Bonjour,
Alors que s’ouvre une première franchise Colore Box à Genève, le peintre et entrepreneur Damien Schwander revient sur l’origine du projet lausannois qui démocratise l’accès à l’art.
Damien Schwander, peintre et entrepreneur.
Blaise KormannPublicité
«Nous avons commencé petit, tout petit, grâce à un crowdfunding. Avec 20 000 francs, nous avons ouvert notre première Colore Box en 2019: quelques mètres carrés dans l’ancienne école de Montolivet, à Lausanne. Le défi, à l’époque, c’était de promouvoir un concept qui n’avait jamais existé jusqu’ici. Depuis, 30 000 personnes ont pu laisser exploser leur créativité dans nos espaces!
A l’origine, j’ai fait l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). J’ai obtenu mon diplôme en 2006, puis j’ai travaillé chez Procter & Gamble pendant six ans. Ce cadre professionnel ne me correspondait pas vraiment et je me suis lancé comme artiste peintre. Autodidacte, je réalise de grands formats, toujours abstraits, avec pour inspiration des géants comme Gerhard Richter et Pierre Soulages. J’ai eu la chance de faire plusieurs expositions, mais il reste très difficile de vivre de ce métier en Suisse...
En 2018, j’ai eu la chance de rencontrer Olivier Vouilloz lors d’une performance de live painting en public. Le courant est tout de suite passé et nous avons rapidement voulu bâtir un projet artistico-entrepreneurial ensemble. Nous ne voulions pas proposer un énième cours de peinture et nous aimions l’énergie des rage rooms, ces pièces où l’on est libre de tout casser. De là est née notre idée: une pièce dans laquelle se défouler mais, à la place de détruire, c’est la création d’œuvres d’art qui y est centrale! Des accessoires se sont vite imposés: gants de boxe, racloirs, cordages, raquettes et ballons qui, une fois trempés dans la peinture, donnent un côté percutant visuellement mais aussi très physique à l’activité.
Aujourd’hui, nous employons 20 personnes entre Lausanne et Martigny, où notre centre a ouvert dans un vaste espace, en pleine zone industrielle. Notre franchise genevoise accueille ses premiers peintres d’un jour depuis mi-novembre, en face du Musée d’art moderne et contemporain (Mamco). Pilotées par Valentine Goeury, les Colore Box y ont une esthétique plus chic, reflétant le quartier des Bains alentour. Chaque implantation a une atmosphère différente, car nous ne voulons pas d’une expansion standardisée, comme certaines grandes franchises.
Nos salles accueillent des couples, des familles et des collègues pour des team building allant jusqu’à 50 personnes. Les collaborateurs de Nestlé, Philip Morris, UBS ou Coca-Cola ont déjà créé des œuvres communes en nos murs. Pour ce qui est du tarif, nous nous sommes alignés sur les prix des escape rooms. Bien évidemment, nous proposons aux clients de repartir avec leur toile, que nous vernissons et montons sur châssis. Ce service supplémentaire est plébiscité par la moitié d’entre eux.
Cette fin d’année, nous nous implantons à Zurich, dans un espace de 300 mètres carrés. En 2026, Berne et Bâle devraient suivre avec des franchises. Depuis 2023, nous avons aussi une filiale allemande, dont le premier espace cartonne, au cœur de Berlin. Le succès est tel que nous cherchons un lieu pour ouvrir un deuxième emplacement. A plus long terme, nous continuerons à nous déployer en Allemagne et puis, pourquoi pas, à Amsterdam, Bruxelles ou Londres.
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Notre concept a aussi été copié, malheureusement, en Suisse, en France et même à Dubaï. En effet, il n’est pas vraiment possible de le breveter ou d’en protéger la paternité. C’est un peu dommage, mais cela prouve aussi la pertinence de notre idée (rires).
Ma plus grande fierté, dans cette aventure, c’est de voir nos clients repartir avec de grands sourires, de les sentir heureux d’avoir pu s’exprimer en accord avec notre slogan: «colore ta vie». Nous avons encore beaucoup d’idées artistiques dans nos cartons, pour nous renouveler. Récemment, nous avons lancé une formule avec de la peinture fluorescente. D’autres idées folles se concrétiseront bientôt et, pour cela, nous comptons engager un directeur des affaires. Ainsi, Olivier et moi pourrons nous concentrer sur ce qui a fait notre succès initial: le développement créatif.»
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