Qu’est-ce qui est plus avantageux: acheter ou louer? Cette question centrale préoccupe des centaines de milliers de Suisses. Raiffeisen propose une réponse dans sa dernière étude immobilière: «Selon la région et le mode de financement, les coûts de la propriété sont jusqu’à un quart inférieurs à ceux de la location.» Acheter revient donc nettement moins cher.
Le problème, c’est que les prix des maisons ou des appartements en propriété restent très élevés. Et ils continuent d’augmenter: à la mi-2026, les maisons individuelles auront augmenté de 3,4% par rapport à l’année précédente et les appartements en propriété de 4,2%.
Ainsi, le nombre de ménages pouvant encore se permettre d’acheter leur propre logement diminue encore. Cela signifie que «même avec le soutien financier des générations précédentes, l’achat d’un bien approprié n’est réservé qu’à une minorité», écrit Raiffeisen. Autrement dit: même avec un héritage ou une avance sur héritage, la propriété immobilière n’est plus accessible à la plupart d’entre nous. Les exigences financières sont tout simplement trop élevées.
Plus de temps pour vendre les logements
En conséquence, les premiers signes d’une baisse de la demande sont apparus ces derniers trimestres. Le nombre d’abonnements de recherche pour des biens en propriété perd lentement de son élan. Au cours des quatre derniers mois, il y a même eu légèrement moins d’intéressés. Outre les prix élevés, la baisse de l’immigration pourrait également jouer un rôle.
«De plus, les délais de commercialisation s’allongent», explique Fredy Hasenmaile (59 ans), chef économiste de Raiffeisen Suisse. Il faut donc plus de temps pour vendre les biens. Néanmoins, l’offre limitée devrait continuer à faire monter les prix. Mais tout de même: «Beaucoup d’indices laissent penser que la phase la plus forte de croissance des prix sur le marché du logement est derrière nous », ajoute-t-il.
Pour Raiffeisen, les Airbnbs «restent un phénomène de niche»
La situation reste complexe. Il est difficile d’agir sur les bons leviers. Dans son étude, Raiffeisen exprime aussi son insatisfaction envers la politique. «Elle cherche des boucs émissaires au lieu de solutions à la pénurie de logements», peut-on lire. Le point de discorde: les locations de courte durée comme les Airbnbs. Certes, le nombre de logements proposés sur ces plateformes a augmenté, mais leur influence reste limitée en dehors des régions touristiques.
Près de deux tiers des logements proposés se trouvent dans des communes touristiques. Dans les grands centres que sont Bâle, Berne, Genève, Lausanne et Zurich, seuls 10% de l’offre s’y trouvent. Selon Raiffeisen, les Airbnbs «restent un phénomène de niche». Dans les cinq plus grandes villes, ils ne représentent que 0,5% du parc immobilier. Dans les autres centres et les agglomérations urbaines, ce chiffre est de 0,2%. Dans les régions touristiques, en revanche, la part atteint 3,4%.
Pour les experts de Raiffeisen, il est clair qu'une détente durable nécessite une activité de construction plus soutenue.
Cet article est une de traduction de Bilanz.