Agroalimentaire

Tout le monde en mange mais peu investissent: ce champion belge du dividende mérite le détour

Si les produits du biscuitier Lotus Bakeries sont très populaires, son action reste confidentielle dans les portefeuilles, et ce n'est pas une question de fondamentaux.

Aisha Gutknecht

file85xuaumda3a1kykr2j25
Les biscuits belges Lotus en production. Malgré un rendement du dividende modeste de 0,6%, l'entreprise jouit du statut d'«aristocrate du dividende» (Dividend Aristocrat), distinction décernée aux sociétés ayant rehaussé leur coupon de manière ininterrompue depuis 25 ans. zVg

Publicité

Quiconque a déjà commandé une boisson chaude dans un café ou un restaurant a, un jour ou l'autre, trouvé à côté de sa tasse le célèbre biscuit caramélisé sous emballage rouge, universellement connu sous le nom de «biscuit Lotus». Que ce produit soit au goût de chacun est une chose, mais une question demeure: qui se cache réellement derrière ce biscuit?
Bien que Lotus Bakeries soit principalement réputé pour son produit phare, le Biscoff, le groupe mise de plus en plus sur les pâtes à tartiner et d'autres encas ciblant des profils de consommateurs très variés. Sa gamme intègre désormais des produits en vogue à l'instar des barres Nākd ou des lanières de fruits BEAR.
Cette stratégie repose à la fois sur la consolidation des marques dans les marchés matures et sur la conquête de nouveaux territoires. En tant que groupe de biens de consommation courante, Lotus évolue dans un environnement sectoriel hautement défensif: la demande pour ses produits demeure relativement résiliente, même en période de ralentissement économique.

Stratégie d'expansion globale

Au niveau régional, la plus grande part du chiffre d’affaires provient toujours de l’Europe, mais l’Amérique du Nord prend de plus en plus d’importance depuis plusieurs années. Parallèlement, l’entreprise souhaite également s’implanter sur les marchés asiatiques, considérés comme des moteurs de croissance importants. Le lancement de Biscoff en Inde a déjà montré, après seulement quelques semaines, une forte densité de distribution avec plus de 300 000 points de vente.

Contenu Sponsorisé

Au cours du dernier exercice, le producteur alimentaire belge a pu augmenter son chiffre d’affaires d’environ 10% pour atteindre 1,35 milliard d’euros, tandis que le bénéfice net a progressé de 13%. Le CEO, Jan Boone a attribué cette évolution positive à la forte demande pour les marques et produits de l’entreprise sur différents marchés. De plus, la société fondée en 1932 mise sur une collaboration renforcée avec Mondelez International ainsi que sur une expansion accélérée en Asie.
Les analystes partagent cet optimisme. Goldman Sachs, qui affiche actuellement une recommandation à l'achat, anticipe une pénétration accrue de la marque Biscoff à l'échelle mondiale. En dépit de vents contraires potentiels liés à l'adoption croissante des traitements de la classe GLP-1 (anti-obésité) sur le marché du snack, les experts de la banque d'affaires estiment que l'entreprise maintiendra des taux de croissance élevés au cours de la prochaine décennie. D'ici l'exercice 2030, les analystes tablent sur un chiffre d'affaires d'environ 1,2 milliard d'euros pour la seule marque Biscoff.

Valorisation exigeante

Malgré un rendement du dividende modeste de 0,6%, l'entreprise jouit du statut d'«aristocrate du dividende» (Dividend Aristocrat), distinction décernée aux sociétés ayant rehaussé leur coupon de manière ininterrompue depuis 25 ans. En mai 2026, le groupe a ainsi versé un dividende de 90 euros par action, soit une augmentation substantielle de 14 euros par rapport à l'année précédente. Le bénéfice par action (BPA) s'est établi à 212,06 euros, contre 187,93 euros un an plus tôt.

Publicité

La trajectoire boursière est le miroir de cette croissance : le titre s'est adjugé 32 % de valeur depuis le début de l'année pour s'échanger actuellement à 10 800 euros. Sa capitalisation boursière atteint ainsi les 9 milliards d'euros.
Cotée à la bourse de Bruxelles, l'action s'échange sur un multiple de bénéfices (PER) de 51, un niveau particulièrement stratosphérique. À titre de comparaison, la plupart des entreprises de biens de consommation se négocient traditionnellement dans une fourchette comprise entre 15 et 30 fois les bénéfices. Une telle prime de valorisation indique que les investisseurs anticipent une croissance vigoureuse des résultats pour les années à venir. Néanmoins, cette cherté accroît la vulnérabilité du titre à la volatilité : la moindre déception relative à la croissance du chiffre d'affaires ou aux marges pourrait exercer une pression vendeuse marquée sur le cours de l'action.
À l'heure actuelle, cinq analystes recommandent le titre à l'achat, quatre sont à Neutre (conserver) et une seule recommandation à la vente est répertoriée. L'objectif de cours moyen, fixé à 11 149 euros, fait ressortir un potentiel de hausse de 200 euros par rapport au niveau actuel de 10 940 euros. Certains experts jugent même réaliste un franchissement du seuil des 12 000 euros.

Publicité

Cet article est une adaptation d'une publication parue dans Cash.

Publicité