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Les trois enfants d’Elodie Raneri ont appris à se détacher des objets et voient les activités de leur maman comme un jeu. © S. Liphardt/PME Magazine

Dans sa maison, (presque) tout est à vendre

Elodie Raneri est la fondatrice de J’aime pas les dimanches. Un concept novateur en Suisse, qui permet de chiner des meubles et des décorations directement dans sa maison.

Il y a cinq ans, Elodie Raneri a lancé le site J’aime pas les dimanches. Le concept, encore méconnu en Suisse, est original: dans sa maison familiale à Colombier (NE), la quasi-totalité des meubles et des décorations sont à vendre. Les visites privées, la semaine ou le samedi, permettent aux amateurs de venir chiner leur pépite directement dans son salon. «En Suisse, cette manière de vendre n’est pas encore développée. Il y a dix ans, à Paris, j’avais vu un monsieur tenir une vitrine où il dormait le soir», se souvient la jeune entrepreneuse.

A l’entrée, une toile tendue sur mesure avec trois portraits de visages marqués par le temps. Devant nous, une immense pièce à vivre, avec chaises dépareillées, meubles vintage et tapis d’époque. La maison moderne, sombre et cubique, contraste subtilement avec son intérieur hétéroclite, mélange de meubles anciens et contemporains. Un antre familial où cohabitent avec harmonie objets d’art, papiers peints, béton, parquet et murs colorés.

«Maison show-room»

Elodie Raneri nous accueille dans la salle à manger où trône une imposante table en bois brut. Tout commence il y a sept ans, lorsqu’elle redessine l’intérieur de cette belle demeure du canton de Neuchâtel avec son mari, Gionatan. Deux ans plus tard, en 2015, elle crée Jaimepaslesdimanches.ch, portée par un fort bouche-à-oreille concernant son travail de décoratrice d’intérieur. Un nom qui traduit une partie de son identité: une femme directe et rigolote qui ne goûte guère la tiédeur d’un dimanche.

Au départ pourtant, la trentenaire née à Genève a d’abord suivi des études de communication. Puis elle s’est lancée dans la mode, en indépendante. L’idée d’une «maison show-room» pointait cependant déjà le bout de son nez: en faisant venir les gens chez elle, où elle mettait en vente des chaussures et des accessoires. «On me demandait souvent si tel meuble vintage était à vendre. Du coup, j’ai commencé à chiner pour les autres.» Pendant cinq ans, elle développe son activité, se rendant fréquemment à Emmaüs, à l’Armée du Salut, sur Brocki ou sur MarketPlace. «C’est là que ma passion pour l’ancien, héritée de mes parents qui m’emmenaient faire les brocantes, l’a emporté sur la mode.»

Partager ses coups de cœur

Sur trois étages, c’est donc la quasi-totalité des objets et meubles qui sont à vendre, à prix doux, afin de faire de la décoration chez soi un plaisir. Les montants sont fixés par l’artiste ayant réalisé l’œuvre, ou en fonction du prix d’achat, des kilomètres parcourus et de la valeur d’utilité du bien. Dans les chambres des enfants, il est par exemple possible d’acquérir un lit en rotin, un miroir antique ou un paravent ancien. Satya, 12 ans, Lou et Milo, 6 ans et demi, ont appris à se détacher des objets et voient les activités de leur maman comme un jeu.

Si 80% de ses acheteurs réservent en ligne – elle compte plus de 10 000 abonnés sur Instagram –, sa plus belle carte de visite reste sa maison, affirme-t-elle. Désormais, elle consacre environ 70% de son temps à sa microentreprise, dont l’essentiel du chiffre d’affaires (non dévoilé) provient des meubles. «C’est un métier de passion, on ne le fait pas par objectif financier. Ce qui me plaît, c’est de partager mes coups de cœur. Et mon premier job, c’est d’être maman.» Ce début d’année lui a d’ailleurs été propice, le confinement ayant donné aux Romands des envies de réaménager joliment leur chez-soi.