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Biotechnologie

Fort du succès de son bioréacteur tout en un, Bioscibex prépare sa présérie A

La start-up de Monthey s’attelle à l’industrialisation de son appareil de culture cellulaire, utile à la fabrication de traitements anticancéreux. Lauréate du prix BCVs, elle s’apprête à monter une plus large opération de financement.

Sophie Marenne

L’appareil, nommé Swingo, a officiellement été commercialisé en juin. Il a été testé par l’allemand Merck et le genevois KBI Biopharma. Il simplifie la fabrication de traitements contre certains cancers.
L’appareil, nommé Swingo, a officiellement été commercialisé en juin. Il a été testé par l’allemand Merck et le genevois KBI Biopharma. Il simplifie la fabrication de traitements contre certains cancers.Bioscibex

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Utilisés dans le traitement de certains cancers (poumon, rein, vessie), de lymphomes ou de mélanomes, les anticorps mono­clonaux sont des molécules fastidieuses et coûteuses à produire: de 50 à 500 dollars par gramme de substance active. Des tests auprès de l’allemand Merck et du genevois KBI Biopharma ont montré que le bioréacteur de Bioscibex pourrait bouleverser ce marché. «Chez certains partenaires, notre appareil nommé Swingo a réduit les coûts d’un ­cycle de culture de cellules de 30 à 40%. De plus, au lieu de trente heures de manipulation, le procédé n’en exige que cinq», explique Chloé Albietz, CEO et cofondatrice de Bioscibex. De quoi concurrencer les équipementiers établis, les américains Thermo Fisher et Cytiva (du conglomérat Danaher Corporation) et l’allemand Sartorius.
Les promesses de la start-up valaisanne ont séduit le public de la 17e édition du Prix Créateurs BCVs, remporté mi-juin avec 44,7% des voix face à quatre autres finalistes. Ce qui a fait la différence? «Son innovation technologique forte, à l’impact potentiel très concret. Mais il ne faut pas sous-estimer le dynamisme entrepreneurial de ses fondateurs», avance Paul-André Vogel, directeur de Cimark, l’organe de soutien à l’innovation en Valais. Philippe Glassey, directeur de la communication et du marketing de la Banque cantonale du Valais (BCVs), abonde dans son sens, saluant la «capacité de Chloé Albietz et de François Carruzzo à mobiliser autour de cette avancée».

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Le Prix Créateurs de la BCVs promeut l’innovation en Valais. Au total, plus de 800 dossiers ont été déposés depuis son lancement, en 2007. Parmi les précédents gagnants, qui ont remporté le prix de 25 000 francs:
Coloc Atelier en 2025, entreprise de Savièse qui crée du mobilier design en bouchons recyclés
DiverSsiTy en 2024, société de Sion qui conçoit des thérapies en ligne destinées aux adolescents autistes
MyPiece Mouthpieces en 2023, entreprise familiale de Termen qui commercialise des embouchures sur mesure pour les instruments de cuivre
L’idée derrière le bioréacteur tout en un vient d’un besoin du terrain identifié par François Carruzzo. Ingénieur spécialisé dans les procédés au sein de pharmas, il était frustré par les coûts de la culture cellulaire et les hauts risques de contamination. En effet, un lot de cellules demande généralement jusqu’à sept étapes de manipulations et transferts manuels, ce qui multiplie les risques. Or une expérience qui rate lors d’une phase clinique III, par exemple, peut représenter une perte de plusieurs millions de dollars. François Carruzzo s’est donc allié à l’ingénieure chimiste Chloé Albietz pour optimiser ce processus. Le duo d’alumni de l’EPFL fonde Bioscibex en 2024, avant de s’installer un an plus tard au BioArk de Monthey. «Le Valais nous offrait le meilleur en Suisse romande, en termes de soutien, de solutions de financement et d’infrastructures», témoigne la dirigeante, passée par Givaudan et P&G. «Les sciences de la vie font partie des domaines dans lesquels le Valais dispose aujourd’hui de sérieux atouts», confirme Paul-André Vogel.
Aujourd’hui, la start-up emploie cinq collaborateurs et teste sa machine auprès de groupes en Suisse, en Allemagne, au Danemark et en France. Si la fabrication de Swingo est réalisée en Europe, les consommables sont produits en Suisse. Jusqu’ici, Bioscibex a pu compter sur un mélange de bourses, de concours, à l’instar de Venture Kick, et sur le soutien de capital-risqueurs via des prêts convertibles. Désormais, l’entreprise prépare sa phase d’accélération: elle bouclera une présérie A d’ici à la fin de l’année. «Des discussions sont en cours, nous cherchons des investisseurs qui sont réellement alignés avec notre vision», précise Chloé Albietz.

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A propos des auteurs
Sophie Marenne
Sophie Marenne
Après des débuts en radio et un focus sur les droits humains, Sophie Marenne a pivoté vers l’actu économique par une expérience en presse luxembourgeoise. En Suisse, elle décrypte les tendances technologiques, l'information financière et les parcours d'entrepreneur·e·s, d’abord pour L’Agefi et maintenant pour Ringier, toujours à l'affût des histoires inattendues qui façonnent le monde des affaires.

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