cette année à l'étranger, où le capital-risque est parfois plus disponible qu'en Suisse", observe M. Meyer. Ainsi, Sophia Genetics a généré 243 millions de dollars, VectivBio 147 millions, Molecular Partners 64 millions et NLS Pharmaceutics 23 millions.

Les plus gros volumes en revanche sont ceux du fabricant de chaussures On (858 millions de dollars) et de l'agrégateur de données sportives Sportradar (513 millions). "Au total, en 2021, la Suisse sera le cinquième pays où les entreprises nationales feront le plus d'IPO sur une place boursière étrangère", derrière la Chine, Israël, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

Année de tous les records

A l'échelle du globe, 2388 nouvelles entrées en Bourse ont été recensées depuis le début de l'année, en hausse de près de deux tiers (+64%) par rapport à 2020, pour un volume d'émission totalisant 453 milliards de dollars (+67%), signale EY. La dynamique semble cependant s'essouffler à l'approche de la fin de l'année, seules 621 entreprises ayant franchi le pas au dernier trimestre, en progression de seulement 16% en rythme annuel.

Sur l'ensemble de l'année, la Chine - y compris Hong Kong - a une nouvelle fois enregistré le plus grand nombre d'opérations (593, +11%), alors qu'avec une activité plus que doublée à 485, l'Europe rafle la deuxième position aux Etats-Unis (416, +86%). En termes de volumes, le pays de l'oncle Sam s'est offert la première place avec 155,7 milliards de dollars, devant l'Empire du milieu (122,8 milliards) et l'Europe (81,1 milliards).

2022 s'annonce un bon cru

Dans son étude, EY relève que les entreprises du secteur technologique sont celles qui ont le plus suscité l'appétit des investisseurs, avec 611 IPO pour un total de 147 milliards de dollars. Le boom technologique a été dopé par la crise sanitaire: "la transformation digitale de l'économie a reçu un énorme coup de pouce grâce à cette pandémie", souligne Tobias Meyer.

Selon l'expert IPO d'EY Suisse, 2022 devrait être un nouveau bon millésime pour les nouvelles cotations, à la faveur notamment de la faiblesse persistante des taux et du niveau élevé de liquidités sur le marché, ainsi que de l'engouement des détenteurs de capitaux pour les scissions de groupes ou les fusions avec des Spacs.