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Brian Hashemi (à d.), président de Novigenix, et Nicolas Demierre, COO, ont lancé un tour de financement de 10 millions de francs. © Stéphanie Liphardt

Novigenix veut développer le meilleur test sanguin du monde

La jeune pousse du Biopôle spécialisée dans la détection précoce du cancer colorectal vient de lancer une étude clinique.

Avec 1700 décès par année, soit près de cinq personnes chaque jour, le cancer du côlon est l’un des plus meurtriers en Suisse. Pour Novigenix, la détection précoce joue un rôle clé. «La maladie peut mettre une dizaine d’années avant que le patient n’en ressente les symptômes, explique Brian Hashemi, son président. Or, plus elle est décelée tôt, plus les chances de guérison sont élevées.» Aujourd’hui, moins de 40% de la population de 50 ans et plus effectue un dépistage du cancer du côlon. La jeune société, née en 2014 à la suite d’un management buy-out, entend bien élever cette proportion grâce à son test baptisé Colox.

Objectif: le remboursement par la LAMal

Commercialisé depuis trois ans, notamment via les laboratoires Unilabs et Dr Risch, ce test sanguin permet de déterminer la présence de lésions colorectales cancéreuses et précancéreuses via la mesure de la réponse immunitaire de l’hôte. «Une approche commode et efficace, qui peut facilement s’intégrer dans une routine médicale, et dont l’objectif est d’identifier les patients qui ont vraiment besoin d’une coloscopie», ajoute Nicolas Demierre, COO de Novigenix. A ce jour, 3500 tests Colox ont été effectués en Suisse au travers de 400 médecins.

Il reste toutefois encore du chemin à parcourir avant d’obtenir son remboursement par l’OFSP. Un objectif que Novigenix et sa dizaine de collaborateurs espèrent atteindre avec la deuxième génération de Colox, qui fait l’objet d’une nouvelle étude clinique menée auprès de 1600 personnes en bonne santé et souffrant du cancer colorectal. Les résultats devraient être connus d’ici à dix-huit à vingt-quatre mois. «Le séquençage haut débit du transcriptome des cellules immunitaires et l’intelligence artificielle offrent de nouvelles possibilités qui n’existaient pas il y a dix ans. Aujourd’hui, il est possible d’étudier 16 000 gènes», relève Brian Hashemi.

De quoi permettre à la jeune pousse du Biopôle d’Epalinges de «développer le meilleur test sanguin à l’échelon mondial, estime le président de Novigenix. Et d’appliquer dans le futur cette approche à la détection précoce d’autres cancers.» Côté chiffres, la société a lancé un tour de financement de 10 millions de francs auprès d’investisseurs. Quatre millions de francs ont été récoltés à ce jour. Novigenix entend lancer une IPO à l’horizon 2022.