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Le petit bovin de Trauffer Holzspielwaren a traversé le temps: la PME familiale est née en 1938. © A.Bretscher/Hangar Ent.Group

Une vache en bois à la conquête du monde

Les petites vaches sculptées à la main par une PME familiale bernoise s’illustrent désormais comme ambassadrices de la Suisse sur les réseaux sociaux.

«Notre petite vache en bois témoigne d’une histoire formidable», raconte Marc Trauffer, 39 ans, qui dirige l’entreprise Trauffer Holzspielwaren depuis 2008. Son père et son oncle avaient «raté» l’industrialisation de la PME, car l’argent manquait pour prendre le tournant de l’automatisation. «Cela s’est révélé être une chance pour nous. Car aujourd’hui, même des familles disposant d’un budget modeste achètent des jouets durables.»

La petite vache tachetée en bois, sculptée à la main, a traversé le temps: l’entreprise de l’Oberland bernois produit des jouets à Hofstetten (BE), près de Brienz, depuis 1938. Une prouesse dans un marché du jouet qui a connu d’innombrables bouleversements, de la révolution du plastique à la déferlante des jeux vidéo.

Marc Trauffer lui-même ne se destinait pas à rejoindre l’aventure familiale. Après une formation de maçon, c’est sur scène qu’il s’illustre, d’abord en tant que chanteur du groupe bernois Airbäg, puis en solo. Figure majeure de la scène Mundart (chant en dialecte bernois), son sixième album, Schnupf, Schnaps + Edelwyss, sorti au mois de février, est resté classé en première position des charts suisses durant six semaines!

Un demi-million de pièces chaque année

Faire du nom Trauffer une véritable marque a été une des premières impulsions données par le jeune homme à l’entreprise fondée par son grand-père. «Notre nom est synonyme de tradition et de ‘suissitude’, c’est notre principal argument de vente.» L’automatisation n’est plus d’actualité. La société se concentre sur la production de jouets faits à la main. Les figurines de l’entreprise sont produites en bois de tilleul suisse certifié FSC. L’entreprise compte aujourd’hui près de 400 références différentes dans son assortiment: des ânes aux éléphants, en passant par les fermes ou les tracteurs. Mais la petite vache, vendue une dizaine de francs pièce, reste le produit phare. Environ un demi-million de pièces sont sculptées chaque année.

Notre nom est synonyme de tradition et de ‘suissitude’.

Marc Trauffer, directeur de Trauffer Holzspielwaren

Trauffer Holzspielwaren emploie 72 salariés. Mais tous ne travaillent pas à plein temps. Plusieurs ouvrières peignent les figurines à leur domicile. Un processus de travail qui garantit à chaque pièce d’être unique. Les détaillants Coop, Migros et Manor figurent parmi les clients de l’entreprise. Le fabricant de jouets compte aussi plus de 800 clients de taille plus réduite, comme des kiosques. «Cela garantit notre indépendance», dit Marc Trauffe, qui ne communique pas d’autres chiffres concernant son entreprise.

En matière de promotion, la société mise sur la participation à des salons spécialisés, comme Ornaris à Zurich et à Berne, et une proximité avec sa clientèle. Pour les chemins de fer du Rigi, Trauffer Holzspielwaren a ainsi créé une immense vache, baptisée Rigina, qui, du haut de son mètre et demi et avec ses 750 kilos, accueille les touristes.

La mascotte Happy Lilly

La petite vache enflamme également les réseaux sociaux depuis que Présence Suisse a choisi un modèle en bois baptisé Happy Lilly comme mascotte en 2015. «C’est un objet culte pour les visiteurs de la Suisse, qui la découvrent dans la plupart des boutiques touristiques, constate Nicolas Bideau, directeur de l’organe de promotion de l’image de la Suisse à l’étranger. Elle est aussi symbolique pour plusieurs générations de Suisses, qui l’ont possédée comme jouet étant enfant. Happy Lilly bénéficie d’une image forte et populaire, on l’associe très vite à la Suisse.»

Le petit bovin dispose notamment de comptes Facebook et Twitter régulièrement alimentés avec ses dernières aventures: on peut y voir Happy Lilly assister à un match de Stan Wawrinka lors de l’US Open, faire un tour en bateau aux Philippines ou encore déguster des produits du terroir en Bulgarie. «Happy Lilly était pour nous une commande formidable, nous en sommes extrêmement fiers», dit Marc Trauffer, qui précise cependant que l’opération n’a pas eu d’impact majeur sur les ventes de son entreprise.