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Liquidation

Le plus grand scandale de la famille Bär

La famille Bär, autrefois considérée comme l'aristocratie bancaire zurichoise, est en plein marasme. La Finma a mis l'établissement de Mike Bär hors circuit.

Erik Nolmans

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La famille et son mouton noir la liquidation de la banque de Mike Bär (au premier plan) a fait sursauter les membres de la dynastie Bär. kornel.ch für BILANZ

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Associer une banque au nom de Bär, cela a indéniablement du cachet. C'est sans doute ce que s'est dit Mike Bär lorsque, quelques années après avoir quitté la direction de la banque fondée par son arrière-grand-père Julius Baer, il a voulu voler de ses propres ailes et utiliser son patronyme pour sa société financière.
Sa société de gestion de fortune s'appelait Baer Capital Partners, une marque qu'il a immédiatement tenté de faire enregistrer. La banque Julius Baer s'y est opposée en justice, avec succès: l'Institut Fédéral de la Propriété Intellectuelle (IPI) a conclu à un risque de confusion et a opposé son veto. Dans les médias, Mike Bär a fait part de sa déception: «Baer est mon nom de famille, auquel j'estime avoir droit, y compris dans la vie des affaires.».
Michael (Mike) Bär. En 2018, il a fondé sa MBaer Merchant Bank, qui vient d'être fermée par l'autorité de surveillance des marchés financiers. Une débâcle pour l'arrière-petit-fils du fondateur du clan Julius Baer, âgé de 63 ans.
Michael (Mike) Bär. En 2018, il a fondé sa MBaer Merchant Bank, qui vient d'être fermée par l'autorité de surveillance des marchés financiers. Une débâcle pour l'arrière-petit-fils du fondateur du clan Julius Baer, âgé de 63 ans.Florian Kalotay / 13PHOTO / BILANZ-Montage
Michael (Mike) Bär. En 2018, il a fondé sa MBaer Merchant Bank, qui vient d'être fermée par l'autorité de surveillance des marchés financiers. Une débâcle pour l'arrière-petit-fils du fondateur du clan Julius Baer, âgé de 63 ans.
Michael (Mike) Bär. En 2018, il a fondé sa MBaer Merchant Bank, qui vient d'être fermée par l'autorité de surveillance des marchés financiers. Une débâcle pour l'arrière-petit-fils du fondateur du clan Julius Baer, âgé de 63 ans.Florian Kalotay / 13PHOTO / BILANZ-Montage
Quelque temps plus tard, il a lancé un nouveau projet: la MBaer Merchant Bank. Dotée de cet ajout à sa dénomination, l'initiative n'a rencontré aucun obstacle et a reçu la bénédiction de la Finma: la banque a démarré ses activités en 2018. Sur le site Internet, on pouvait lire des informations sur les origines du fondateur avec une référence explicite à la tradition familiale: tout semblait parfait.

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Clients à haut risque

Pourtant, quiconque se rend ces jours-ci sur le site de la MBaer Merchant Bank y trouve d'autres informations, nettement moins prestigieuses: les liquidateurs de l'établissement informent sur les remboursements liés au «retrait de la licence bancaire par la Finma».
C'est le 27 février que l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers a annoncé que l'établissement serait fermé avec effet immédiat en raison de manquements dans la lutte contre le blanchiment d'argent: 65 personnes perdent leur emploi. Un véritable coup de tonnerre: certes, les banques sont régulièrement rappelées à l'ordre par le régulateur, mais qu'un établissement doive être fermé est une mesure extrêmement rare. «Dernièrement, 98% des avoirs acceptés provenaient de clients à haut risque», écrit la Finma. Depuis lors, la place bancaire zurichoise tient son nouveau sujet de conversation, et la dynastie Bär son plus grand scandale à ce jour.

Sans pitié : pourquoi la Finma a débranché la MBaer Merchant Bank

En 2018, Mike Bär a voulu relever un nouveau défi. Ce banquier chevronné, qui avait autrefois fait ses armes au sein de la banque familiale Julius Bär, a fondé son propre établissement en s'appuyant sur les fonds issus de la vente de ses parts dans ladite banque. Il ambitionnait de créer une banque dédiée aux familles d'entrepreneurs et à leurs sociétés, dans le plus pur esprit de la banque d'affaires classique («Merchant Banking»). Outre la gestion de fortune, l'établissement proposait également des services de conservation d'actifs et d'opérations financières. La petite banque s'est progressivement développée pour devenir une entreprise comptant plus de 60 collaborateurs et gérant, en dernier lieu, un patrimoine de près de cinq milliards de francs.
Puis, c'est le choc: le 27 février, l'Autorité de surveillance des marchés financiers (Finma) annonce la liquidation de la banque. Dans un communiqué, elle souligne que 80% des relations d'affaires de l'établissement présentaient des risques accrus; «dernièrement, 98% des avoirs acceptés provenaient de clients à haut risque.» Peu de temps auparavant, le coup de grâce était venu des États-Unis: le Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN) avait accusé la MBaer Merchant Bank non seulement de blanchiment d'argent, mais également de financement du terrorisme au profit de clients originaires de Russie, du Venezuela et d'Iran. Un désastre absolu.
Selon ses proches, Mike Bär serait aujourd'hui totalement abasourdi et ne comprendrait plus ce qui lui arrive. Certes, la situation n'était pas idyllique, mais la banque n'entretenait-elle pas depuis longtemps des échanges nourris avec la Finma et n'avait-elle pas initié des améliorations, notamment par le biais de remaniements au sein de sa direction?
Toutefois, la patience du régulateur a atteint ses limites. Les manquements pesaient trop lourd, et le rapport du FinCEN a fait comprendre à chacun que la situation était désormais désespérée. La banque a retiré le recours qu'elle avait introduit et a jeté l'éponge: la partie était terminée.
Au sein du clan, qui compte désormais plus d'une centaine de personnes réparties sur plusieurs générations, c'est un mélange de stupeur et d'effroi qui prévaut. Car Mike Bär est un banquier chevronné. En 2000, lorsque Bilanz a consacré un grand article au clan Bär et a eu l'opportunité de rencontrer plusieurs membres de la famille, il venait, à tout juste 38 ans, d'être promu chef du négoce des devises. L'année suivante, il intégrait la direction du groupe en tant que responsable de l'ensemble du négoce, poste qu'il a occupé jusqu'en 2004, peu avant que la famille propriétaire Bär ne cède la majorité de contrôle. Cet homme, aujourd'hui âgé de 63 ans, est par ailleurs quelqu'un de sympathique, un père de famille avec deux enfants adultes, un marathonien passionné; sur Facebook, on peut le voir avec son fils lors de courses à pied ou avec sa fille en voyage aux États-Unis. Il possède également une fibre sociale prononcée: il court comme guide pour un ami aveugle. «Comment tout cela a-t-il pu arriver?», s'interroge-t-on au sein du clan.

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Aucun des membres de la famille interrogés par Bilanz ne souhaite être cité en lien avec la fermeture de la MBaer Merchant Bank. Son cousin, Raymond Bär, avec qui il a autrefois siégé à la direction de la banque Julius Bär, se contente de déclarer de manière très générale que cela n'est évidemment «pas bon pour la place financière suisse».
Pour la plupart des interlocuteurs, un point prime: qu'on n'applique surtout pas le principe de culpabilité par association. De fait, le cas de Mike Bär se distingue tristement: la plupart des autres membres de la famille Bär connaissent le succès dans leurs domaines respectifs et ne veulent en aucun cas être associés aujourd'hui à la chute de leur parent. Mais sous le sceau du secret, on entend plus d'une fois la question suivante : était-ce peut-être aussi le poids du prestigieux nom Bär qui a mis ce descendant sous pression et l'a poussé à flirter de trop près avec les limites pour réussir?
En réalité, les Bär étaient bien plus que de simples banquiers; pendant des décennies, ils ont été considérés comme une sorte d'aristocratie financière zurichoise. Jusqu'en 2012, date à laquelle Raymond Bär a quitté la présidence du groupe Julius Baer, des membres de la famille ont toujours été présents à la direction opérationnelle ou au conseil d'administration, et le plus souvent même au sein des deux organes. Des personnalités telles que Hans J. Bär, père de Raymond, CEO de 1975 à 1993 et président de 1994 à 1996, faisaient figure de gentlemen-banquiers et représentaient une époque où la banque privée suisse dominait le monde.

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À l'ère de la troisième génération, la banque Baer s'est développée pour devenir un groupe bancaire d'envergure mondiale, comptant aujourd'hui environ 7400 collaborateurs. Aujourd'hui encore, le rayonnement de la marque est immense ; selon des études de valorisation, la valeur de la marque «Julius Baer» s'élève à environ 1,5 milliard de francs, ce qui la place au premier rang de la banque privée suisse, devant les noms prestigieux des banquiers privés genevois tels que Pictet.
En 1924, la banque Julius Baer, fondée en 1890, a déménagé au 36 de la Bahnhofstrasse, dans le centre bancaire de Zurich. Le groupe bancaire, actif dans le monde entier, emploie aujourd'hui quelque 7400 collaborateurs.
En 1924, la banque Julius Baer, fondée en 1890, a déménagé au 36 de la Bahnhofstrasse, dans le centre bancaire de Zurich. Le groupe bancaire, actif dans le monde entier, emploie aujourd'hui quelque 7400 collaborateurs.Keystone
En 1924, la banque Julius Baer, fondée en 1890, a déménagé au 36 de la Bahnhofstrasse, dans le centre bancaire de Zurich. Le groupe bancaire, actif dans le monde entier, emploie aujourd'hui quelque 7400 collaborateurs.
En 1924, la banque Julius Baer, fondée en 1890, a déménagé au 36 de la Bahnhofstrasse, dans le centre bancaire de Zurich. Le groupe bancaire, actif dans le monde entier, emploie aujourd'hui quelque 7400 collaborateurs.Keystone

Ne pas faire étalage

Le succès de sa banque a rendu la famille Bär très riche, mais l'ostentation était taboue: dans ses mémoires publiés en 2004 sous le titre «Seid umschlungen, Millionen» (Soyez enlacés, millions), Hans J. Bär raconte que ses parents avaient deux limousines parfaitement identiques dans le garage, afin que les voisins ne remarquent pas qu'ils possédaient plus d'une voiture.
La banque privée fonctionnait alors un peu différemment, le secret bancaire suisse constituant le fondement de l'essentiel des affaires. «Les voyageurs arrivaient en train à Bâle ou à Genève pour passer leurs vacances en Suisse et en profitaient pour s'entretenir avec leur banquier privé», écrit Hans J. Bär, qui donne également cet exemple: «Il arrivait qu'un client se présente en pointant du doigt l'étiquette de sa bouteille de cognac: Je m'appelle Hennessy, je n'en dirai pas plus, voici 300 000 dollars.» Le fait que, dans ces mêmes mémoires, il ait critiqué ce secret bancaire et utilisé la formule souvent citée selon laquelle il avait rendu le secteur «gras et impuissant», lui a valu à l'époque d'être accusé de cracher dans la soupe.

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Au sein de la banque, la famille s'est progressivement retirée après le tournant du millénaire. En 2000, avec Walter Knabenhans, c'est pour la première fois un CEO étranger à la famille qui a pris la barre. L'année 2005 a ensuite été marquée par un tournant décisif: avec l'introduction de l'action unique, la famille a de facto cédé la majorité de contrôle, sa part des droits de vote chutant à 18,5% – ce n'était que grâce aux actions à droit de vote privilégié que le clan faisait jusqu'alors la loi. Le retrait de la famille a également modifié la physionomie de la banque: Daniel Sauter, qui a succédé à Raymond Bär au fauteuil de président en 2012, était davantage perçu comme un faiseur de transactions que comme un banquier. Au poste de CEO officiait durant ces années, l'hyperactif Boris Collardi, dont la stratégie de croissance agressive a valu à la banque quelques problèmes de conformité.
Après l'abandon du contrôle par la famille en 2005, de nombreuses actions ont été vendues ou transmises par héritage, certains membres ont continué à détenir de petites quantités, mais la limite de publication de 3% n'a pas été dépassée. Il ne faut de toute façon pas s'imaginer la famille Bär comme un groupe compact, prévient Raymond Bär: «Nous sommes aujourd'hui plus de 100 membres de la famille dispersés dans le monde entier, il n'y a pas de porte-parole familial.» Les parts seraient détenues individuellement par les membres de la famille.

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Une manne financière

La répartition exacte des fonds entre les différents membres de la famille reste un secret bien gardé jusqu'à aujourd'hui. Dans sa liste annuelle des 300 plus riches, Bilanz estime que la fortune de toute la famille s'établit entre 300 et 350 millions de francs.
Pour certains, cette opulence n'a pas été qu'une bénédiction, mais aussi un fardeau. Monique Bär, fille de Hans J. Bär et sœur de Raymond Bär, a accordé il y a quelques années une interview au quotidien Blick dans laquelle elle racontait avoir longtemps été en conflit avec ses privilèges. Jeune femme, elle rejetait ses origines et a sciemment adopté un mode de vie en totale rupture. Elle n'a étudié ni la banque, ni l'histoire de l'art, domaine dans lequel le clan, très impliqué dans la collection et le mécénat, était actif, mais l'agronomie à l'EPFZ, d'où elle est sortie avec un diplôme d'ingénieure. Elle voulait travailler dans l'aide au développement, «loin, très loin du nom de Bär».

Les descendants de Hans J. Bär

Le président d'honneur: Raymond Bär

Il fut le dernier représentant de la famille à la direction du groupe Julius Bär et a occupé le poste de président jusqu'en 2012. Il est aujourd'hui président d'honneur de la banque.

Le jeune fondateur: Julian Bär

Le fils de Raymond Bär a créé sa propre société de gestion de fortune, Arctos Capital. En grec ancien, ce nom signifie ours ou ourse.

La philanthrope: Monique Bär

La sœur de Raymond Bär s'est longtemps débattue avec ses privilèges. Aujourd'hui, elle est active en tant que mécène et s'engage en faveur de l'égalité entre les genres.
Si elle a étudié l'agronomie, c'est aussi parce qu'elle a toujours été très proche de la nature, raconte-t-elle aujourd'hui à Bilanz. Passionnée de plongée, elle s'est aussi engagée pour la protection des mers, en siégeant longtemps au conseil d'administration d'Oceana, la plus grande organisation internationale de protection des mers au monde. Aujourd'hui, le quotidien de cette femme de 71 ans est marqué par sa vie de fondatrice et de philanthrope. Elle vit à Urnäsch, dans le canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures, dans un environnement rural. Le tournant s'est opéré à la cinquantaine, expliquait-elle dans son interview au Blick: «J'étais face à un choix: tout donner et entrer au couvent, ou l'accepter comme une part de moi-même et en faire quelque chose d'intelligent.»

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Elle a créé une fondation œuvrant pour la justice sociale, un sujet pour lequel elle s'engage encore aujourd'hui, par exemple en tant qu'initiatrice et coprésidente de l'association «Geschlechtergerechter». Ce qui lui importe, c'est d'offrir de meilleures opportunités à tous et, de manière générale, une démocratie ouverte. Les questions éducatives occupent une place de choix dans ses activités de soutien; elle est fondatrice et membre du conseil de fondation d'Educa Swiss, la fondation suisse pour la promotion et le financement de l'éducation: «L'éducation est l'une des conditions primordiales de l'égalité des chances», souligne-t-elle. Elle a finalement fini par trouver sa voie dans l'art: depuis quelque temps, elle s'adonne à la sculpture.
Son frère cadet, Raymond, a choisi une voie plus proche des origines de la dynastie bancaire. Il est aujourd'hui président de la société d'investissement Alpine Select, où une troupe d'ex-banquiers et de spécialistes financiers de haut niveau s'est réunie, avec d'anciennes têtes d'affiche du Credit Suisse, comme Thomas Amstutz, ou d'anciennes figures-clés de Julius Baer, comme Michel Vukotic, qui en était chef du négoce. L'entreprise se porte bien, avec un bénéfice de 11,4 millions de francs en 2025, selon l'annonce préliminaire des résultats de l'exercice.

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Raymond Bär est resté lié au groupe Julius Baer: depuis son retrait de la présidence en 2012, il occupe le poste de président d'honneur. Même si cela n'implique aucune fonction opérationnelle, il est toujours engagé, dit-on à la direction de Baer. Pour le management, cet homme de 66 ans, qui connaît si bien l'établissement, fait toujours office de conseiller informel lorsque des questions délicates se posent. Et il est également présent de temps à autre lors d'événements d'entreprise, comme il y a deux ans, lorsque Julius Baer a fêté les 20 ans de sa succursale à Dubaï. Il continue également à rencontrer des clients, surtout ceux de longue date, bien que cela soit devenu très rare et réservé à quelques cas choisis. Il est par ailleurs, à ce jour, président du conseil de fondation de la caisse de pension Julius Baer.
Il s'occupe également de la grande collection d'art constituée avant la famille et est actif dans le domaine caritatif, notamment en tant que membre du conseil de fondation de la Benecare Foundation à Vaduz. Avec d'autres entrepreneurs suisses, il fait partie de l'Asia Society Switzerland, dont il est le vice-président.
Raymond est aujourd'hui le représentant le plus connu de la famille Bär. L'été dernier, il a épousé sa partenaire de longue date, Carolina Müller-Möhl. Le mariage a eu lieu en petit comité à St-Moritz, et une photo floue en noir et blanc a fait le tour des médias. Zurich compte ainsi un véritable «power couple» de plus. Il a également transmis le gène de la finance à la génération suivante, la cinquième: son fils Julian, né en 1992 et issu d'un premier mariage, a fondé en février 2024 sa propre société de gestion de fortune et de conseil en investissement, appelée Arctos Capital. Le nom est une allusion subtile à ses origines et à son nom: Arctos (grec ancien árktos, latin arctos) signifie ours ou ourse et est l'origine linguistique du mot "Arctique" (la région située sous la constellation septentrionale de l'ours).

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Raymond Bär et Carolina Müller-Möhl, qui fut mariée en premières noces au banquier Ernst Müller-Möhl (décédé en 2000 dans un accident d'avion), se sont dit "oui" à l'été 2025 en petit comité familial. Il s'agit également d'un second mariage pour Raymond Bär.
Raymond Bär et Carolina Müller-Möhl, qui fut mariée en premières noces au banquier Ernst Müller-Möhl (décédé en 2000 dans un accident d'avion), se sont dit "oui" à l'été 2025 en petit comité familial. Il s'agit également d'un second mariage pour Raymond Bär.zVg
Raymond Bär et Carolina Müller-Möhl, qui fut mariée en premières noces au banquier Ernst Müller-Möhl (décédé en 2000 dans un accident d'avion), se sont dit "oui" à l'été 2025 en petit comité familial. Il s'agit également d'un second mariage pour Raymond Bär.
Raymond Bär et Carolina Müller-Möhl, qui fut mariée en premières noces au banquier Ernst Müller-Möhl (décédé en 2000 dans un accident d'avion), se sont dit "oui" à l'été 2025 en petit comité familial. Il s'agit également d'un second mariage pour Raymond Bär.zVg
Quiconque clique sur le site web de l'entreprise (www.arctos-capital.com) voit en image d'accueil un ours noir qui se dissipe au passage de la souris. Julian Baer dispose d'un solide réseau dans le monde de la finance, particulièrement au sein de la jeune génération. L'une de ses connaissances est, par exemple, l'entrepreneur de start-up financières Hany Rashwan, l'homme du mois dans Bilanz, qu'il a rencontré il y a plus de dix ans aux Etats-Unis.

Une famille aux multiples ramifications

D'autres représentants de ce clan aux multiples ramifications ne travaillent pas dans le domaine de la finance, mais sont très actifs dans d'autres domaines. Andreas J. Bär, par exemple, est avocat au cabinet zurichois Bär & Karrer, l'un des principaux cabinets d'avocats d'affaires de Suisse. Le cabinet a été fondé en 1969 par son père Thomas Bär et Robert Karrer. Outre son activité d'avocat, Thomas Bär, frère de Hans J. Bär, a longtemps occupé des fonctions importantes au sein de la Banque Bär, comme celle de président du conseil d'administration de 1996 à 2003. Avant le retrait de la famille, son fils Andreas était temporairement membre du conseil d'administration de la holding de la banque, en tant que représentant du capital.

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Il a d'abord fait son chemin en dehors de l'étude paternelle, officiant notamment comme collaborateur (associate) chez Wilmer Cutler & Pickering à Washington, D.C. En 2000, il a rejoint Bär & Karrer; devenu associé en 2004, il y officie en tant qu'avocat-conseil depuis 2015. À l'instar de son père, décédé fin 2024, il est réputé être un avocat de tout premier plan; sa spécialité est le conseil aux clients privés, aux familles, ainsi qu'aux single- et multi-family offices sur les questions liées à la planification patrimoniale nationale et internationale. Tout ceci figure sur le site internet de l'étude; lui-même n'a jamais cherché la lumière publique, bien au contraire, il est connu pour être très soucieux de sa discrétion et n'apparaît pas dans la presse, contrairement à la pratique de nombreux avocats.
Le fils de Thomas Bär est l'un des principaux avocats d'affaires de Suisse et travaille aujourd'hui pour l'étude Bär & Karrer, cofondée par son père.
Le fils de Thomas Bär est l'un des principaux avocats d'affaires de Suisse et travaille aujourd'hui pour l'étude Bär & Karrer, cofondée par son père.PR / BILANZ-Montage
Le fils de Thomas Bär est l'un des principaux avocats d'affaires de Suisse et travaille aujourd'hui pour l'étude Bär & Karrer, cofondée par son père.
Le fils de Thomas Bär est l'un des principaux avocats d'affaires de Suisse et travaille aujourd'hui pour l'étude Bär & Karrer, cofondée par son père.PR / BILANZ-Montage
Ce dernier a quatre fils, et un détail montre qu'il a également une pensée dynastique. Son fils aîné Joel a pour deuxième prénom Julius. Depuis des générations, il est de tradition que le premier fils porte le deuxième prénom Julius. C'était le cas de l'oncle d'Andreas, Hans J. (Julius) Bär, et son cousin Raymond s'appelle en fait Raymond J. Bär, dont le fils s'appelle quant à lui Julian Julius Bär. Mike Bär a lui aussi perpétué cette tradition avec son fils, Simon J.

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Il existe cependant d'autres représentants de la famille que l'on n'associe pas d'emblée à la dynastie, car ils descendent des lignées féminines et leur nom ne permet pas de les identifier au premier coup d'œil comme des Bär. C'est le cas, par exemple, des descendants de Ruth Speiser-Bär, la sœur de Hans J. Bär.

Trois branches familiales

La fille aînée de cette dernière, Irène Speiser, est écrivaine ; elle s'est fait remarquer par des œuvres telles que «Hausauflösung» (2012) ou «Abbild. Ein schottischer Streifzug» (2024). Sa sœur, Béatrice Speiser, docteure en droit, est particulièrement engagée dans des initiatives sociales et entrepreneuriales en tant qu'entrepreneuse sociale; elle est ainsi la fondatrice et présidente de Crescenda, le centre de création d'entreprises destiné aux femmes issues de la migration et de l'asile. Leur frère Bernhard, né en 1971 et par conséquent l'un des plus jeunes représentants de la quatrième génération, est devenu banquier, fidèle à ses origines – toutefois pas chez Julius Bär, mais chez le concurrent J. Safra Sarasin, où il occupe un poste clé en tant que Head Institutional Clients.

Les descendants de Ruth Speiser-Bär

L'autrice: Irène Speiser

Issue, tout comme son cousin Raymond, de la quatrième génération de la famille Bär. Elle s'est fait un nom en tant qu'autrice.

La femme engagée: Béatrice Speiser

Cette juriste œuvre en tant qu'entrepreneuse sociale et s'engage pour la création d'entreprises par des femmes avec un parcours d'asile ou de migration.

Le banquier: Bernhard Speiser

Le cadet des trois enfants, né en 1971, est devenu banquier à l'instar de son aïeul Julius Bär – mais auprès de la banque concurrente J. Safra Sarasin.

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Le père fondateur, Julius Bär (1857-1922), a eu trois fils, Richard (1892-1940), Walter (1895-1970) et Werner (1899-1960), qui constituent les trois branches actuelles de la famille. Tous les membres de la famille Bär mentionnés jusqu'ici dans cet article sont issus de la branche de l'aîné, Richard, à l'exception de Mike Bär, qui descend de la lignée du cadet, Werner. Son oncle, Rudolf Bär, qui a rejoint la banque familiale en 1969 et y a occupé diverses fonctions jusqu'à sa retraite en 2005, dont celle de CEO, est le seul descendant de la troisième génération encore en vie. Rudolf Bär, qui a autrefois étudié l'électrotechnique à l'EPFZ, s'est consacré à sa passion pour l'astrophysique à la fin de sa carrière active de banquier, travaillant comme chercheur au sein du groupe Astrophysique des galaxies et des trous noirs de l'EPFZ. C'est sur les membres de la deuxième branche, articulée autour du fils du milieu, Walter, que l'on dispose du moins d'informations. Déjà en l'an 2000, lorsque Bilanz a dressé pour la première fois le portrait du clan, les membres de la quatrième génération de la branche de Walter étaient dispersés aux quatre vents, élevant des chiens de traîneau en Alaska (Patricia Bär) ou travaillant dans l'hôtellerie à New York (Eric Bär).

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Marc Bär a quant à lui attiré l'attention de la presse économique. Il y a plus de vingt ans, il a siégé un temps comme représentant de la famille au conseil d'administration de la holding bancaire. Il est vétérinaire et continue d'exercer sa profession, bien qu'il ait atteint l'âge de la retraite. Il s'est fait remarquer en tant qu'investisseur privé dans de petites entreprises suisses, par exemple chez Schlatter Industries, où il détenait 7,86% des actions fin 2024, pour une valeur actuelle de 1,6 million de francs. Il s'est par ailleurs engagé dans des start-up du secteur médical et possédait en 2011 plus de 300% de l'entreprise Uster Technologies, alors cotée en bourse, qui a été rachetée par Toyota.
Le vétérinaire: Marc Bär continue d'exercer son métier même à l'âge de la retraite. Il est également actif en tant qu'investisseur, par exemple en tant qu'actionnaire de l'entreprise industrielle Schlatter.
Le vétérinaire: Marc Bär continue d'exercer son métier même à l'âge de la retraite. Il est également actif en tant qu'investisseur, par exemple en tant qu'actionnaire de l'entreprise industrielle Schlatter.Screenshot / BILANZ-Montage
Le vétérinaire: Marc Bär continue d'exercer son métier même à l'âge de la retraite. Il est également actif en tant qu'investisseur, par exemple en tant qu'actionnaire de l'entreprise industrielle Schlatter.
Le vétérinaire: Marc Bär continue d'exercer son métier même à l'âge de la retraite. Il est également actif en tant qu'investisseur, par exemple en tant qu'actionnaire de l'entreprise industrielle Schlatter.Screenshot / BILANZ-Montage
La cinquième génération ayant elle-même déjà des enfants en bas âge, l'histoire de la dynastie Bär n'est pas près de s'arrêter. Au vu de l'esprit d'entreprise et du dynamisme dont ont fait preuve leurs ancêtres, il y a fort à parier que l'on continuera à entendre parler d'intéressantes personnalités issues de la famille Bär à l'avenir. Lors de la fondation de sa banque, Mike Bär confiait un jour à la presse qu'il recevait plus de 600 candidatures pour chaque poste mis au concours. La sélection se voulait rigoureuse; les lignes directrices étaient constituées par les notes de son arrière-grand-père, consignées dans un vieux carnet transmettant des valeurs traditionnelles. Il reste à espérer qu'à l'avenir, les membres de la famille Bär s'en inspireront plus fortement que ne l'a fait Mike Bär lui-même.

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Cet article est une traduction d'une publication parue dans Bilanz.

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