Abo
Immobilier

Swissroc lance une plateforme d’investissement immobilier

Dès avril, les particuliers pourront investir à partir de 5000 francs dans les projets du groupe genevois, avec des rendements annoncés de 5 à 15%, sans intermédiaires.

William Türler

Dirigé par Cyril de Bavier, le groupe emploie 220 collaborateurs, a livré plus de 250 projets et gère pour 600 millions de francs d’actifs.
Dirigé par Cyril de Bavier, le groupe emploie 220 collaborateurs, a livré plus de 250 projets et gère pour 600 millions de francs d’actifs. Salvatore di Nolfi/Keystone

Publicité

On connaissait déjà les plateformes de financement participatif dans l’immobilier. Le groupe genevois Swissroc a décidé de franchir une étape supplémentaire en lançant sa propre plateforme numérique d’investissement, baptisée Swissroc Club, accessible dès avril. L’objectif? Permettre à tout résident suisse d’investir directement dans les projets du groupe, avec un ticket d’entrée dès 5000 francs.
Les rendements proposés oscillent entre 5 et 15%, en fonction de la nature et du risque de chaque projet. Ces performances relativement élevées s’expliquent notamment par l’absence d’intermédiaires et de commissions. «Nous travaillons déjà avec de nombreux investisseurs, mais l’idée est de créer une source de financement complémentaire, une communauté, et de fluidifier tout le processus d’investissement», explique Quentin Stamp­fli, coordinateur de l’initiative.
L’horizon d’investissement est défini à l’avance, souvent sur douze, vingt-quatre ou trente-six mois, et peut concerner par exemple l’acquisition d’une parcelle pour développer une PPE ou la réhabilitation d’un immeuble existant (surélévation, extension, changement d’usage). «Il s’agit de projets de développement immobilier où l’optique est de créer de la valeur, pas de la simple acquisition d’immeubles de rendement à long terme», précise-t-il.

Contenu Sponsorisé

La plateforme propose des investissements sous forme de prêts privés, de l’investisseur à la société qui porte le projet, plutôt qu’en capital investi. L’accès se fait via une adhésion annuelle, comprise entre 1000 et 1500 francs, offerte aux premiers investisseurs. Fondé il y a douze ans à Genève, Swissroc a débuté dans la construction, avant de s’étendre à l’ensemble des métiers immobiliers: courtage, asset management, architecture et building intelligence. Le groupe emploie aujourd’hui 220 collaborateurs, a livré plus de 250 projets, en a une quarantaine en cours et gère pour 600 millions de francs d’actifs, avec l’objectif de franchir le cap du milliard lorsque ses projets arriveront à maturité.

Risques inhérents

Comme pour tout investissement, le risque de perte en capital existe. «Les risques sont inhérents au secteur immobilier: retards liés aux permis, aux travaux ou à la revente, ajoute Quentin Stampfli. Mais, grâce à notre expérience, à un secteur structurellement sain et à une structuration dans laquelle Swissroc se mouille toujours financièrement, nous pouvons les maîtriser ou du moins les atténuer.»
Pour Francesco Celentano, professeur à HEC Lausanne et membre du Swiss Finance Institute, les incertitudes de ces plateformes d’investissement immobilier ou fintech, qui tendent à se multiplier à mesure que les marchés se digitalisent, ne résident pas dans les interfaces elles-mêmes, mais dans la nature des produits proposés. «Les principaux risques tiennent à l’illiquidité – les capitaux peuvent rester bloqués pendant des années – ainsi qu’aux aléas classiques des projets immobiliers: exécution, régulation ou refinancement. Les frais peuvent également peser sur les rendements.»

Publicité

Malgré tout, il reconnaît que ces plateformes présentent des avantages. «Elles abaissent les barrières à l’entrée et offrent aux investisseurs particuliers un accès à des opportunités qui, auparavant, étaient réservées aux professionnels.»
A propos des auteurs
William Türler
William Türler
William Türler s’intéresse à tout ce qui façonne le monde des affaires. Après avoir collaboré avec plusieurs médias romands, il écrit aujourd’hui pour PME, où il couvre la tech, l’innovation et les grandes tendances économiques. Il aime raconter les histoires derrière les projets et les idées.

Publicité