L’inclusion de facteurs de risque non financiers comme les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) font aujourd’hui partie intégrante d’une stratégie globale de gestion des risques dans les banques.

Ainsi, les banques suisses semblent prendre de plus en plus en compte le facteur de durabilité durant leur processus d’investissement. Elles perçoivent un changement structurel et donc pas un effet de mode comme initialement pensé. La Suisse est relativement bien avancée dans l’Agenda 2030 et le domaine de l’ESG. Cette avance est bénéfique, car elle est accompagnée d’une prise en compte claire du principe de proportionnalité. En effet, il est également important de bien mesurer les coûts et les bénéfices d’une stratégie durable, au moins de manière estimée et provisoire.

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Il est important de noter que sans les fonds privés et institutionnels, en plus des fonds publics, la force de frappe de la stratégie sera fortement diminuée. Si l’Etat uniquement engage des ressources alors que les clients des institutions bancaires ne sont pas clairement enclins à participer, la stratégie se trouvera durement affectée. Souvent perçu comme une contrainte par les investisseurs avec le cliché des rendements bas dans le domaine de l’ESG, le vent semble aujourd’hui tourner et les performances sont également au rendez-vous.

Une nouvelle main-d’œuvre bancaire sera créée et formée (Swiss Cleantech Report 2017), permettant d’attirer massivement des capitaux, ce qui profitera au secteur financier suisse dans son entier. Les millennials et la génération Z, qui sont les gros investisseurs de demain, semblent y être très sensibles, les banques suisses ne peuvent donc pas se permettre de rater le virage ESG.

 

«En Suisse, les fonds ESG représentaient 52% du marché des fonds en 2020.»

 

C’est toute la place financière suisse qui cherche à devenir un centre d’investissement durable. Ainsi, la croissance des investissements durables en Suisse continue de manière encourageante. Les fonds ESG représentaient 52% du marché des fonds dans le pays en 2020, selon Swiss Sustainable Finance. Cette part s’élevait à 38% en 2019, 18% en 2018 et seulement 9% encore en 2017. En quatre ans, on s’aperçoit que ce changement est donc structurel et non pas seulement un effet de mode. Le covid n’a donc fait qu’accélérer cette transition.

Sur un plan plus international, l’Alliance mondiale pour l’investissement durable indique que les investissements responsables au niveau mondial ont atteint 35 300 milliards de dollars en 2020, augmentant de 15% au cours des deux dernières années et représentant environ un tiers du total des actifs sous gestion.

Dans cette mouvance, tout le monde veut trouver sa place, ce qui crée certains risques tels que le greenwashing, le marketing mensonger, mettant en exergue le manque de standards de reporting généraux dans le domaine. La Finma travaille sur le renforcement de la réglementation afin de prévenir l’écoblanchiment en présentant des propositions d’ici à la fin de l’année.

Les banques n’ont donc pas le choix et doivent consacrer de plus en plus de ressources pour faire face à l’augmentation des réglementations, notamment au niveau de la qualité des critères ESG ou de transparence. La traçabilité semble encore pauvre, selon divers rapports d’ONG. La provenance des capitaux ou encore les premières étapes de la chaîne de création de valeur et leur financement, qui affectent surtout l’étranger et représentent une grande proportion des capitaux/biens importés en Suisse, semblent encore être de qualité médiocre en moyenne.

Finalement, le défi des données ESG et de leur pertinence reste central. Les données sur la durabilité d’une entreprise peuvent être inexistantes ou divergentes selon les sources. L’intervention d’un tiers neutre dans la relation entre un établissement bancaire et son client permet de créer un terrain d’entente pour la discussion, d’établir un cadre de référence pour la communication, d’encourager la lisibilité et la comparabilité des informations. En s’appuyant sur une évaluation externe, les gestionnaires d’actifs démontrent plus solidement leur engagement en matière de transparence et de responsabilité.