La crainte de perturbation des exportations russes, qui fournissent 40% des importations de gaz européen, faisait grimper la référence du marché européen, le TTF néerlandais, à un nouveau record, à 213,895 euros (presque autant en francs) le mégawattheure (MWh).

Le gaz britannique pour livraison le mois prochain a également atteint un nouveau sommet historique à à 508,80 pence par thermie (une unité de quantité de chaleur).

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L'invasion russe de l'Ukraine se poursuit: le conflit embrase désormais tout le pays, et des bombardements ont touché la plus grande centrale nucléaire d'Europe.

Deux sessions de pourparlers, à la frontière ukraino-bélarusse puis à la frontière polono-bélarusse, n'ont pas abouti à un arrêt des combats, même si les parties ont convenu de mettre en place des "couloirs humanitaires" pour l'évacuation des civils.

"A notre avis, le marché prend désormais pour acquis qu'un gazoduc très important qui passe à travers l'Ukraine, va être endommagé par les combats", juge Ole Hvalbye, analyste chez SEB.

Pour l'instant, les sanctions économiques de l'Occident évitent le secteur russe de l'énergie, mais les acheteurs se sont détournés de cette source de brut, craignant un nouveau tour de vis.

Vers 15H20 GMT (16H20 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai gagnait 4,68% à 115,63 dollars, s'approchant de son plus haut depuis 2012 atteint la veille à 119,84 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en avril prenait 5,45% à 113,54 dollars, grimpant vers le sommet depuis 2008 atteint jeudi à 116,57 dollars.

Pas de répit iranien

Les cours de l'or noir n'auront donc connu qu'une courte alcalmie jeudi soir et en début de séance vendredi.

Un espoir avait éloigné le prix du brut de ses sommets jeudi "avec des informations de presse qui font état d'un accord imminent sur le nucléaire iranien, ce qui ajouterait des barils sur le marché", note Neil Wilson, analyste chez Markets.com

Les diplomates européens qui négocient à Vienne sur le dossier nucléaire iranien vont retourner dans leurs capitales respectives pour des consultations, a annoncé vendredi la cheffe de la délégation britannique, estimant un accord à portée de main.

Pour le marché du pétrole, un accord signifierait que les sanctions américaines seraient levées, permettant aux exportations iraniennes de compenser en partie le brut russe.

Les analystes s'inquiètent des conséquences de cette envolée des matières et de l'énergie pour les ménages comme les entreprises, alors que l'inflation était déjà galopante avant l'offensive russe en Ukraine, à cause des conséquences de la pandémie de Covid-19 et d'une crise de logistique mondiale.

"On atteint des niveaux où les industries qui consomment le plus d'électricité vont commencer à diminuer leur demande" en cessant leurs activités, "ce qui va conduire à une croissance diminuée alors même que l'inflation augmente", s'inquiète Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank.

Outre le gaz, sur la Bourse des métaux de Londres (LME) l'aluminium a atteint un nouveau sommet historique à 3859,50 dollars et le nickel a grimpé à un plus haut depuis 2008 à 30'295 dollars la tonne.

La Russie est un important producteur de ces deux métaux.