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«L’éducation, une science optimiste»

Christophe Gudin, directeur général de l'Institut Le Rosey

Un de vos meilleurs souvenirs professionnels?

En 2014, mon premier voyage avec les élèves dans la Silicon Valley. Je me souviens de leur fascination, en découvrant un monde nouveau qui s’ouvrait à eux. Au bout de quelques jours, ils avaient des projets entrepreneuriaux plein la tête et certains se sont même concrétisés dans le cadre d’une collaboration avec l’EPFL. Ce voyage leur a donné une énergie incroyable.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?

Pilote. J’ai, du reste, mon brevet. Mais pour être pilote professionnel, il faut avoir une excellente vision, ce qui n’est pas mon cas, et le cockpit peut être bien solitaire par rapport à un internat de 400 enfants!

Le talent que vous rêveriez d’avoir?

Difficile de choisir, mais je dirais hypnotiseur afin d’aider chacun à surmonter ses blocages… Seulement, je n’y crois pas!

Un trait de caractère qui vous séduit ou qui vous agace?

Je suis séduit par les gens passionnés, je peux les écouter pendant des heures. En revanche, je me lasse très vite des personnes qui agissent uniquement par devoir ou par intérêt.

Quelle a été votre plus grande erreur?

Pardonner une fois de trop à une élève qui a finalement dû être renvoyée après avoir renouvelé ses bêtises; l’éducation est une science optimiste et malheureusement inexacte.

Le meilleur conseil que vous avez reçu?

Celui reçu de mon père qui est aussi mon prédécesseur: ne pas systématiquement se précipiter vers une solution forcée, certaines situations se règlent d’elles-mêmes. Le mieux est parfois de ne pas intervenir. Je m’efforce de trouver cet équilibre entre action et recul, mais, à 33 ans, j’ai encore un peu tendance à vouloir tout régler rapidement.

Le meilleur endroit du monde?

Le cèdre plusieurs fois centenaire qui se trouve sur le campus de Rolle. Quand j’étais élève, je m’asseyais au pied de cet arbre avec mes copains.

Votre plus dure école de la vie?

Mes années chez McKinsey. C’est une école où l’on réapprend tout tous les trois mois, où l’on travaille 90 heures par semaine, et où l’on doit connaître l’intégralité d’un projet jusque dans les plus petits détails en quelques jours seulement.

Votre plus grande extravagance?

Elle est à venir! La création d’un centre dédié aux sciences et à l’entrepreneuriat d’ici à un ou deux ans. C’est un peu fou, tant dans l’idée de mélanger start-up et école que dans l’architecture du futur bâtiment.

Votre plus grand rêve?

Allonger les journées! Aujourd’hui, les «Roséens» courent d’un cours à une activité sportive ou artistique toute la journée, mais avec trois ou quatre heures de plus par jour, nous pourrions faire tellement plus de projets fascinants avec eux.

Qui ou quoi aimeriez-vous être le temps d’une journée?

Je voudrais redevenir un enfant et participer à un camp, probablement de voile. Profiter de chaque moment sans avoir de soucis d’adulte.

La personnalité avec qui vous aimeriez dîner?

Elon Musk. C’est un demi-dieu dans la Silicon Valley, que je visite annuellement. Sa personnalité est complexe. Il est à la fois timbré et génial, l’avoir en face de soi doit être fascinant et particulièrement stressant.

Comment occuperiez-vous une année sabbatique?

Je ne peux pas imaginer arrêter de travailler, je m’ennuierais. Je pense que je rejoindrais une start-up liée au secteur de l’aérien ou active dans la technologie.