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Didier Fischer, président de la Fondation 1890. © DR

«Je ne parie plus que des Carambar»

Didier Fischer est vigneron et président de la Fondation 1890, qui détient notamment le Servette Football Club et le Genève-Servette Hockey Club.

Qu’est-ce qui vous motive à vous lever le matin?

Le jour qui se lève, l’excitation d’une journée qui commence; le matin est le plus beau moment de la journée pour moi. Il y a aussi le fait de retrouver les équipes avec qui je travaille, à la vigne et au sport. En fait, je ne sais pas dormir le matin, j’ai besoin que tout le monde se mette en route, j’ai même tendance à m’agacer de ceux qui ne démarrent pas tôt le matin. Ils se vengent car, en contrepartie, je vais me coucher tôt et je me fais chambrer.

Le talent que vous rêveriez d’avoir?

La mémoire du goût… mais elle n’existe pas, ou alors la mémoire olfactive, immédiate et incontestable. Sinon, j’aurais adoré être doué en musique. Il se trouve que mon frère a trusté tout le patrimoine génétique lié à l’art musical de nos parents. Il en fait carrière et moi j’en fais mes regrets.

Le principal trait de votre caractère?

Conciliant avec les gens, impatient sur les projets.

Le meilleur conseil que vous ayez reçu?

C’est de la part de mon parrain. Il m’a dit qu’il ne faut jamais renoncer à ses rêves, quitte à les mettre en sourdine au besoin.

Votre plus dure école de la vie?

C’est tous les jours et c’est aussi la plus belle école de vie: composer avec les autres, la communauté au sens large. Je perçois souvent cette interaction incontournable comme un frein à l’avancée de mes projets – l’impatience? – alors que je sais très bien que l’on ne fait rien seul. L’enfer, c’est peut-être bien les autres, mais les autres sont aussi la plus belle source d’inspiration.

Quelle a été votre plus grande erreur?

Dire à ma femme et à mes enfants que me lancer dans le sport en reprenant le Servette Football Club ne changerait rien et ne me prendrait pas tellement de temps.

Votre plus grande extravagance?

Elle est liée à un excès de confiance coupable… J’ai parié une bouteille de Petrus avec une amie et j’ai perdu. Nous étions dans un restaurant. Un magicien est venu faire un tour et trente minutes plus tard un autre est arrivé. J’étais convaincu qu’il s’agissait du même magicien alors que cette amie soutenait le contraire. C’étaient des frères jumeaux. Au début, j’avais parié un Carambar et j’aurais dû m’y tenir. C’est ce que je fais maintenant: je ne parie plus que des Carambar.

Quel autre métier auriez-vous voulu exercer?

Je ne me suis jamais posé la question comme ça; je me suis demandé quel projet j’avais envie de réaliser. Je devrais donc répondre à la question en disant que le prochain projet que je veux réaliser ne m’est pas encore connu. Je ne suis d’ailleurs pas pressé de le connaître, car je suis comblé par ceux qui m’occupent aujourd’hui, dans la vigne et dans le sport.

L’entreprise idéale, selon vous?

Celle qui n’existe pas encore, car c’est celle qui permettra d’accomplir des progrès demain sur des sujets qui sont des problèmes aujourd’hui.

La qualité indispensable pour un leader?

La communication, la sincérité.

Le chanteur, l’auteur ou le film culte?

Culte? Je n’en ai pas… Plein d’idoles, plein d’excellents souvenirs: Nino Ferrer, Johnny Hallyday, un livre magnifique, Ali, Jean-Luc et la Gazelle (private joke), le film Cabaret avec Liza Minnelli, dont je pense être sincèrement tombé amoureux.

Vous dans cinq ans?

La même chose qu’aujourd’hui, avec quelques rides non souhaitées en plus et des petits-enfants souhaités, peut-être?