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Immobilier

Ces endroits de Suisse où le logement reste encore accessible

Dans certaines communes, la question se pose de savoir si l’on peut encore se permettre un logement, que ce soit à la location ou à l’achat.

Reto Zanettin

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Acheter un appartement n'est pas toujours moins cher que la location, selon les régions. KEYSTONE/Peter Klaunzer

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Le serveur d’un restaurant à Lenzerheide a dû déménager à Coire. Il ne pouvait tout simplement plus se permettre un logement dans cette station touristique grisonne – et il n’est pas un cas isolé. Il existe des endroits en Suisse où même des personnes financièrement aisées ne peuvent plus se permettre un logement, ni à la location, ni à l’achat.
C’est ce que montrent les données recueillies par la société de conseil immobilier IAZI et présentées en ligne en collaboration avec la Radio Télévision Suisse (SRF). L’outil d’analyse se base sur les prix immobiliers actuels, les loyers du marché, les coûts de financement ainsi que sur les données régionales du marché et indique avec quels moyens financiers on peut se permettre quel logement et où. Il se peut que certains ménages puissent se permettre un logement à certains endroits, même si l’analyse indique le contraire. En effet, l’outil a tendance à sous-estimer la marge de manœuvre des ménages. De plus, il permet d’avoir une vue sur l’ensemble des communes, mais pas sur les différences à l’intérieur d’une même commune.
L’impression générale reste toutefois que la situation sur le marché immobilier suisse est difficile même pour les personnes ayant de bons revenus: selon IAZI, un ménage avec un revenu annuel de 180 000 francs et des fonds propres de 400 000 francs ne peut pas s’offrir un nouveau logement en propriété dans les villes de Bâle, Berne, Genève, Lausanne, Lucerne et Zurich. Même les biens à vendre dans certaines parties de l’Engadine ne sont plus abordables pour un tel ménage.

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Selon l’analyse d’IAZI, une personne qui gagne 120 000 francs – donc plus que la moyenne suisse – et dispose de 400 000 francs de fonds propres, n’a pratiquement aucune chance d’obtenir un appartement de 3,5 pièces à Zurich ou à Genève – ni à l’achat, ni à la location.
En revanche, la situation est plus favorable en dehors des centres très prisés. Ce ménage (120 000 francs de revenu, 400 000 francs de fonds propres, appartement de 3,5 pièces) est même avantagé dans de nombreuses communes de Suisse orientale, du Plateau et de Suisse romande s’il opte pour l’achat. Cela peut être 15 à 20% moins cher que la location.
La situation devient plus concrète à travers les exemples de trois ménages différents.

Exemple 1: Couple à double revenu sans enfants

Un couple avec un revenu annuel commun de 220 000 francs et capable de réunir un demi-million de francs en fonds propres vit actuellement en location à Saint-Gall. Il n’a pas d’enfants et rêve depuis longtemps de posséder son propre logement.
Ils envisagent maintenant de déménager. Un appartement de 4,5 pièces serait idéal, estiment-ils, eux qui travaillent à Zurich. La ville est donc aussi au centre de leur attention comme lieu de résidence. Mais là, ils ne peuvent se permettre qu’un appartement en location. Un logement en propriété n’est pas abordable pour ce couple sans enfants à double revenu.

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Ce n'est qu'en dehors de la ville de Zurich qu'il existe des communes où ils peuvent également acheter un appartement: Wohlen (AG), Lengnau (AG), Niederwenigen (ZH) ainsi que des localités dans la région viticole zurichoise sont envisageables.
Cependant, acheter n'est pas toujours moins cher que louer. Selon les données d'IAZI, les deux formes d'habitation coûtent à peu près le même prix dans de nombreuses communes concernées. Lengnau (AG), où l'achat est 5% moins cher que la location, fait exception. Depuis là, Zurich, le lieu de travail, est accessible en trois quarts d'heure en transports publics. Le couple peut ainsi réaliser son rêve de devenir propriétaire sans devoir faire trop de concessions à cause des trajets domicile-travail.

Exemple 2: Couple à double revenu avec enfants

Une situation financière moins confortable concerne un couple disposant de 400 000 francs de fonds propres et d'un revenu annuel commun de 180 000 francs. En prenant comme référence le salaire médian suisse d'environ 7 000 francs, ce couple se situe au milieu de la population suisse en termes de revenus. Les deux enfants correspondent également bien à l'image de la famille helvétique typique.
Ils vivent dans un appartement de 4,5 pièces à Ramsen (SH). Les enfants grandissent et élargissent leur rayon d'action. De plus, l'un des partenaires a accepté un nouvel emploi à Zurich. C'est pourquoi la famille se demande s'il ne serait pas judicieux de chercher un nouveau logement. Celui-ci devrait offrir un peu plus d'espace et être plus central, afin de raccourcir les trajets vers Winterthour et Zurich.

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Un déménagement dans un appartement de 5,5 pièces en ville de Schaffhouse est envisageable, mais selon les données d'IAZI, uniquement en location, pas à l'achat. La famille de quatre personnes constate également avec déception qu'elle ne peut se permettre ni un appartement en location ni une propriété à Zurich. Les exigences du marché immobilier zurichois dépassent les capacités financières de la famille suisse moyenne.
Elle a des chances à Neuhausen, où se trouve également le Rhinfall. Si elle décide de déménager là-bas, la famille a tout intérêt à opter pour un appartement en propriété. Acheter y est 5% moins cher que louer, selon les données d'IAZI.

Exemple 3: Célibataire sans enfants

Un célibataire vivant actuellement à Berne est très bien placé et vient de gravir un échelon dans sa carrière. Il gagne désormais pour la première fois plus de 200 000 francs par an. Il dispose en outre de près de 700 000 francs de fonds propres qu'il peut investir dans un bien immobilier.
N'ayant aucune obligation envers des enfants et sa situation professionnelle et financière étant stable, le Bernois urbain s'intéresse de plus près à une idée jusqu'ici seulement vaguement envisagée: déménager d'un appartement de location de 3,5 pièces à un appartement en propriété moderne de 4,5 pièces, qui serait en fait bien trop grand pour lui seul, mais qui, compte tenu de ses moyens financiers, reste très tentant.

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Cependant, un regard sur l'évaluation de l'outil en ligne d'IAZI tempère l'enthousiasme du célibataire. Dans les villes de Bâle, Berne, Genève, Lucerne et Zurich, il ne pourra pas réaliser le rêve de posséder un logement spacieux. En dehors des villes, le choix est en revanche vaste, et dans de nombreuses communes de Suisse romande ainsi que dans les cantons d'Argovie et de Berne, l'achat est moins cher que la location.
L'expert immobilier et président du conseil d'administration d'IAZI, Donato Scognamiglio, estime que 60 à 70% des Suisses resteront locataires. Ils disposent soit de revenus insuffisants, soit de fonds propres trop faibles pour acquérir un logement. La situation ne devrait pas fondamentalement changer, car les principaux moteurs du marché immobilier persistent pour l'instant: les taux d'intérêt bas, la croissance démographique et l'activité de construction au ralenti.
Cet article est une adaptation d'une publication parue dans Cash.

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