On parle beaucoup d’immobilier durable en Suisse romande depuis que la Confédération a émis son objectif climat 2050. La majorité des bâtisseurs et architectes ont désormais pour priorité de construire des bâtiments (professionnels ou de logements) avec une démarche durable. «Mais l’impact de la durabilité sur un bien suscite à ce jour beaucoup d’interrogations financières dans le domaine immobilier», relève pertinemment une étude de la société Acanthe, filiale du groupe Naef.

Ses experts ont dès lors décidé d’intégrer la notion de durabilité lors de l’évaluation d’un bien immobilier et de le comparer à un bien standard. Avec l’aide de plusieurs exemples de bâtiments romands, leurs conclusions sont encourageantes: il existe une valorisation potentielle de 7% pour une construction durable par rapport à une construction classique.

L’étude se penche sur des projets durables hors du commun. La tour des Cèdres en fait partie. Validée en 2014 par les habitants de Chavannes-près-Renens, le projet de construction était bloqué en raison d’importants désaccords entre les promoteurs. Il y a peu, ceux-ci ont enterré la hache. La tour de 117 mètre devrait accueillir 180 appartements et sera habillée de 80 arbres et de 3000 m2 d’arbustes, un véritable must écologique.

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Energies 100% renouvelables

Autre projet prévu, à Genève cette fois, le Green Village, au Grand-Saconnex, qui se composera de six bâtiments offrant une mixité d’affectations. La maîtrise des énergies et les enjeux environnementaux ont figuré au centre des préoccupations de la conception du projet. De ce fait, les bâtiments seront alimentés par des énergies 100% renouvelables. Le site, uniquement piéton, préservera la flore et la faune indigènes.

Dans le cadre industriel aussi, l’exemple du site Sortera, inauguré en 2019 sur la commune de Satigny (GE), est cité dans cette étude. Ses 20 000 m2 de surface permettent de trier annuellement 70 000 tonnes de déchets issus des industries, chantiers et entreprises de la région. Ce centre de tri atteint un taux de triage de 80%, contre 30% habituellement. Il possède par ailleurs un taux de valorisation/transformation supérieur à 70%, soit environ 25 000 tonnes de nouvelles matières premières créées par an.

Enfin, un dernier projet a été présenté à la mi-novembre, dans la même logique «futuriste». Malley Phare est actuellement soumis à l’enquête publique. D’une hauteur de 60 mètres, ce symbole architectural se veut un objet exemplaire du point de vue énergétique et socioculturel. «Première tour en structure bois de Suisse romande avec une façade active en photovoltaïque, Malley Phare prévoit l’extension de la partie ouest du centre commercial Malley Lumières avec une surélévation de 14 étages, innovante quant aux matériaux de construction et respectant la certification Site 2000 watts», est-il décrit.