Cédric Moret est un patron heureux. Depuis qu’il a racheté ELCA en 2015, l’entreprise affiche une croissance annuelle à deux chiffres, passant de 600 à 2000 collaborateurs pour 200 millions de chiffre d’affaires. Il a bâti le plus grand pôle tech indépendant de Suisse. Vous ne le savez peut-être pas: ELCA est présent dans votre vie. Un peu tout le temps. «Quand vous achetez votre billet pour Paléo, c’est nous qui gérons la tech. Quand vous remplissez vos factures de santé, nous gérons le remboursement des factures. Avec les fonds de pensions et vos retraites, pareil…»

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Quelle: Brightcove

Et la tech suisse séduit à l’étranger, ELCA est une référence mondiale dans la billetterie, par exemple. Que ce soit pour un concert d’Ed Sheeran au Stade de France, le tournoi de Wimbledon ou les plus gros événements mondiaux dans le domaine du football ou du cricket… Pourquoi les «petits Suisses» décrochent-ils ces marchés mondiaux? Pour Cédric Moret, l’excellence est récompensée: «On est dans l’horlogerie helvétique. Un sens du détail unique au monde.»

La recette du succès? «Bien comprendre la tech, et très bien comprendre le métier du client. Il est difficile de réunir ces deux compétences: les meilleures solutions informatiques et une parfaite maîtrise de la façon dont les événements sont gérés.» Pour rester innovant, il faut développer l’entrepreneuriat au sein de l’entreprise. «Je m’entoure d’entrepreneurs qui, chacun dans son secteur, investissent, prennent des risques.» Des startupers au cœur de l’entreprise. ELCA n’est ainsi plus une simple entreprise, mais un groupe d’entreprises. Cédric Moret voit plus loin: il se bat pour une infrastructure numérique suisse. A l’image d’un Alfred Escher au XIXe siècle pour les chemins de fer. «La Suisse est à un tournant similaire à la création du réseau ferroviaire.»