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Industrie horlogère suisse

La transformation du marché de l’horlogerie s’installe et menace plusieurs milliers d’emplois

Après plusieurs années de ralentissement, l’industrie horlogère suisse entre dans une phase de transformation durable qui fragilise particulièrement ses fournisseurs et pourrait entraîner la suppression de milliers d’emplois.

Horlogerie
Fin 2025, l’horlogerie suisse employait 64 807 personnes, soit 835 de moins qu’un an plus tôt. Les fournisseurs restent particulièrement exposés: les exportations sont passées de 28 millions de montres il y a vingt ans à 14 millions en 2025. Salvatore di Nolfi

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L’industrie horlogère suisse se trouve à un tournant. Fin juillet, le dispositif de chômage partiel ou de réduction de l’horaire de travail (RHT) arrive à échéance. Depuis 2024, cet instrument a permis d’éviter que la demande en berne après le covid, le ralentissement chinois, la hausse des taux et la vigueur du franc ne provoquent une vague de licenciements.
«Le système des RHT n’est ni une solution de facilité ni la panacée, mais il nous permet de conserver les travailleurs qualifiés et d’assurer la reprise de l’activité», souligne Ludovic Voillat, secrétaire général de la fédération patronale (CPIH). Pourtant, après près de deux ans d’application, la situation du secteur ne s’est pas améliorée. Fin 2025, l’horlogerie suisse employait 64 807 personnes, soit 835 de moins qu’un an plus tôt. Selon le Seco, environ 43% des 2650 entreprises du secteur ont eu recours au chômage partiel depuis juin 2024. Les fournisseurs, maillon essentiel de l’industrie, restent particulièrement exposés alors que la production continue de reculer. En effet, les exportations sont passées d’environ 28 millions de montres il y a vingt ans à 14 millions en 2025.

Malaise généralisé

Depuis 2024, selon le Seco, 43% des 2650 entreprises actives dans l’horlogerie ont eu recours aux RHT, pour près de 80 millions de francs versés.
Pour Oliver Müller, expert de Luxe­Consult, la crise résulte à la fois de facteurs conjoncturels et de problèmes structurels. A long terme, jusqu’à un quart des emplois chez les fournisseurs pourraient être menacés, ce qui représente environ 12 000 postes. La prolongation des RHT apparaît politiquement justifiée face aux risques actuels, mais elle soulève une question de fond: conçue comme une mesure temporaire, elle pourrait retarder les adaptations nécessaires. Selon le spécialiste, l’horlogerie fait face à un marché durablement transformé.

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