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«Le jour où tu seras maçon, je serai pape»

Jean-Marc Demierre,  Président de la Fédération vaudoise des entrepreneurs

Un de vos meilleurs souvenirs professionnels?

L’un de mes très bons souvenirs reste l’obtention de ma Maîtrise fédérale de maître maçon. Je l’ai vécue comme l’aboutissement d’un pari sur moi-même, que je me devais de réussir.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?

Je voulais travailler sur des moteurs de compétition. J’ai toujours été fasciné par les sports mécaniques. Mais mon habileté manuelle ne correspondait pas aux exigences d’un tel métier.

Votre plus dure école de la vie?

Mon apprentissage de maçon. Je l’ai fait sous la conduite d’un contremaître qui venait de rentrer d’une difficile expérience à l’étranger, notamment en Egypte et au Gabon. J’ai vraiment eu l’impression que sa manière de mener ses hommes, à la limite du sadisme, reflétait une sorte de vengeance vis-à-vis de ce qu’il avait vécu. Le métier de maçon est dur physiquement, alors il n’est pas nécessaire d’y ajouter une pression psychologique. Il m’a dit une fois: «Le jour où tu seras maçon, je serai pape…» Je suis sorti deuxième du canton à l’obtention de mon CFC, premier de Suisse romande au Brevet fédéral de contremaître et deuxième de ma volée à l’examen de maîtrise fédérale. A ma connaissance, il n’est jamais devenu pape! 

Un trait de caractère qui vous séduit ou vous agace?

J’apprécie par-dessus tout les gens qui acceptent de faire confiance. Pas naïvement, bien évidemment, mais de manière constructive. Je suis quelqu’un qui a tendance à vouloir avancer assez vite dans ses projets, alors les personnes qui me ralentissent par excès de méfiance m’agacent.

Quelle a été votre plus grande erreur?

Certainement le fait de ne pas vivre pleinement le moment présent. Pour moi, le présent fait déjà partie du passé. Cette attitude est difficile à vivre pour mes proches et génère du stress pour mon entourage.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?

Il consiste à commencer ma journée de travail en regardant ce que j’apprécie le moins dans les tâches qui m’attendent. Alors je commence par celles-ci. Ainsi, au fur et à mesure que la journée avance et que mon énergie diminue, les tâches sont plus faciles.

Votre plus grande extravagance?

Avoir quitté le gymnase pour commencer un apprentissage de maçon. Je vous laisse imaginer la tête de mes parents lorsque, après huit mois de cours, je leur ai annoncé froidement que je ne remettrai plus les pieds au bahut. Mon père m’a demandé ce que je comptais faire, et là je lui ai annoncé que je désirais commencer un apprentissage de maçon. Personne dans notre famille ne pratiquait ce métier et je n’avais pas un physique de déménageur. Leur incompréhension était totale. Mais j’avais entendu dire que le métier de maçon ouvrait de nombreuses portes. J’aimais aussi être en plein air, j’avais un besoin inconditionnel de concret et je devais me lancer un vrai défi. Je n’ai pas été déçu.

Votre plus grand rêve?

Retourner en Nouvelle-Zélande avec mon épouse et la parcourir à moto. Nous y sommes allés il y a de nombreuses années pendant un mois et demi et nous y sommes retournés plus tard en famille. C’est un pays magnifique où les gens sont très respectueux de la nature et de l’environnement. Il y a encore des endroits totalement préservés.

La personnalité avec qui vous aimeriez dîner?

J’ai une profonde admiration pour l’astrophysicien et spationaute Claude Nicollier. Sa connaissance de notre Univers, son intelligence, sa simplicité, ses capacités physiques et psychiques ainsi que la maîtrise de soi représentent tellement de qualités réunies en un seul homme que je ne peux qu’être admiratif.